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L’engagement politique est «essentiel pour réduire la malnutrition »

A Nairobi City Market trader shows his goods on March 7, 2011. FAO has said that the number of malnourished people in the world has fallen to 925 million people last year from an estimated 2009 peak of 1,023 billion, but that even this new figure is unacc
A Nairobi City Market trader shows his goods (Siegfried Modola/IRIN)

La malnutrition représente un énorme problème à l’échelle mondiale. C’est le cas en particulier de la malnutrition chronique, cette forme de faim quotidienne et durable qui retarde la croissance des enfants et signifie qu’ils ne réaliseront jamais leur potentiel physique ni intellectuel. Mais les taux sont en baisse et dans certains pays, la réduction est rapide. Au Brésil par exemple, où les enfants émaciés et d’un poids insuffisant étaient chose courante il y a 30 ans dans les régions pauvres et les groupes à faibles revenus, ces problèmes ont été quasiment éradiqués.



En collaboration avec les chercheurs de l’Oakland Institute aux Etats-Unis, de l’Institut d’Etudes en développement (IDS) au Royaume-Uni et des Tripode Proyectos en Espagne, Care et Action contre la Faim ont réalisé une étude des projets nationaux réussis, pour s’efforcer de discerner les facteurs qui peuvent expliquer les améliorations.



L’élément présent dans tous les cas se trouve être la politique. Le facteur principal de la réduction de la malnutrition n’était en effet ni l’agriculture ni l’aide alimentaire, mais l’engagement politique.



Andres Mejia Acosta d’IDS a travaillé sur ce qu’il appelle « la surprise péruvienne » : après 10 ans de progrès très médiocres, les taux de malnutrition ont chuté brutalement après 2006. « Notre première réaction, a indiqué M. Mejia Acosta, a été de penser que cela devait être une question de revenus ; il y avait alors une vaste expansion du secteur minier, provenant du boom des matières premières. »



Mais il n’y avait quasiment pas de relation entre les régions qui avaient le plus bénéficié du boom et celles qui avaient le plus réduit leur taux de malnutrition. « En fait, nous nous sommes rendu compte que l’explication se trouvait dans les mesures et les interventions politiques ; dans le cas du Pérou, une stratégie de réduction de la pauvreté au niveau national et un programme de prestations en espèces assorties de conditions… Le seul élément qui nous a semblé pouvoir être associé à la réduction de la malnutrition est la réduction de la pauvreté. »



Au Pérou, le Président Alan Garcia a été élu en 2006 après avoir signé la promesse « 5x5x5 » de réduire la malnutrition de 5 pour cent chez les enfants de moins de cinq ans au cours des cinq années à venir. Une fois au pouvoir, il a augmenté l’objectif à 9 pour cent et fixé un plan d’action de 100 jours. Le programme était organisé directement par le bureau du Président, comme le sont certains programmes similaires au Brésil ou au Malawi.



Mettre en place un leadership



Pour un homme politique, comprendre que la réduction de la malnutrition chronique peut le faire élire ou le maintenir au pouvoir peut constituer un puissant facteur de motivation. Cependant, à la publication de ces rapports, Lawrence Haddad d’IDS se souvient que des journalistes indiens lui ont fait remarquer combien il était difficile d’intéresser leurs rédacteurs en chef à la nutrition, car « ce n’est pas un enjeu électoral ».



« D’où peut donc venir ce genre de leadership? » demande M. Haddad. « Est-ce que nous allons attendre que ça nous tombe du ciel et rendre grâce après coup, ou bien existe t-il des moyens pour une communauté de fabriquer, de soutenir ce leadership et de lui permettre d’évoluer ? ».



La surprise péruvienne a été en réalité le résultat d’intenses efforts menés par une coalition d’organisations non gouvernementales (ONG) et d’organisations de la société civile qui se sont emparées de l’opportunité fournie par les élections, ont fait pression de façon persistante sur tous les candidats présidentiels et maintenu cette pression au cours de la période qui a immédiatement suivi l’élection.



Au Niger, c’est un coup d’Etat qui a servi de catalyseur. Selon Manuel Sanchez-Montero de Tripode Proyectos, « durant les dernières années du Président [Mamadou]Tandja, la faim était un mot interdit. L’une des raisons qui l’a chassé [du pouvoir] a été une crise alimentaire ; le gouvernement s’efforçait de garder la mainmise sur l’information et refusait de reconnaître l’émergence de la crise alimentaire. Le gouvernement de transition a fait de la lutte contre la malnutrition une de ses priorités, parce qu’il savait que c’était l’une des raisons essentielles du soutien du public. »



Les nouvelles études s’intéressent également à la façon dont l’engagement politique peut être transformé en réussite pratique. Outre l’affirmation du leadership et l’engagement énergique des citoyens dans le lobbying pour défendre la cause, les pays qui ont réussi ont choisi une approche multisectorielle, s’attaquant à la pauvreté dans un sens large et non pas seulement à la malnutrition, et utilisant souvent des subventions en espèces et des programmes de protection sociale pour parvenir à leur but.



Ils se sont efforcés de faire le lien entre les institutions, encourageant les services gouvernementaux et les ONG à travailler de concert et à mettre fin aux duplications. M. Mejia Acosta a indiqué que la réussite avait été facilitée par la façon de faire les choses : « Le Pérou avait une division des tâches très claire et les gens disaient “On n’empiète pas sur les plates-bandes du voisin.” L’autre point était qu’ils ne dépendaient pas d’un financement commun et la question ne se posait donc jamais de savoir qui avait contribué le plus et à quoi. »



A IRIN qui lui demandait si à son avis les leaders qui ont réussi à faire baisser les taux de malnutrition en étaient aujourd’hui récompensés au niveau politique, M. Mejia Acosta a indiqué que la réponse devait être nuancée : Au Pérou, les présidents des régions en ont peut-être retiré plus d’avantages politiques que les maires et M. Garcia ne s’est pas représenté comme candidat. « Mais la citation la plus claire vient d’un gouverneur qui m’a dit “Dans le passé, les hommes politiques ne s’intéressaient pas du tout aux questions comme la nutrition parce que les enfants ne votent pas, mais aujourd’hui ils ont réalisé que les mères de ces enfants, elles, votent. ”»



eb/mw-og/amz



This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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