La réunion des 22-23 janvier, tenue dans la capitale ivoirienne, Yamoussoukro, a été organisée par le président Laurent Gbagbo et y ont participé l'ex-président Henri Konan Bédié, l'ancien premier ministre, Alassane Ouattara, et l'ex-dirigeant militaire, le général Robert Gueï.
Les recommandations clé du Forum de réconciliation nationale, qui s'était déroulé du 9 octobre au 18 décembre 2001, incluait une proposition suggérant d'octroyer à M. Ouattara un certificat de nationalité. Ses trois homologues, a indiqué le communiqué, lui ont demandé de déposer une demande de certificat de nationalité. Ceci ne signifie pas nécessairement qu'il lui sera possible de briguer les plus hautes fonctions du pays.
L'essentiel du débat politique en Côte d'Ivoire a tourné autour de la question de savoir si M. Ouattara, chef du Rassemblement des républicains (opposition), est éligible pour se porter candidat à la présidence ou au parlement. Les deux fonctions exigent que les candidats soient des citoyens ivoiriens de lignée ivoirienne. Les détracteurs de M. Ouattara proclament qu'il est Burkinabé, et donc inéligible, chose qu'il dément. En 2000, la Cour constitutionnelle lui a interdit de participer aux élections présidentielles et parlementaires en raison des doutes sur sa nationalité.
Les dirigeants sont convenus d'interdire les coups d'état et d'autres moyens non démocratiques d'obtenir le pouvoir, comme recommandé par le forum, et se sont engagés à « faire tout ce qu'ils peuvent pour éviter une répétition d'une telle situation » - une allusion au coup d'état de 24 décembre 1999 qui a porté M. Gueï au pouvoir.
Les autres recommandations adoptées comprennent l'octroi d'une amnistie aux personnes qui ont commis des délits durant la récente période agitée qu'a connue le pays, mais seulement une fois que le système judiciaire les aura punies ; la création d'un organisme national pour traiter les conflits liés à la propriété foncière ; et la formation d'un gouvernement d'unité nationale. La résolution relative à un tel gouvernement stipule que « le président de la République a réitéré sa volonté de voir les partis politiques participer à l'administration des affaires de l'Etat ». Elle n'a pas élaboré davantage.
Les dix points ajoutés par les dirigeants incluent la création d'une commission électorale nationale, un financement étatique proportionnel des partis politiques, l'établissement de cartes d'identité nationales, et la reconnaissance de la légitimité du gouvernement actuel.
Tous les quatre ont invité l'Etat à cesser les harcèlements et la victimisation des personnes originaires du nord de la Côte d'Ivoire par la police, qui les considère souvent comme des étrangers. [Les originaires du nord portent habituellement les mêmes noms que des personnes de l'autre côté de la frontière, au Mali, au Burkina Faso et en Guinée].
Autre innovation de la rencontre de Yamoussoukro, l'établissement d'un calendrier de mise en oeuvre de certaines des résolutions les plus importantes, notamment la demande par M. Ouattara d'un certificat de nationalité, la rédaction d'une loi établissant la commission électorale nationale, et la création d'une commission d'experts juridiques chargée d'organiser un symposium international sur la constitution de la Côte d'Ivoire.
Le « Sommet des Quatre Grands » du mois dernier, comme l'a appelé la presse ivoirienne, a été organisé pour solidifier les recommandations du forum et pour trouver des solutions à d'autres problèmes sociopolotiques. Il a été annoncé par M. Gbagbo à la clôture du forum, auquel ont pris part des dirigeants politiques et religieux, ainsi que des organisations professionnelles, syndicales et de la société civile.
Selon la plupart des observateurs, le forum a marqué la fin d'une phase agitée de l'histoire de la Côte d'Ivoire, qui a débuté avec le coup d'état de 1999 et qui fut caractérisée par une agitation civile, par l'insécurité, par la violence politique, par des abus des droits de l'homme et par la détérioration des relations du pays avec le monde extérieur.
Depuis la fin du forum, les perspectives de la Côte d'Ivoire sont plus souriantes, tant au niveau national qu'international, si l'on en croit des sources diplomatiques. Par exemple, la France, principal bailleur de fonds, et la Banque mondiale, ont repris leur prêt au pays. L'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) vont aussi leur emprunter le pas.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions