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Bemba boycotte l'ouverture du dialogue intercongolais

Quatre heures plus tard que prévu - et après un retard de deux ans - la
cérémonie d'ouverture du dialogue intercongolais a eu lieu lundi soir dans la superbe station balnéaire de Sun City en Afrique du Sud, malgré l'absence de l'opposition non armée et des rebelles du Mouvement pour la libération du Congo.

Cependant, un porte-parole du Bureau du facilitateur a indiqué mardi à IRIN
que les pourparlers étaient reportés au lendemain, car il " restait encore
de nombreux points à résoudre ", notamment la question de la représentation.

Le chef du MLC - mouvement soutenu par l'Ouganda - Jean-Pierre Bemba, a
brillé par son absence à la cérémonie d'ouverture mais selon certaines
sources, il se trouverait à l'heure actuelle dans un hôtel de Sun City. La
radio SABC a rapporté qu'il avait eu des entretiens privés avec le président
sud-africain Thabo Mbeki.

M. Bemba a refusé de participer au dialogue en signe de soutien aux
mouvements non armés de l'opposition, arguant que de nombreux groupes
présents aux pourparlers ne sont pas de véritables partis de l'opposition,
mais des façades pour le gouvernement du président Joseph Kabila.

Le ministre ougandais de la coopération régionale, Kahinda Otafiire, a déclaré mardi à IRIN que l'Ouganda n'exercerait pas de pression sur M. Bemba pour le convaincre de participer au dialogue. " Nous ne pouvons que le conseiller, nous ne pouvons pas faire pression sur lui, " a-t-il dit, ajoutant que " ce n'est pas dans notre intérêt d'exercer une pression sur lui - nous l'avons aidé, mais nous ne sommes pas son parrain, " a rétorqué M. Otafiire.

" Si nous exerçons une pression sur lui, il négociera mais sans conviction.
En fin de compte, c'est sa responsabilité à lui, " a-t-il ajouté. " S'il a des griefs, il devrait les faire connaître pendant le dialogue. "

Lundi à l'occasion de la cérémonie d'ouverture, M. Mbeki a informé les
protagonistes du dialogue que les pourparlers étaient centrés sur l'avenir du continent africain. " La République démocratique du Congo [RDC] occupe une place centrale pour la réalisation de l'objectif d'une Renaissance africaine, " a-t-il commenté. " Les décisions souveraines que vous prendrez pour votre pays aideront à trouver une réponse à la question de savoir si nous, Africains, avons la volonté et la capacité de sortir notre continent et nos peuples de la misère, l'indignité, la pauvreté et le sous-développement. "

Le facilitateur du dialogue, Ketumile Masire, a prévenu les délégués qu'il
était de leur devoir de mettre en place des institutions démocratiques et un système judiciaire indépendant, et s'ils se dérobaient à ces obligations, " l'histoire en conclurait que les Congolais sont les artisans de leur propre misère. Une grande responsabilité vous incombe, celle de sauver votre propre
pays de l'autodestruction, " a-t-il insisté, ajoutant que les pourparlers
n'aboutiraient pas à un " gagnant exclusif ".

Une copie du discours que devait prononcer M. Kabila est parvenue à Reuters: " Comment se fait-il qu'au début du troisième millénaire, nous vivions dans un pays aux immenses richesses mais que notre population soit l'une des plus pauvres et des plus misérables, " lisait-on.

Tous les pays étrangers impliqués dans la guerre en RDC - notamment
l'Ouganda et le Rwanda combattant contre le gouvernement, et l'Angola et le Zimbabwe aux cotés du président Kabila - ont été accusés de piller les
immenses réserves d'or, de bois, de diamants, de coltan de la RDC.

Certains délégués congolais, cités par Reuters, ont déclaré que
l'assassinat, la semaine dernière, du chef rebelle angolais de l'UNITA,
Jonas Savimbi, a peut-être supprimé un obstacle au rétablissement de la paix
en RDC. Savimbi avait des bases et des filières d'approvisionnement en RDC,
ce qui avait encouragé l'Angola à s'impliquer dans la guerre pour couper les voies de ravitaillement de l'UNITA, a rapporté l'agence.

Parallèlement, le Conseil de sécurité des Nations Unies a réitéré son appel
au retrait de toutes les troupes étrangères de la RDC. Aucun changement
majeur n'a été observé quant aux positions des pays qui ont déployé des
forces en RDC. L'Ouganda a même annoncé son intention de renvoyer des
troupes au nord-est du pays, a fait observer le Conseil.

Les membres du Conseil de sécurité ont également demandé à la mission de
l'ONU en RDC (MONUC) de procéder à une première évaluation de l'effectif du
contingent rwandais en RDC et de faire rapport au Conseil d'ici la fin du mois de mars. " D'après cette évaluation, le Conseil pourra examiner si la MONUC a besoin d'un soutien accru dans l'exécution de cette tâche. "

Le Conseil a lancé un appel en faveur du désarmement, de la démobilisation,
du rapatriement, de la réinstallation et de la réintégration des groupes
armés en RDC. " L'échec du rapatriement des combattants rwandais de Kamina [sud-est de la RDC] est une source de préoccupation, et le Secrétaire général appelle le gouvernement à utiliser toute son influence pour encourager le retour prochain de tous les combattants rwandais actuellement cantonnés sur son territoire. "

Le Rwanda a, à maintes reprises, refusé de retirer ses troupes de la RDC
tant que les forces rebelles (notamment celles responsables du génocide rwandais de 1994) ne seront pas désarmées par le gouvernement congolais, qui à son tour refuse de les désarmer tant que le Rwanda n'aura pas procédé au retrait de ses troupes.

Aucun des belligérants étrangers présents en RDC n'a été invité au dialogue intercongolais.

Le dialogue qui vient de s'ouvrir était attendu depuis la signature de
l'accord de paix de Lusaka en 1999. Le dialogue s'était initialement ouvert
en octobre dernier dans la capitale éthiopienne, Addis Abeba mais avait été
abandonné en raison d'un manque de délégués et de difficultés financières.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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