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Des chefs de la police renvoyés après des menaces de grève de sous officiers

Le président Olusegun Obasanjo a renvoyé mercredi le chef de la police nigériane, Musliu Smith, et d'autres hauts responsable de la force de l'ordre, à cause du climat d'insécurité créé par les menaces de grève des officiers subalternes concernant leurs mauvaises conditions de travail.

Le renvoi de M. Smith, et son remplacement par Adebayo Tafa Balogun, ont été annoncés à l'issue d'une réunion du Conseil national d'état, composé des gouverneurs des 36 Etats, et présidé par M. Obasanjo. Tous les six inspecteurs généraux adjoints de la police occupant le premier rang après M. Smith ont également été démis de leurs fonctions.

Le gouverneur Ahmed Makarfi, de l'Etat de Kaduna, qui a fait un point d'information aux journalistes à la suite de la réunion, a indiqué que le limogeage était en rapport avec la crise de confiance générée au sein de l'appareil national de sécurité par la décision des officiers subalternes d'observer leur deuxième grève en deux mois. Un groupe obscur se décrivant comme l'Union nationale des agents de police (NUP-anglais) a fait circuler des tracts exhortant la police des rangs supérieur et subalterne, de ne pas travailler à partir du 11 mars.

"Le gouvernement fédéral est déterminé à confronter la grève imminente », a précisé M. Makarfi. "En procédant à cette réorganisation et transformation, nous considérons qu'il est nécessaire d'opérer des changements fondamentaux dans l'administration de la police ».

La journée de grève à laquelle avait appelé la NUP le 1er février pour appuyer ses réclamations en vue du paiement d'une année d'arriérés d'aide sociale, a été observée dans quatorze des 36 Etats du Nigéria, y compris à Lagos, la capitale commerciale. Les banques, qui n'avaient plus de protection de la police, ont été forcées à fermer, et le sentiment d'insécurité du public s'est accru, à un moment où les vols à main armée et d'autres crimes violents sont en hausse.

Pourtant, la démarche paraît avoir eu des résultats immédiats lorsque le président Obasanjo a ordonné le décaissement de quatre milliards de naira (35 millions de dollars) pour répondre aux besoins d'aide sociale de la police.

Depuis, les rumeurs au sujet d'un futur mouvement de grève ont non seulement continué au sein de la police autour des revendications non exaucées, mais elles ont aussi émané des services pénitenciers et des forces armées. La semaine dernière, des ambassades étrangères au Nigéria ont confirmé avoir reçu des lettres d'un groupe anonyme, qui dit représenter les rangs supérieurs et subalternes de la police et de l'armée, et déclarant que la sûreté des diplomates ne pouvait plus être garantie.

Dans un communiqué diffusé mercredi en fin de journée, le chef de l'état major de la défense, l'amiral Ibrahim Ogohi, a incité le public nigérian à ignorer les insinuations que l'armée se mettrait en grève et a réaffirmé la loyauté des forces armées à l'égard de M. Obasanjo.

"La communauté diplomatique est aussi assurée de sa sécurité à l'intérieur du pays », a-t-il ajouté.



This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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