Les affrontements qui ont commencé samedi à Idi Araba, dans le quartier populaire de Mushin, à l'issue d'une petite altercation, ont continué jusqu'au lundi en dépit du déploiement de soldats et de policiers pour faire cesser les hostilités. « La police nous a dit de rester chez nous, qu'il y avait un couvre-feu dans la nuit du dimanche mais, à notre grande surprise, nous avons été attaqué cette même nuit », a déclaré ce mardi à IRIN Salisu Abdulrahman, un habitant d'Idi Araba de langue Haoussa. "Ce matin, j'ai dû emmener mon épouse et mes enfants à la Caserne d'Abalti pour qu'ils soient en sécurité'.
Des bandes rivales de jeunes, armées de fusils, d'épées, de bouteilles, d'arcs et de flèches s'affrontaient dans les rues lundi matin dans plusieurs faubourg du nord de la ville, qui récupèrent encore des effets dévastateurs des explosions dans une armurerie qui a fait plus d'un millier de morts il y a une semaine. Idi Araba et d'autres zones englobant Fadeyi, Obanikoro et le marché Yaba, étaient couvertes de cadavres. Plusieurs maisons ont été brûlées.
Des patrouilles conjointes de la police et de l'armée ont rétabli un semblant d'ordre lundi en fin d'après-midi après des fusillades avec des membres des bandes armées. « J'ai compté au moins 50 morts depuis que nous avons commencé notre patrouille ce matin », a confié à IRIN un sergent de police. « C'est réellement une affaire sanglante ».
Des sources policières ont indiqué que la situation a empiré avec l'implication de la milice du Congrès du Peuple Oodoua (CPO), qui prétend défendre les intérêts Yorouba. Le CPO a été blâmé auparavant pour des affrontements ethniques similaires dans le sud-ouest du Nigéria. La police a souligné que les voyous ont aussi pillés des boutiques et volé des citoyens.
Des responsables de la Croix-Rouge ont informé que plus de 150 personnes ont reçu des soins d'urgence, tandis que 57 autres souffrant de blessures graves ont été transportées à l'hôpital.
Des habitants des zones affectées ont fui par milliers avec les quelques biens qu'ils pouvaient porter vers des commissariats de police, des casernes militaires ou chez des parents dans des quartiers plus paisibles de la ville. De nombreuses personnes du nord ont quitté Lagos pour se rendre dans leurs régions d'origine, craignant des attaques de représailles lorsqu'elles raconteront leurs expériences à leurs parents une fois chez eux.
Le Nigéria est en butte à des flambées de violences ethniques depuis que l'élection du président Olusegun Obasanjo en 1999 a mis fin à plus de 15 ans de régime militaire. Beaucoup d'analystes pensent que la fin du régime militaire a soulevé le couvercle des griefs latents entre les 250 ethnies ou plus, une situation aggravée par la profonde pauvreté engendrée par des années de mauvaise administration.
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