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Les participants aux négociations d'Abuja exhortent à un cessez-le-feu entre le gouvernement et les rebelles

Les groupes libériens rivaux qui se sont rencontrés à Abuja, la capitale nigériane, pour préparer le terrain en vue de la réconciliation nationale, ont invité samedi à un cessez-le-feu entre le gouvernement du président Charles Taylor et les rebelles Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD).

Dans un communiqué publié à l'issue des deux journées de réunion, ils ont déploré l'absence de M. Taylor et des représentants du LURD aux négociations tenues sous les auspices de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), et ont exhorté à ce que les prochaines réunions incluent toutes les parties prenantes.

"Il faudrait un cessez-le-feu entre le gouvernement du Liberia et le LURD", souligne le communiqué. Les autres conditions pour l'instauration de la paix consistent à garantir la sécurité et la primauté du droit à tous les citoyens, et à créer un climat favorable à des élections libres en 2003.

De hauts dirigeants politiques et de la société civils tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, et une délégation gouvernementale présidée par le ministre de l'Agriculture, Rowland Massaquoi, ont participé à la rencontre et étaient d'accord sur la nécessité d'un dialogue et d'une réconciliation". Ils n'ont pas trouvé de terrain d'entente sur grand chose d'autre.

Alors que la délégation gouvernementale s'est centrée sur la nécessité de "reconnecter, dialogue, réconcilier, harmoniser et resserrer les rangs pour permettre au pays de surmonter les effets des années de guerre civile", l'opposition a insisté que le gouvernement réponde à ses réclamations pour rendre la paix possible.

Un document séparé, mis sur la table des négociations et signé par 29 chefs politiques et des groupes civils, notamment les ex-présidents Amos Sawyer et Ruth Perry, l'ex-chef rebelle, Alhaji Kromah, et l'opposante politique, Ellen Johnson-Sirleaf, présentait ce qu'ils considérent comme des questions clé "qui doivent être traitées en vue d'une réconciliation efficace".

Parmi celles-ci "le déploiement d'une force internationale de stabilisation; la restructuration des forces militaires et paramilitaires nationales; et la création de mécanismes pour mettre fin à la culture de l'impunité". Ils veulent également que la commission électorale libérienne soit reconstituée "afin d'assurer un équilibre et une impartialité", et d'offrir aux citoyens "une participation sans entraves au processus politique en tant qu'alternative pacifique à la lutte armée".

Les 29 dirigeants ont prié le président de la CEDEAO et chef d'Etat du Sénégal, Abdoulaye Wade, ainsi que le facilitateur des négociations, le président Olusegun Obasanjo du Nigéria, de convoquer d'urgence une autre réunion à laquelle Taylor et les rebelles du LURD devraient être amenés à participer "pour cesser la destruction, le déplacement et la fuite des citoyens vers les pays voisins".

Des pressions seront exercées sur M. Taylor pour qu'il accepte la plupart de ces requêtes. Mais il a proposé une réunion de réconciliation nationale en juillet dans la capitale libérienne, Monrovia, précédée par des concertations préparatoires similaires au Ghana, en Côte d'Ivoire et aux Etats-Unis.

Toutefois, la majorité des opposants à M. Taylor exilés estiment qu'il serait dangereux pour eux de se rendre dans la capitale libérienne. M. Kromah, qui a souvent était lié aux rebelles du LURD, a déclaré que cela serait risqué pour lui. Il a nié toute association avec le LURD mais a affirmé qu'il avait sa sympathie.

Il a exprimé sa satisfaction devant l'issue de la réunion d'Abuja qui, selon lui, visait à jeter les bases du processus de réconciliation. "Ce n'est pas une préparation de la réunion au Liberia mais une préparation du processus de réconciliation nationale", a-t-il souligné.

Les participants clé aux négociations, y compris M. Kromah, se sont déclarés satisfaits des progrès accomplis. L'ex-ministre des Affaires étrangères et chef de file du Parti du peuple uni, Gabriel Bacus-Mathews, a indiqué que la réunion a permis d'articuler les différentes vues. "J'ai l'espoir que ces vues seront prises en considération dans les prochaines réunions, cela aidera à garantir une paix durable au Liberia", a-t-il déclaré à IRIN.

Tout en insistant sur le fait que M. Taylor a beaucoup fait pour assurer la paix, M. Massaquoi, le représentant du gouvernement, a indiqué à IRIN que la réunion était "une occasion pour entendre des vues divergentes, ce qui nous aidera à établir la paix dans notre pays".

Les dirigeants ouest-africains considèrent que la paix au Liberia est importante si l'on veut mettre fin au conflit dans les pays du fleuve Mano (Liberia, Guinée et Sierra Leone), qui a menacé la stabilité dans la région toute entière durant la décennie écoulée. Une insurrection de sept ans, déclenchée par M. Taylor, a pris fin en 1996, grâce à une paix négociée par la CEDEAO, qui a conduit à des élections qu'il a remportées un an plus tard.

Le conflit s'est néanmoins propagé dans la Sierra Leone voisine, où le Front révolutionnaire uni (RUF), dirigé par Foday Sankoh, affilié à M. Taylor, a mené une guerre de dix ans contre les gouvernements successifs. La guerre civile a officiellement pris fin en janvier 2002, après un processus de paix supervisé par les Nations Unies. Les hostilités ont également touché la Guinée, où les autorités ont accusé le Liberia de soutenir les incursions transfrontières des rebelles visant à renverser le gouvernement de Lansana Conté.

Le dernier jalon significatif en faveur de la paix dans la sous région fait suite à une réunion organisée en février à Fès, au Maroc, à l'issue de laquelle MM. Taylor, Conté et Ahmad Tejan Kabbah, de la Sierra Leone, sont convenus d'œuvrer pour la paix dans leurs pays.



This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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