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L’amélioration des services de sages-femmes pourrait sauver des millions de vies

A midwife listens to the fetal heartbeat in the belly of an expectant mother at Boost hospital, Helmand Province
(MSF)

L’amélioration des services de sages-femmes pourrait éviter chaque année jusqu’à 3,6 millions de décès chez les mères et les enfants, selon un nouveau rapport publié par le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et ses partenaires à la conférence de Durban, en Afrique du Sud.



« Les conseillers en santé publique et les médecins ne s’appuient pas sur le professionnel de santé essentiel, celui qui est capable de réduire la mortalité maternelle, c’est-à-dire la sage-femme, » a dit Vincent Fauveau, conseiller en santé maternelle à l’UNFPA, qui a encadré l’élaboration du rapport.



Parmi les femmes - presque un millier – qui meurent chaque jour des suites de complications durant la grossesse et l’accouchement, 99 pour cent vivent dans les pays en développement, principalement en Afrique sub-saharienne. Une Suédoise a environ une chance sur 11 000 de mourir de causes liées à la grossessse, tandis que pour une femme du Niger, la probabilité est d’un sur 16 durant sa vie.



Le premier rapport « Etat de la pratique de sage-femme dans le monde 2011 », publié le 20 juin au 29è Congrès de la Confédération internationale des sages-femmes (ICM), a indiqué que la plupart de ces décès, ainsi qu’une grande partie des maladies graves et des handicaps provoqués par l’accouchement, pourraient être évités si on se dotait de sages-femmes compétentes, motivées et soutenues [par le système].



Le rapport met l’accent sur les 58 pays où les taux de mortalité maternelle, fœtale et néo-natale sont les plus élevés. Ces pays représentent 91 pour cent du poids mondial de la mortalité maternelle, mais disposent de moins de 17 pour cent des personnels qualifiés pour l’accouchement dans le monde.





















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Le cinquième Objectif du Millénaire pour le Développement (OMD), axé sur l’amélioration de la santé maternelle, est celui qui a le moins progressé, a dit M. Fauveau à IRIN. Près de la moitié des accouchements ont lieu à domicile, sans assistance qualifiée. Pour atteindre l’objectif de l’OMD 5, à savoir garantir que 95 pour cent de toutes les naissances soient assistées par un personnel qualifié, certains pays vont devoir augmenter le nombre de leurs sages-femmes d’un facteur de six à quinze.



« Il n’est pas inhabituel de voir une seule sage-femme s’occuper de 200 femmes dans un centre de santé. Notre investissement dans les sages-femmes doit avoir pour priorité de fournir les soins nécessaires à la survie dans les communautés où les mères sont inutilement sacrifiées, » a dit Lennie Kamwendo, sage-femme présidente de la White Ribbon Alliance for Safe Motherhood (Alliance pour une maternité sans risque) au Malawi.



Avant le congrès, plus de 2 000 sages-femmes ont manifesté dans les rues de Durban par solidarité avec toutes les sages-femmes du monde, afin de réclamer de toute urgence davantage de sages-femmes qui puissent sauver les mères et leurs bébés. Le rapport insiste sur l’inégalité de la répartition des sages-femmes : les zones rurales sont défavorisées par rapport aux zones urbaines et toutes les sages-femmes ne sont pas formées correctement.



La Confédération internationale des sages-femmes (ICM), un groupe de coordination mondial qui animait la conférence de Durban, a mis en place de nouvelles normes et réglementations pour les sages-femmes, mais selon M. Fauveau, des résultats ne pourront être obtenus que si « les pays révisent leurs programmes éducatifs ».












Cover photo of the New IRIN booklet on childbirth in Afghanistan

Kate Holt/IRIN
Cover photo of the New IRIN booklet on childbirth in Afghanistan
http://www.irinnews.org/photo.aspx
Jeudi, janvier 14, 2010
L’amélioration des services de sages-femmes pourrait sauver des millions de vies
Cover photo of the New IRIN booklet on childbirth in Afghanistan


Photo: Kate Holt/IRIN
La publication d’IRIN, Veil of Tears, est un ensemble de témoignages personnels d’Afghans sur la notion de perte liée à l’accouchement. Vous pouvez télécharger le livret entier en version PDF ici.

Disponible en anglais seulement.

De plus, bien des femmes ont beaucoup de mal à accéder aux services de pratique de sage-femme, en particulier dans les zones rurales, en raison de la distance qu’elle doivent parcourir pour atteindre les centres de santé ou parce qu’elles ne peuvent pas payer le coût du transport ou de la consultation.



« Nous devons plaider pour l’idée de services de santé gratuits pour toutes les femmes enceintes dans tous les pays. Souvent les femmes n’ont pas les moyens d’aller au centre de santé pour l’accouchement ou durant leur grossesse et elles meurent chez elles, » a dit Bridget Lynch, la présidente de l’ICM. « Une complication liée à l’accouchement est l’une des situations les plus courantes qui font tomber les familles dans la pauvreté, » a ajouté M. Fauveau.



Le rapport appelle les gouvernements à reconnaître les sages-femmes comme une profession à part entière et à augmenter les investissements en termes d’écoles, de formateurs et de tuteurs pour les sages-femmes ; des budgets appropriés doivent être alloués aux services de pratique de sage-femme et inclus dans les programmes de santé nationaux.



« Les sages-femmes ne se contentent pas de mettre les bébés au monde, » a dit Bunmi Makinwa, le directeur régional pour l’Afrique de l’UNFPA. « Elles sont les premières à identifier et à traiter le VIH, la tuberculose et le paludisme, ainsi que les maladies sexuellement transmissibles. Elles fournissent également une assistance aux femmes enceintes et des conseils de planning familial. Les sages-femmes jouent un rôle essentiel. »



lo/ks/he- og/amz



This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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