commerce du coltan dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).
Héritiers de la justice, une association congolaise de défense des droits de l'homme, basée à Bukavu, a publié lundi un communiqué, mettant en garde contre les graves risques sanitaires que couraient les femmes et les bébés impliqués dans l'exploitation du coltan dans la province du Sud Kivu. Selon
Héritiers, un nombre de plus en plus important de femmes impliquées dans le
pilonnage manuel des pierres pour l'extraction du coltan souffrent de
douleurs thoraciques et de problèmes respiratoires.
« De façon plus inquiétante, la majorité des bébés portés sur le dos de leur mère pendant la monstrueuse activité du pilonnage du coltan, ont commencé eux aussi à montrer des signes de douleurs et de maladies similaires à celles de leur mère, » indiquait le communiqué.
Pole Institute, un institut de recherche basé à Goma, a publié un rapport mercredi intitulé « Le phénomène du coltan : comment un minerai rare a modifié la vie de la population de la province du Nord Kivu déchirée par la guerre ». Reconnaissant que l'exploitation et l'exportation du coltan
représentent de potentiels avantages pour la population locale, le rapport
stipule que ces activités se dérouleraient « d'une façon plus juste et moins préjudiciable » si la population pouvait en bénéficier.
L'étude signale l'apparition d'une « économie mafieuse organisée autour des
armées rebelles et de leurs alliés et des groupes armés Mayi-Mayi »,
prévenant « qu'aucun programme de démobilisation, de désarmement et de
réintégration [des ex-combattants] ne peut réussir sans effort pour
maintenir la sécurité économique ».
Le rapport signale également que l'abandon des activités agricoles et d'
élevage au profit de l'exploitation du coltan entraîne un « véritable risque
d'insécurité alimentaire ». Pour palier ce problème, le document recommande que les recettes provenant de l'exploitation du coltan soient utilisées pour promouvoir l'agriculture et reconstruire les infrastructures dans la région.
Le rapport rejette les appels en faveur d'un boycott international ou d'un moratoire des achats de coltan de RDC, affirmant que « les habitants du Kivu ne gagneront pas mais perdront au contraire l'une de leurs principales
sources de revenus ».
Le rapport est affiché sur http://www.pole-institute.org/
Le Service international d'information sur la paix (IPIS) a présenté lundi
en Belgique une étude démontrant que les sociétés européennes impliquées
dans le commerce du coltan en RDC contribuent à financer la guerre
congolaise. « Certaines de ces sociétés ont joué un rôle important dans la continuation de la guerre en coopérant directement avec les rebelles ou leurs alliés rwandais. D'autres ont financé l'effort de guerre de façon indirecte par le biais des impôts qu'ils ont versés aux factions belligérantes, » a expliqué Jeroen Cuvelier d'IPIS.
Contrairement au rapport de Pole Institute, IPIS a vivement recommandé l'imposition d'un embargo temporaire sur le coltan et d'autres ressources
naturelles provenant de la RDC occupée et de pays impliqués dans la guerre
en RDC, selon le rapport d'IPIS. Une telle mesure permettrait à l'ONU, l'
Union européenne et les gouvernements nationaux d'enquêter sur les sociétés
et les individus impliqués dans le commerce du coltan et de prendre des
mesures pour empêcher que ce commerce ne contribue directement ou
indirectement au financement de la guerre en RDC.
Le rapport complet en anglais est disponible sur :
http://www.broederlijkdelen.be/publicaties/coltan14-1.doc
La traduction française du résumé analytique et des recommandations est
disponible sur :
http://www.broederlijkdelen.be/publicaties/coltan14-1_fr.doc
Parallèlement, des dépêches envoyées de Goma et parvenues mercredi à IRIN
ont fait état de 30 morts au moins, la semaine dernière, dans la région de
Karuba du district de Masisi, à 60 km au sud-ouest de Goma, lorsque la mine
de coltan de Bibamana s'est effondrée lors d'un glissement de terrain causé
par de fortes précipitations. Cette région est contrôlée par le
Rassemblement congolais pour la démocratie, mouvement de l'opposition armée soutenu par le Rwanda. La radio RTNC de Goma, contrôlée par les rebelles, a annoncé que ce glissement de terrain avait détruit les habitations de plus d'un millier de personnes.
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