C'est la première fois que M. Sankoh apparaît en public depuis son arrestation il y un peu moins de deux ans.
"Je suis Foday Sankoh. Je suis toujours Sankoh et je continuerai à être Sankoh », aurait déclaré devant la cour le dirigeant rebelle, cité par Reuters, qui a ajouté qu'il semblait amaigri et faible lorsqu'il écoutait les chefs d'accusation contre lui.
Les accusations sont liées à un incident survenu le 8 mai 2000 lorsqu'une manifestation pacifique devant le domicile de M. Sankoh avait tourné au bain de sang quand ses sympathisants ont tiré des coups de feu contre la foule, tuant « vingt-et-un civils innocents », a déclaré lundi à la BBC le procureur de la République et ministre de la Justice de la Sierra Leone, Solomon Berewa. M. Sankoh a été détenu peu après par les autorités et emprisonné en un lieu secret depuis.
A la question de savoir si la comparution de M. Sankoh devant la cour met en péril le processus de paix, M. Berewa a répondu « Je ne le pense vraiment pas". Le président Ahmad Tejan Kabbah a formellement déclaré en janvier que la guerre était finie.
Le RUF est accusé d'avoir commis de nombreuses atrocités, notamment des amputations forcées de membres, des meurtres et des viols, durant les dix années de guerre. Les Nations Unies et le gouvernement de la Sierra Leone ont signé un accord, à la mi-janvier, permettant l'établissement d'un tribunal spécial chargé de juger les personnes ayant commis des violations graves du droit humanitaire international et du droit sierra léonais pendant le conflit.
D'autre part, M. Kabbah a levé vendredi l'état d'urgence imposé depuis quatre ans en Sierra Leone et ce, dans le contexte des préparatifs des élections présidentielles et législatives prévues en mai.
Dans une intervention diffusée à la radio à l'échelle nationale, il a annoncé qu'au vu de l'évolution positif du processus de paix, les conditions dictant le maintien d'un état d'urgence n'existent plus et, en conséquence, celui-ci « sera levé avec effet immédiat ». Il a averti que le gouvernement ne tolérera aucune menace à l'intérieur du pays ou d'aucun élément extérieur après sa suppression. « La loi et l'ordre seront vigoureusement maintenus. Les forces armées, la police, et les autres institutions étatiques de sécurité continueront de faire leur travail et resteront vigilantes », a-t-il affirmé.
Un état d'urgence a été déclaré par le gouvernement après le rétablissement du gouvernement de M. Kabbah en mars 1998. Le dirigeant de la junte militaire, Johnny Paul Koroma, qui avait pris le pouvoir une dizaine de mois auparavant, a été renversé par des soldats du Groupe de contrôle de la paix en Afrique de l'Ouest (ECOMOG), dirigé par le Nigéria.
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