Un budget de 3,5 milliards de dollars a été calculé sur une période de trois ans, la moitié des fonds devant provenir des "recettes intérieures" et l'autre moitié des "revenus étrangers", a précisé un membre de l'équipe de médiation à Sun City. Le plan envisage une croissance annuelle de 4 à 6 pour cent pendant cette période.
Les chiffres proposés correspondent aux estimations fournies par les ambassades occidentales de Kinshasa, qui ont affirmé que la RDC pouvait attirer 1,7 milliards d'euros (environ 1,5 milliard de dollars) de sources étrangères privées et publiques - avec la garantie d'institutions financières internationales - au cours des trois prochaines années, à condition qu'un gouvernement national à large spectre soit mis en place.
Le plan économique intérimaire faisait partie des cinq questions devant être réglées avant la fin du dialogue le 12 avril prochain.
Les quatre autres questions sont plus problèmatiques, a indiqué un des membres de la commission, Ernest Wamba dia Wamba, président du Rassemblement congolais pour la démocratie-Mouvement de libération (RCD-ML). "Les autres points à régler sont le pillage des ressources du Congo, les contrats illégaux ou douteux signés par les mouvements rebelles et le gouvernement, et la restitution des biens confisqués," a-t-il déclaré mardi.
Néanmoins, la commission économique semble avoir fait plus de progrès que les quatre autres commissions - chargées du système politique et judiciaire, de la défense, de la paix et de la réconciliation, et des affaires humanitaires et culturelles.
Les délégués de la commission politique et judiciaire continuent de faire des déclarations sur leurs positions au lieu de négocier, a indiqué M. Wamba. Cependant, une source proche du bureau du médiateur a indiqué mardi que la commission politique devait entamer le lendemain des discussions sur l'institution de la présidence.
Les discussions de mardi de la commission sur la défense ont concerné des questions déjà débattues, a confié François Lumumba, président du Mouvement nationaliste du Congo-Lumumba (MNC-L), un parti de l'opposition. Le débat a porté principalement sur la formation d'une nouvelle armée nationale - la question étant de savoir s'il faut intégrer des structures de commandement rebelle dans une armée sous commandement gouvernemental, ou bien créer une armée entièrement nouvelle, a-t-il précisé.
"Les délégués du gouvernement participant aux commissions semblent prendre leur temps," a-t-il dit. "A notre avis, ils veulent éviter de s'engager de façon trop précise dans les accords qui pourraient découler du dialogue. Il se peut que nous obtenions des déclarations de principe," a-t-il ajouté. "La question sera alors de savoir comment conserver notre élan et comment mener les discussions à la prochaine étape."
Parallèlement, le Représentant spécial du secrétaire-général de l'ONU pour la RDC, Namanga Ngongi, a confirmé mercredi que les troupes du RCD s'étaient retirées de Moliro, au sud-est de la RDC, le matin même. Il a déclaré dans un communiqué que des troupes de la Mission de l'ONU en RDC (MONUC) avaient été déployées mercredi à Yayama, dans la province de Katanga, afin d'observer le retrait des soldats des Forces armées congolaises (FAC) de la ville.
Suite à une interruption du dialogue due à la capture de Moliro le 16 mars par les forces du RCD, et suite à une demande de retrait par le Conseil de sécurité de l'ONU, l'ONU a rapporté le 22 mars que le gouverment et les rebelles s'étaient mis d'accord pour se retirer des points stratégiques - le RCD ayant accepté de quitter Moliro et Pweto dans les 10 jours, et le gouvernement d'abandonner Yayama et Kakaya dans les mêmes délais.
M. Ngongi a ajouté dans un communiqué de presse qu'il était "très préoccupé" par certaines informations faisant état d'un mouvement de troupes de la faction rebelle du RCD-Kisangani-Mouvement de libération (RCD-K-ML) en direction d'Isiro, au nord-est de la RDC.
Des combats ont été aussi signalés à une soixantaine de kilomètres au nord de Moliro, au sud-est de la RDC, a rapporté mercredi l'AFP. Le chef d'Etat major du groupe rebelle du RCD a indiqué à l'AFP que des forces armées de la RDC et des alliés du Burundi avaient attaqué leurs positions, notamment à Zongwe. La MONUC n'était pas en mesure de confirmer ces informations mercredi.
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