The New Humanitarian Annual Report 2021

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Les travailleuses du sexe font les frais des lacunes de la politique de prévention du VIH

Little wooden boxes for condoms are given to sex workers who participate in ALISEI´s sex education programs in São Tomé and Príncipe.
(Mercedes Sayagues/PlusNews)

L’Ouganda manque de données sur l’incidence du VIH parmi les travailleurs du sexe mais une nouvelle étude montre qu’à Kampala, la capitale, la prévalence du VIH parmi les travailleuses du sexe pourrait être quatre fois plus élevée que la prévalence moyenne dans la ville.



Cette étude publiée en avril dans le Journal de l’Association américaine des maladies sexuellement transmissibles (MST), a recruté 1 027 femmes dans les quartiers chauds de la ville et découvert que 37 pour cent d’entre elles étaient séropositives, tandis que 13 pour cent souffraient de gonorrhée et 10 de syphilis.



Selon le gouvernement, l’Ouganda a une prévalence nationale moyenne [de VIH] de 6,4 pour cent. Mais à Kampala, ce chiffre s’élève à 8,5 pour cent.



L’étude recommande des interventions pour prévenir le VIH, dont le dépistage régulier des MST, le conseil et dépistage volontaire du VIH, la promotion des préservatifs et un accompagnement pour réduire l’usage d’alcool.



Cependant, d’après des ONG locales, la nature illégale de ce commerce fait qu’il est difficile d’approcher les travailleuses du sexe pour leur proposer des services de prévention du VIH. « Elles nous supplient en disant “s’il vous plaît , docteur, est-ce qu’il n’y a pas moyen d’avoir accès aux services sans aller à la clinique ? Quand nous allons dans une clinique, nous rencontrons nos clients et cela n’arrange pas les affaires,” » a dit Henry Kibira, qui travaille avec l’ONG InterAid Uganda, dans le district central ougandais de Rakai.



« Le problème est qu’il n’existe pas de cadre clair pour s’occuper des travailleuses du sexe, » a dit Catherine Nandago de la branche ougandaise de l’Alliance des maires et des responsables municipaux pour une action locale contre le SIDA (AMICALL). « Quand on essaie de les approcher, elles pensent qu’on est accompagné par la police qui les harasse en permanence. »



Selon elle, le harcèlement policier – et les viols perpétrés par les forces de l’ordre – sont un problème auquel il faut faire face de toute urgence.

Pour Geoffrey Bwambale, un travailleur sanitaire du sud du Rwenzori en Ouganda occidental, de nombreuses travailleuses du sexe poursuivent leur pratique même après avoir été diagnostiquées comme séropositives. « Après le dépistage, elles savent qu’ils sont séropositives et changent de ville. Nous les croisons au hasard de nos déplacements, mais nous ne pouvons rien dire. »



Education par les pairs



L’une des stratégies qui semblent avoir une certaine efficacité est l’utilisation de travailleuses du sexe comme pair éducateurs.


















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Nous impliquons des travailleuses du sexe dans nos réunions consultatives et nos travaux de planification. Cela nous a permis d’identifier des stratégies efficaces pour garantir la participation et le succès des interventions envisagées, » a dit Mme Nandago d’AMICALL. « L’éducation par les pairs s’est révélée un outil extrêmement efficace de sensibilisation et de mobilisation des travailleuses du sexe pour les services VIH/SIDA comme le dépistage et conseil à la maison, les antirétroviraux et autres services associés.



Beaucoup sont capables de négocier pour qu’un préservatif soit utilisé. Elles disaient auparavant : “Les hommes nous donnent très peu d’argent, 5 000 shillings [2 dollars] pour une passe avec préservatif et 10 fois cette somme si nous le faisons sans préservatif”, » a t-elle ajouté. » Mais maintenant elles disent :“Même s’il me donne tout cet argent, je veux être protégée”. »



Ce qui complique vraiment les choses, a ajouté Mme Nandago, c’est que les pairs éducateurs décident souvent de changer d’endroit pour gagner plus d’argent et la formation est donc constamment à refaire.



Selon le gouvernement, les travailleuses du sexe, leurs clients et les partenaires de leurs clients constitueraient 10 pour cent des nouveaux cas d’infection en Ouganda. Selon le rapport de 2009 de l’ONUSIDA et de la Commission ougandaise sur le SIDA (Uganda AIDS Commission) intitulée Analyse des efforts de prévention et des modes de transmission du VIH, les programmes spécifiques visant les travailleuses du sexe et leurs clients ne sont ni répandus ni très complets.



en/kr/mw –og/amz

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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