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23 000 pasteurs fulani fuient au Cameroun en raison de l'instabilité

Au moins 23 000 pasteurs fulani ont fui l'Etat de Taraba, dans l'est du Nigéria, en direction du Cameroun pour échapper aux violences dans le plateau de Mambilla avec des communautés de cultivateurs au début de l'année, a indiqué une association pastorale.

L'Association Miyetti Alla Cattle Breeders du Nigéria (MACBAN) a informé dans un communiqué parvenu à IRIN vendredi qu'elle avait compté que 23,647 nomades ont fui la région du gouvernement local de Sarduana, dans l'Etat de Taraba, pour le Cameroun.

"Les attaques contre les pasteurs fulani, qui produisent 75 pour cent des besoins du pays en protéines, sont devenues incessantes, surtout dans des Etats tels que le Plateau, Nasarawa, Bauchi, Taraba et Benue", précise le communiqué, signé par le secrétaire général de MACBAN, Tukur Abashe.

Il a ajouté que l'incident survenu dans le plateau de Mambilla, entre le 1er et le 7 janvier, a abouti à la mort de plus de 96 pasteurs, et à la perte de 53,791 têtes de bétail. M.Abashe a attribué les violences à une milice de Mambilla nommée 'Ashana - rien à répondre'. Il a poursuivi qu'elle a opéré librement l'année dernière dans la région, avec l'aval d'hommes politiques locaux.

"S'ils (les membres de la milice) avaient été arrêtés, le carnage du début du mois de janvier aurait pu être évité », souligne le communiqué.

Les officiels du conseil du gouvernement local de Sarduana remettent en question la thèse de MACBAN et accusent les pasteurs fulani d'avoir invité « des mercenaires » des pays voisins, qui ont mené des attaques contre les communautés agricoles du plateau de Mambilla. Zachariah Yieji, un conseiller spécial auprès du gouvernement de Sarduana, a noté dans un communiqué publié jeudi dans le quotidien 'ThisDay', que les pasteurs fulani s'étaient accaparés toutes les terres pour leurs pâturages, laissant aux cultivateurs locaux peu de terres arables.

"Les Fulani, qui constituent dix pour cent de la population, occupent 85 pour cent de toutes les terres de Mambilla », a souligné M. Yieji. "Les Mambillas, Kakas, Pansos et Kambus, qui sont principalement des agriculteurs, utilisent quinze pour cent des terres pour l'agriculture de subsistance ».

Les affrontements entre les communautés pastorales et agricoles autour des terres de pâturages sont devenus fréquents dans plusieurs parties du centre du Nigéria, de même que dans les régions du nord, durant les dernières années. Certains analysent attribuent ce phénomène à la désertification croissante vers le nord, ce qui pousse les pasteurs plus au sud pour trouver des pâturages, les mettant souvent en conflit avec des communautés agricoles.

Ces hostilités s'inscrivent dans la tendance des violents conflits au Nigéria entre les prétendus colons et les autochtones, qui ont secoué le nord et le centre du pays au fil des dernières années.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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