M. Oshiomhole intervenait devant un rassemblement convoqué par le Congrès du travail du Nigéria [Nigeria Labour Congress (NLC)] dans la capitale Abuja, mercredi, pour marquer le début de la grève générale, lorsqu'il a été interpellé par des agents de police qui ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Il a été inculpé plus tard de onze chefs d'accusation par un tribunal d'instance et a bénéficié d'une caution.
"Il a été à nouveau arrêté ce matin par des policiers alors qu'il se rendait à l'aéroport pour prendre un avion à destination de Lagos", a indiqué à IRIN le secrétaire général du NLC, John Odah. Il a ajouté que des douzaines de dirigeants syndicaux ont également été interpellés par les forces de l'ordre dans tout le pays, en vue de briser la grève.
Les écoles, les banques, les commerces et les bureaux sont restés fermés jeudi dans la plupart des agglomérations à travers ce pays de 120 millions d'habitants. Dans la capitale économique, Lagos, le principal port maritime du pays, qui est également le plus grand de l'Afrique de l'Ouest, est demeuré fermé pour le deuxième jour consécutif car, craignant une flambée de violence, la plupart des habitants sont restés chez eux.
M. Odah a signalé que les tactiques musclées du gouvernement du président Olusegun Obasanjo envers les chefs syndicaux ne feront que renforcer la détermination des syndicats et rendront plus difficile la résolutions des problèmes ayant mené à la grève.
Un juge de la haute cour a décrété mercredi à Abuja que la grève était illégale, sous l'argument que les procédures légales appropriées n'ont pas été suivies par les syndicats du travail en déclarant leur action. Mais la décision a été largement ignorée par les travailleurs qui ont continué leur mouvement de grève.
Dans certaines parties du pays, des enfants de la rue et des voyous ont saisi l'occasion pour déclencher la violence. Un bâtiment de l'autorité de l'enseignement local dans la banlieue d'Abuja a été saccagé et brûlé par une horde de jeunes hier, tandis que des jeunes en colère à Lagos ont détruit les pare-brises des motocyclistes qui s'aventuraient dans certains quartiers de la ville.
Depuis son élection en 1999, M. Obasanjo a tenté d'augmenter les prix du carburant dans le contexte du paquet de réformes de libéralisation économique convenu avec le Fonds monétaire international et avec la Banque mondiale. En juin dernier, le gouvernement avait imposé des hausses de 50 pour cent des prix du carburant, mais a été forcé à renoncer à la mesure à la suite d'une semaine de grève générale convoquée par le NLC.
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