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Le dialogue intercongolais au point mort

Les querelles se sont poursuivies mercredi à Sun City en Afrique du Sud, sur la question de savoir si les partis de l'opposition non armée devraient être autorisés à participer au dialogue intercongolais.

Le chef du groupe rebelle armé, le Mouvement pour la libération du Congo
(MLC), Jean-Pierre Bemba, a refusé de participer au dialogue, en signe de
mécontentement à propos de la représentation des mouvements de l'opposition
non armée, accusant certains participants d'être des laquais du gouvernement
du président Joseph Kabila.

Le facilitateur des pourparlers, Ketumile Masire, a reconnu lundi qu'il
était critiqué par l'autre mouvement rebelle armé - Le Rassemblement
congolais pour la démocratie (RCD) - et les partis politiques sur la façon
dont il avait traité la question de la représentation. " Nous estimons ne
pas être en tort. Ils maintiennent le contraire. C'est ce point que nous
essayons de résoudre, " a-t-il précisé.

La majeure partie de l'opposition, le RCD, et le MLC de M. Bemba, semblent
s'être ligués contre le gouvernement sur la liste des mouvements de
l'opposition non armée, a fait observer un rédacteur d'IRIN ce mardi. De son
côté, le gouvernement accuse ces groupes de vouloir saboter les pourparlers.

En août 2001, à l'occasion d'une rencontre préparatoire au dialogue, les
protagonistes s'étaient entendus pour passer de 15 à 60 le nombre de
représentants de l'opposition, " horizontalement et verticalement ", en
acceptant d'autres partis et en sélectionnant un plus grand nombre de
membres au sein de leur propre parti.

La liste des représentants se faisant encore attendre le 15 décembre, il fut
convenu d'inviter les partis - n'ayant pas participé à Gaborone - à créer
leur propre liste qui fut approuvée ultérieurement par le bureau du
facilitateur mais qui est aujourd'hui remise en question.

Les allégations sur la vente des sièges de l'opposition demeurent le second
point épineux de Sun City, ont indiqué à IRIN des délégués présents aux
pourparlers. Ces accusations émanent à la fois d'individus déçus de ne pas
avoir été invités à Sun City et de certains délégués présents aux
pourparlers, a fait observer une source diplomatique.

Des sièges ont été vendus par certains des 15 opposants qui ont participé à
la rencontre préparatoire du dialogue tenue en août dernier à Gaborone, a
indiqué un émissaire, Alafuele Kalala, représentant l'opposition congolaise
aux Etats-Unis. " Les partis qui ont vendu des sièges se trouvent dans une
position embarrassante, " a-t-il précisé, " car la plupart des personnes à
qui ils les ont vendues n'ont pas été invitées mais ils ne peuvent pas les
rembourser car ils ont déjà dépensé les sommes reçues. " Les querelles sur
les questions d'argent sont l'une des principales causes de l'enlisement des
pourparlers.

Léonard She Okitundu, le ministre congolais des affaires étrangères, avait
déclaré à des journalistes que le gouvernement de Kinshasa comptait sur M.
Masire pour résoudre le problème de la représentation, a rapporté l'AFP. "
Le gouvernement n'a pas l'intention de remettre en question la décision du
facilitateur et de courir le risque de compromettre le processus tout
entier, " a-t-il expliqué. M. Masire, de son côté, estime que les Congolais
peuvent tout aussi facilement saboter leur propre dialogue que transformer
ces pourparlers en succès.

Le ministre congolais de la presse et de la communication, Kikaya bin
Karubi, a indiqué que le bureau du médiateur avait choisi les représentants
des partis de l'opposition mais pas ceux du gouvernement. " Et ce n'est pas
à Monsieur Bemba de juger de la façon dont s'organise une autre partie. Il
doit uniquement se préoccuper du MLC. Ce n'est pas à lui de décider qui, au
sein de l'opposition interne, doit participer au dialogue, " selon des
propos rapportés par Allafrica.com.

Au fur et à mesure que la tension montait à Sun City, d'autres émissaires se
sont mis à protester contre l'interruption du dialogue. " L'échec de ces
pourparlers servirait les intérêts de tous les belligérants, " a déclaré
Kabare Rugemaninzi, un représentant de la société civile, cité par AP.

Un haut responsable de l'Union européenne (UE) - l'UE apporte un soutien
financier aux pourparlers - a fait part d'une impatience grandissante à
l'égard des diverses factions congolaises qui se révélent pour l'heure
incapables d'aboutir à un accord, selon des propos rapportés par la BBC.

" Il serait utile que les Congolais fassent montre d'un esprit d'unité à Sun
City au lieu de manifester des dissensions, " a commenté le chef des
opérations de maintien de la paix de l'ONU, Jean-Marie Guéhenno, à
l'occasion de son voyage effectué au Rwanda et dans l'est de la RDC dans le
cadre de la préparation du désarmement des milices en RDC.

Parallèlement, M. Kabila s'est entretenu lundi soir avec M. Bemba et le chef
du RCD, Adolphe Onusumba, a rapporté Reuters. Des médiateurs ont fait le
va-et-vient mardi entre les diverses parties pour tenter de résoudre cette
nouvelle impasse, en espérant que cette deuxième tentative de dialogue ne
connaîtra pas le même sort que la première organisée en octobre dernier à
Addis Abeba et qui avait avorté au bout de quelques jours.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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