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Les enfants non accompagnés de la RCA dans l’incertitude

CAR children in Chad Anna Jeffreys/IRIN
La violence en République centrafricaine (RCA) a forcé 97 000 civils à se réfugier au Tchad voisin. Parmi eux, environ 1 200 sont des enfants non accompagnés ou séparés qui souhaitent maintenant retrouver leur famille et retourner à l’école et retrouver la sécurité ou, du moins, un semblant de normalité.

« Ce que je souhaite le plus au monde, c’est de retrouver mon père », a dit Lamine, 12 ans. « J’ignore s’il est en vie ou non. Si je savais qu’il était mort, je pourrais au moins faire mon deuil. »

Les efforts visant à réunir les enfants avec leurs familles ont obtenu un certain succès. Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le ministère de l’Action sociale du Tchad et des organisations non gouvernementales (ONG), notamment la Croix-Rouge tchadienne, CARE et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ont en effet réussi, ensemble, à réunir 442 des 946 enfants enregistrés jusqu’à présent avec leur famille en utilisant l’identification par photo dans les opérations transfrontalières.

La majorité des enfants sont dispersés dans les divers camps du sud du Tchad, notamment Doyaba, Moundou, Doba et Danamadja. L’UNICEF croit cependant que d’autres enfants non accompagnés ou séparés de leur famille n’ont pas encore été enregistrés.

Parmi les enfants qui restent dans les camps, nombreux sont ceux qui vivent dans des tentes communautaires placées sous la supervision de travailleurs sociaux gouvernementaux ou du personnel des ONG. Des femmes préparent pour eux du riz et de la sauce. Les enfants reçoivent également un soutien psychosocial. Environ 360 enfants vivent dans des familles d’accueil – des voisins qu’ils connaissaient en RCA ou, dans certains cas, des familles qui les ont simplement pris en charge.

Les violences en RCA ont éclaté si soudainement dans les villes et les villages que les habitants n’ont pas eu le temps de planifier leur exode. Ils se sont simplement enfuis au beau milieu du chaos. De nombreuses familles ont été séparées, certains membres fuyant vers le Cameroun, ou même vers la République démocratique du Congo (RDC), tandis que d’autres se dirigeaient vers le Tchad.

Certains enfants ont fui après avoir vu leurs parents tués sous leurs propres yeux. Abdel Karim, un jeune homme de 17 ans originaire de Bangui, la capitale centrafricaine, qui vit maintenant dans le camp de Doyaba, en périphérie de la ville de Sarh, a dit à IRIN : « C’est ma famille qui me manque le plus. Ma mère me manque. Je revenais de l’école et j’ai été témoin d’un massacre. C’était les anti-balaka. Il y avait des machettes. Ils m’ont coupé la jambe… Je n’ai jamais retrouvé ma mère, alors je suis venu ici. »

À Doyaba, les enfants d’âge primaire fréquentent l’école improvisée mise sur pied par les résidents du camp, mais les élèves du secondaire ne peuvent pas poursuivre leurs études.

Abdou Aziz Tarik, 17 ans, a dit à IRIN : « Je veux retourner à l’école… Avant la guerre, j’ai perdu mon éducation. Si je pouvais étudier, je pourrais faire quelque chose de ma vie. »

Parmi les filles non accompagnées, nombreuses sont celles qui ne fréquentaient pas l’école en RCA. Elles s’occupaient de leurs frères et sœurs plus jeunes ou vendaient du poisson ou d’autres denrées au marché. Adama Ousmane, 15 ans, a dit à IRIN qu’elle se trouvait au marché quand la milice anti-balaka est venue et a décapité son voisin et sa fille. « Je me suis enfuie. Le chef du village m’a aidée en me donnant un peu de nourriture. Puis, l’armée m’a fait monter à bord d’un camion pour venir ici [à Doyaba]. J’étais toute seule. »

Selon Bakary Sogoba, responsable de la protection de l’enfance pour l’UNICEF, les enfants impliqués dans les opérations complexes d’enregistrement transfrontalier bénéficient aujourd’hui d’une plus grande aide. Quelque 70 membres du ministère de la Protection sociale et d’ONG partenaires ont reçu une formation sur les pratiques de protection de l’enfant, et notamment sur l’enregistrement des enfants non accompagnés et séparés de leur famille.

Certains enfants dont les amis ont retrouvé leur famille ont dit à IRIN qu’ils commençaient à perdre espoir. Pour d’autres, la réunification n’est qu’une question de temps. Aboubakar Abdou, 17 ans, ressent un mélange de frustration et d’espoir. « Comment puis-je survivre ici? Je n’ai pas de famille », a-t-il dit à IRIN. « Mon père a été tué dans les combats... mais ma mère est au Cameroun, et je la retrouverai bientôt. »

aj/cs –gd/amz

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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