"Une querelle a éclaté parce qu'un ancien soldat refusait de payer sa course à un propriétaire de vélo-taxi. Lorsqu'il [l'ex-soldat] a vu que la police se dirigeait vers eux, il a lancé la grenade, qui a explosé," a indiqué mardi à IRIN une source proche de la sécurité.
Des organes d'information ont rapporté qu'en fouillant la maison de l'ex-soldat, la police a découvert d'autres grenades ainsi que des paquets de marijuana. Le porte-parole de l'armée, Augustin Nzabampema, a confirmé l'incident mais il a assuré qu'il n'avait fait aucune victime.
Il a également dit à IRIN que les informations indiquant que 27 personnes avaient été tuées à l'aube à Kirombwe, dans la commune de Kanyosha, au sud-est de la capitale Bujumbura, étaient "fausses".
Radio Publique Africaine (RPA) avait signalé que 27 personnes avaient trouvé la mort lundi matin à Kanyosha, mais sans confirmer si les victimes étaient des civils ou des soldats. Selon "certaines sources" citées par la radio, il s'agissait de civils se rendant au marché de Bujumbura, ajoutant cependant que l'administration de Kanyosha avait été catégorique sur le fait que personne ne vivait à Kirombwe.
"Tous les résidents se sont enfuis il y a une semaine en raison des combats, a indiqué un conseiller de la commune cité par la RPA, ajoutant qu'aucun civil n'oserait s'aventurer dans Kirombwe.
M. Nzabampema a confirmé que les combats se poursuivaient de façon sporadique, mais "il ne s'agit de rien de grave."
Parallèlement, près de 20 000 personnes ont fui les combats incessants qui frappent plusieurs régions du Burundi depuis le début de mars, a indiqué la Commission américaine des réfugiés (USCR) dans un communiqué publié la semaine dernière. En dépit de l'accord de paix conclu au milieu de l'année 2000, les combats se poursuivent, déracinant environ 150 000 Burundais au cours des 15 derniers mois.
La dernière flambée de violence a eu lieu le 11 mars, à une vingtaine de kilomètres de Bujumbura, dans la région montagneuse de Nyambuye, où une dizaine de personnes aurait été tuée, a rapporté l'USCR.
Les affrontements entre l'armée du gouvernement et le groupe rebelle des Forces nationales de libération ont continué, ces dernières semaines, à inquiéter des dizaines de milliers de personnes. Selon certaines informations, près de 80 000 civils ont été déplacés depuis janvier, a précisé l'USCR.
De nombreuses familles nouvellement déplacées vivent dans une banlieue nord de Bujumbura, où elles ont trouvé refuge dans des structures paroissiales ou chez de la famille et des amis.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a également informé vendredi que la situation sécuritaire demeurait volatile dans les provinces de Bujumbura Rural et Bubanza. L'agence a indiqué dans son bulletin hebdomadaire d'urgence que suite à une embuscade dans la commune de Musigati, dans la province de Bubanza au nord de Bujumbura, une grande partie de la population s'était enfuie dans la ville de Bubanza.
Des opérations militaires menées dans les environs de la commune d'Isare, à Bujumbura Rural, ont obligé certaines personnes récemment rentrées chez elle du camp de Mont Sion à Bujumbura Mairie, à repartir à la recherche d'un refuge, a indiqué le PAM. L'agence a également annoncé l'annulation des distributions de rations pour la protection des semences prévues dans les sites de Mubone, Rubirizi et Kora, au nord de Bujumbura.
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