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Un flot sans fin de réfugiés

[Kenya] Ifo camp, Dadaab, northern Kenya where thousands of Somali refugees live.
Ifo camp, Dadaab in Kenya where thousands of Somali refugees live. (IRIN)

Dans les camps de réfugiés situés dans le nord-est du Kenya, les structures d’accueil ont atteint leurs extrêmes limites, selon des travailleurs humanitaires, car de plus en plus de réfugiés somaliens fuient le conflit dans leur pays.



« Le camp de réfugiés de Dadaab continue à recevoir un nombre significatif de nouveaux arrivants qui sont souvent très fatigués et épuisés, ayant voyagé depuis très loin, parfois depuis aussi loin que Mogadiscio [la capitale somalienne], dans certains cas à pied [pendant 1 000 kilomètres] », a dit Emmanuel Nyabera, porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), au Kenya.



A la date du 15 mai, Dadaab, la plus grande structure d’accueil des réfugiés dans le monde, abritait au moins 348 605 personnes – pour la plupart des Somaliens – soit presque quatre fois sa capacité, et ses infrastructures « ont atteint leurs limites », selon M. Nyabera. Selon l’agence, les trois camps d’Ifo, Hagadera et Dagahaley ont été créé pour recevoir 90 000 réfugiés.

 

La fermeture de la frontière kenyane en 2007 a peu d’impact sur ce flot de réfugiés. Selon le HCR, 43 001 personnes ont été inscrites depuis début 2011, dont 42 218 Somaliens.



« [Quelques] 1 711 personnes ont été enregistrées durant la semaine du 9 au 15 mai 2011 », selon l’agence.



Une nouvelle extension du camp, IFO II, a été planifiée afin d’atténuer cette surpopulation et d’accueillir les nouveaux arrivants. Mais le gouvernement du Kenya a stoppé les travaux de construction et a refusé la permission d’ouverture du camp, citant des objections venant de la communauté d’accueil et de la sécurité nationale, a dit OXFAM GB.

 

Alors que de plus en plus de réfugiés arrivent à Dadaab, d’autres réfugiés seraient en train d’attendre à la frontière, côté somalien, selon les nouveaux arrivants.



Un journaliste indépendant de la région, sur la frontière, a dit à IRIN que des centaines de familles campaient à Dobley, à 15 kilomètres de la frontière entre le Kenya et la Somalie, et à Dajabuula, à 20 kilomètres de la frontière, ainsi qu’à Liboi, à quatre kilomètres de la frontière. « Ils attendent tous une opportunité pour traverser la frontière vers le Kenya », a-t-il ajouté.



Murayo Ibrahim, 24 ans, mère de trois enfants, a traversé la frontière kenyane le 15 mai avec sa famille. « Nous sommes venues avec 22 autres familles, mais ils [les forces de sécurité kenyanes] ont arrêté cinq familles et les ont renvoyé en Somalie ».

Mme Ibrahim a fui la ville de Saako, dans la région du Moyen Juba, dans le sud de la Somalie.



« Il n’y a aucune sécurité, avec des combats qui ont lieu chaque jour. Sans paix et sans nourriture à cause de la sécheresse, nous avons décidé de partir et de venir ici », a-t-elle dit.



Mme Ibrahim a dit que la vie dans le camp ne ressemblait pas à ce qu’elle croyait. « Nous mangeons à peine et pour avoir de l’eau, il faut marcher sur de longues distances ; je vis avec une autre famille, partageant un tout petit abri couvert de bâches en plastique.












Refugee population of Dadaab camps in thousands

La population de réfugiés des camps de Dadaab (en milliers)
IRIN
Refugee population of Dadaab camps in thousands
http://www.irinnews.org/photo.aspx
Lundi, mai 16, 2011
Un flot sans fin de réfugiés
Refugee population of Dadaab camps in thousands


Photo: IRIN
La population de réfugiés des camps de Dadaab (en milliers)

« Il n’y a pas d’armes ni de combat, mais la vie est très difficile », a-t-elle ajouté.



Ibrahim Nur, un ancien de la communauté à Dadaab, a dit à IRIN que les nouveaux réfugiés faisaient face à de nombreux problèmes. « Il y a un problème d’abri ; partout où vous allez, c’est surpeuplé. Nous n’avons pas beaucoup de services de santé ».



Il a dit que le plus gros problème, cependant, résidait dans la pénurie d’eau. « Nous devons parfois faire cinq kilomètres pour tirer de l’eau et parfois ce n’est pas sans danger pour les femmes ».



Attendant de traverser



Cependant, selon M. Nur, de nombreux autres Somaliens veulent se rendre au Kenya, et ce malgré de telles difficultés.



« J’ai de nombreux parents qui se sont rendus à la frontière et qui attendent d’entrer ; malheureusement, Dadaab semble être le seul endroit où nous pouvons échapper aux massacres [qui ont lieu] en Somalie ».



Pendant ce temps, des combats entre les forces gouvernementales somaliennes soutenues par la mission de l’Union Africaine en Somalie (AMISOM), et les insurgés d’Al- Shebab ont toujours lieu à Mogadiscio, et les forces gouvernementales progressent, selon des sources locales.



Des sources de la société civile à Mogadiscio ont dit à IRIN que le gouvernement du premier ministre Mohamed Abdullahi Mohamed était « en train d’améliorer l’organisation de ses forces, réprimant la corruption et payant la solde de ses soldats en temps et en heure ».



Cependant, cette source dit que le flot de réfugiés somaliens au Kenya se poursuivrait dans le futur. Il a dit que les combats se propageaient dans tout le sud et le centre du pays.



Des combats se déroulent entre les forces pro-gouvernementales et les insurgés d’Al- Shebab dans la vallée de Juba, à Gedo, Bay et Bakol (sud de la Somalie) et à Galgadud et Hiiraan (centre de la Somalie), selon cette source de la société civile.



« Aussi longtemps qu’il n’y aura pas de sécurité et que les gens se sentiront en danger, ils continueront à se déplacer ».

 

ah/mw-sk/amz

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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