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OMD - Des histoires de réussites

[Ethiopia] Mulu Melka, lifts her hand in class, Addis Ababa, Ethiopia, 2 November 2006.
Students in Ethiopian capital, Addis Ababa (file photo) (Andrew Heavans/IRIN)

Si de nombreux pays d’Afrique subsaharienne sont loin d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), quelques réussites isolées ont été observées : le Ghana devrait devenir le premier pays d’Afrique à réduire de moitié son taux de pauvreté et de faim d’ici à 2015, tandis qu’en Éthiopie, le taux d’inscription à l’école primaire a augmenté de plus de 500 pour cent depuis 1994, selon l’Overseas Development Institute (ODI).



Le point commun entre ces deux exemples est l’engagement continu des gouvernements à réformer le secteur respectif, selon les chercheurs Jakob Engel et Henri Leturque.



« Ces 20 dernières années, le secteur agricole ghanéen a connu un changement progressif mais soutenu, plutôt que de se développer de manière spectaculaire », indique le rapport sur le Ghana. Les réformes économiques engagées par le gouvernement ghanéen, notamment la dévaluation de la monnaie, la libéralisation des marchés et la restructuration de la Commission de commercialisation du cacao, un organisme auparavant inefficace, ont contribué à augmenter la production alimentaire de 80 pour cent par habitant ces 30 dernières années, selon l’ODI, et permis au Ghana de devenir quasi autonome en cultures de base telles que la patate douce et le manioc.



Depuis 1983, le secteur agricole affiche un taux de croissance annuel de 5,1 pour cent, en moyenne, et la plus grande disponibilité des denrées alimentaires s’est traduite par une diminution du taux de malnutrition modérée, passé de 34 à huit pour cent entre 1991 et 2003. Le pourcentage d’enfants de moins de cinq ans présentant une insuffisance pondérale est ainsi passé de 30 à 17 pour cent entre 1988 et 2008, selon l’ODI.



Mais ce n’est pas tout : « La diminution de la malnutrition est étroitement liée à une meilleure disponibilité alimentaire », a dit M. Leturque à IRIN, « mais ce n’est en aucun cas la seule réponse – l’amélioration de la santé, de l’assainissement, et des pratiques en matière de soins à l’enfant y ont aussi contribué ». En revanche, malgré les progrès accomplis dans ces domaines, le Ghana est loin d’atteindre les OMD 4 et 5, relatifs à l’amélioration de la santé maternelle et infantile, selon un rapport de la Commission nationale de planification du développement, publié le 14 septembre.



L’éducation en Éthiopie



Dès son arrivée au pouvoir, après la guerre civile, le gouvernement éthiopien a entrepris de renforcer le secteur de l’éducation, « en reconnaissant que non seulement la pauvreté rurale constituait un des principaux moteurs des conflits et des inégalités, mais qu’elle entravait également le développement du pays et perpétuait le cycle de pauvreté... et qu’assurer l’accès des enfants à l’école était essentiel pour atteindre ces objectifs de développement globaux », a dit M. Engel à IRIN.



Le gouvernement a mis au point des plans de réforme de l’éducation et a progressivement augmenté le budget de l’éducation à 23 pour cent du budget total en 2009, contre huit pour cent seulement en 1985 ; en parallèle, les aides accordées par les bailleurs de fonds au secteur éducatif ont elles aussi augmenté. D’après l’ODI, ces financements plus importants ont permis, entre autres, de supprimer les frais de scolarité, de construire et de moderniser les écoles, et d’engager et de former des enseignants.



Pour atteindre l’OMD 2 (l’éducation primaire pour tous), l’Ethiopie a pris une mesure essentielle en 1991 : l’Etat a délégué aux régions et aux districts le pouvoir de diriger leurs propres établissements scolaires ; et décidé que l’enseignement serait dispensé dans les langues locales, selon l’ODI. En 1994, à peine trois millions d’élèves fréquentaient l’école primaire en Éthiopie ; en 2008, ils étaient 15,5 millions, et le taux de fréquentation des établissements d’enseignement secondaire était cinq fois plus élevé.



Les autorités locales ont également fait intervenir les associations de parents d’élèves dans la réhabilitation et la dynamisation des écoles, a expliqué M. Engel. « Une bonne partie des investissements effectués ont permis aux ménages d’envoyer leurs enfants à l’école pour la première fois ; les gens ont vraiment apprécié cela, et ils ont commencé à se rendre compte de l’intérêt [de l’école] pour eux ».



Mais il reste beaucoup à faire pour assurer que les progrès se poursuivent – et qu’ils soient également répartis dans les deux pays. En Éthiopie, le taux d’abandon reste élevé dans les établissements secondaires, la qualité de l’enseignement laisse encore à désirer, et dans certaines régions, notamment à Afar et dans la région Somali, le taux d’inscription à l’école primaire demeure faible. Pour assurer la scolarisation des enfants qui ne sont encore jamais allés à l’école, « la construction d’établissements scolaires ne suffit pas ; il faudra s’intéresser à l’éducation informelle, et traiter les problèmes relatifs à la santé maternelle et infantile, et au développement des jeunes enfants », a dit M. Engel.



Au Ghana, la croissance agricole est, elle aussi, inégalement répartie : elle est concentrée dans le sud, au détriment du nord. « Il reste beaucoup à faire pour soutenir le nord, qui a moins de ressources pour travailler », a dit M. Leturque.



aj/sda/mw/nh/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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