soutenu par le Rwanda, a salué ce jeudi les nouvelles propositions du
président sud-africain Thabo Mbeki concernant la République démocratique du Congo (RDC), tout en conservant une certaine prudence. « Nous pouvons
discuter, » a rétorqué Azarias Ruberwa, secrétaire général du RCD, faisant référence aux propositionsde M. Mbeki. « Le pouvoir et les attributions des nouvelles institutions et des dirigeants sont en effet mieux définis dans
cette nouvelle version," a-t-il indiqué.
Les mouvements rebelles avaient ce mercredi rejeté unanimement les
propositions initiales de M. Mbeki. Dans la nouvelle version, les rebelles
sont investis d'une responsabilité nationale dans les domaines de la
défense, sécurité, finance, économie et dans l'organisation d'élections
nationales. En outre, le nouveau programme abandonne l'idée de nommer vice premier ministre le chef d'un mouvement rebelle mineur (opposé aux deux principaux mouvements rebelles, le RCD et le Mouvement pour la libération du Congo, MLC).
Selon les dernières propositions, le Conseil d'Etat, la plus haute autorité
en ce qui concerne les questions liées à la réunification, est composé du
président, Joseph Kabila, des deux chefs rebelles - Adolphe Onusumba du RCD et Jean Pierre Bemba du MLC - et d'un premier ministre choisi par l'
opposition non armée. La prise de décisions au sein du Conseil d'Etat se
ferait par consensus.
En revanche, ces nouvelles propositions ne réjouissent pas le gouvernement de la RDC. Jeudi matin, son porte-parole, Vital Kamerhe, a fait savoir qu'en ce qui concerne le gouvernement, le dialogue avait pris fin à l'issue de la période prévue de 45 jours. Mais dans l'après-midi, le gouvernement a annoncé que sa délégation resterait à Sun City, après que le facilitateur du dialogue, Ketumile Masire, eut annoncé que les pourparlers étaient prolongés
d'une semaine, soit jusqu'au 19 avril.
Parallèlement, le gouvernement et les mouvements rebelles ont annoncé jeudi
qu'ils avaient consenti à intégrer leurs forces armées, éliminant ainsi l'un des principaux obstacles rencontrés dans le cadre du dialogue. Moise Nyarugabo, chef du département de la justice au sein du RCD, a indiqué à Associated Press qu'il incombait maintenant au gouvernement de faire connaître la taille des effectifs de la nouvelle armée nationale, sa structure de commandement, la liste de ses commandants ainsi que la
proportion de rebelles et de soldats du gouvernement prévue dans ses rangs.
Il a ajouté : « Le gouvernement a finalement renoncé à absorber les forces rebelles dans son armée et accepté que nos forces soient intégrées sur un plan d'égalité. »
Par ailleurs, le Représentant permanent de la RDC auprès des Nations Unies,
Ileka Atoki, a adressé lundi une lettre au Conseil de sécurité de l'ONU
dénonçant le fait que les troupes rwandaises n'ont pas démilitarisé la ville
de Kisangani (au nord-est de la RDC) et ne se sont pas retirées de Pweto (au
sud-est de la RDC), « en violation flagrante » des dispositions pertinentes
des résolutions du Conseil de sécurité.
M. Atoki a noté qu'à l'occasion de sa réunion extraordinaire le 20 mars
2002, le Comité politique chargé de l'application de l'accord de
cessez-le-feu en RDC avait prié le Rwanda de démilitariser Kisangani d'ici
le 6 avril impérativement. Le refus de démilitariser s'oppose également aux
décisions prises à l'issue du quatrième sommet des signataires du
cessez-le-feu qui s'est tenu à Lusaka en Zambie le 3 avril, a-t-il ajouté.
Outre la présence de troupes à Pweto, M. Atoki s'est dit particulièrement
préoccupé par le fait que, « selon certaines informations, [l'Armée
patriotique rwandaise - APR] renforce actuellement ses positions à Pweto,
compromettant ainsi toutes les perspectives de paix dans la région ».
Il a également attiré l'attention sur les « affrontements acharnés » qui
frappent la région des hauts plateaux aux alentours de la ville d'Uvira,
auxquels prendraient part des forces et des hélicoptères de l'APR.
Dans une conférence de presse tenue mercredi, le commandant en chef de la
mission des observateurs de l'ONU en RDC, le général Mountaga Diallo, a
déclaré à la presse que la démilitarisation de Kisangani devait être
effectuée par le RCD, et que le RCD devait également retirer son
administration et ses forces de police de la ville de Pweto. Il a également
confirmé les affrontements entre les alliés Banyamulenge (Tutsis congolais)
et les soldats du RCD/armée rwandaise, au sud-ouest d'Uvira, à Minembwe.
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