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Un tribunal ordonne le retrait des soldats d'un Etat du centre du pays

Un tribunal au Nigéria s'est prononcé contre le déploiement de soldats dans l'Etat de Benue (centre du pays) pour mettre fin à l'agitation ethnique depuis octobre 2001, et a ordonné leur retrait immédiat.

Le juge Asuquo Edet de la Haute Cour fédérale à Makurdi, capitale de l'Etat de Benue, a rendu sa décision vendredi en l'affaire déposée par l'avocat Ocha Ulegede contre le président Olusegun Obasanjo, défavorable au déploiement de soldats pour mettre fin à un conflit de longue date entre les communautés tiv et jukun.

Shima Ayati, un haut fonctionnaire de l'Etat de Benue chargé de l'aide aux personnes déplacées durant les troubles a néanmoins déclaré lundi que les soldats ne s'étaient toujours pas retirés. Ils ne se sont pas retirés, ils sont encore dans les endroits où ils ont été déployés l'année dernière", a-t-il déclaré à IRIN.

Le juge Edet a décrit la décision du gouvernement d'envoyer des troupes dans certaines parties de l'Etat de Benue après que 19 soldats aient été tués par une milice tiv comme un « exercice d'irresponsabilité dans la gouvernance » qui a poussé les soldats à agir « comme s'ils étaient dans une guerre internationale ».

Les dispositions de la loi de l'armée et de la loi de la police sont très claires sur les rôles des deux institutions, qui font du déploiement de soldats pour intervenir dans un conflit civil un cas clair de violation des lois du pays, a souligné le juge.

Des soldats en véhicules blindés déployés sur les ordres de M. Obasanjo pour pourchasser les miliciens qui ont tué les 19 soldats, ont attaqué plusieurs villages tiv, démolissant les bâtiments avec des lances-grenades et des blindés. Plus de 200 personnes, en particulier des femmes et des enfants, ont été tuées, et des dizaines de milliers sont restées sans domicile.

Il y a une quinzaine de jours, le gouverneur de l'Etat de Benue, George Akume, a déclaré à des journalistes à Abuja, la capitale du Nigéria, que M. Obasanjo a accepté que les soldats se retirent, et qu'ils soient remplacés par des unités d'escadrons de la police anti-émeutes. M. Akume a indiqué que la décision a été prise car le calme est retourné dans la plupart des communautés ce qui ne rend plus nécessaire la présence des soldats.

Des travailleurs humanitaires et des responsables publics ont signalé qu'au moins 20 000 personnes déplacées par le conflit ethnique attendent toujours d'être réinstallées dans un certain nombre de camps. Parmi les 4 100 familles qui se trouvent dans les camps de Duadu, d'Ukpiam et d'Agacha, dans l'Etat de Benue, beaucoup sont dissuadées de retourner dans leurs villages à cause de la présence des soldats, ont déclaré des officiels.



This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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