1. Accueil
  2. Afrique
  3. Afrique australe
  4. Angola

La majorité des fièvres pédiatriques non liées au paludisme

Laboratory technicians are often trained by the Zanzibar Malaria Control Programme
Zanzibar is focusing on monitoring and research to maintain low malaria prevalence levels (Ann Weru/IRIN)

Plus de la moitié des fièvres pédiatriques traitées dans les centres de santé publics en Afrique est causée par des maladies autres que le paludisme, selon une étude publiée par l’Université d’Oxford et d’autres groupes de recherche, dont les auteurs mettent en garde contre « l’utilisation sans discernement et permanente d’antipaludiques pour toutes les fièvres à travers l’Afrique ».



Sur les 183 millions d’enfants présentant des symptômes du paludisme et traités dans les centres de santé publics en 2007, seulement 43 pour cent ont été diagnostiqués avec un paludisme, mais un nombre bien plus élevé a probablement reçu des médicaments contre le parasite.



« Le paludisme est toujours le diagnostique établi systématiquement par commodité face à une fièvre pédiatrique », a dit à IRIN Peter Gething, principal chercheur de l’étude. « Cela découle en partie des directives officielles qui ont été mises à jour seulement récemment, et d’autre part parce que souvent, les seuls traitements disponibles dans les centres sur la ligne de front sont des antipaludiques ».



En 2006, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé que les travailleurs sanitaires dans les pays enregistrant un nombre élevé de cas suspects de paludisme soignent les enfants présentant des fièvres – l’un des principaux symptômes du paludisme – pour cette maladie, même sans diagnostic.



Il n’y avait pas grand-chose d’autre à faire à ce moment-là, a dit Peter Olumese, expert de l’OMS. « La probabilité que les fièvres soient dues au paludisme était élevée, la maladie pouvait rapidement se révéler fatale et il n’y avait pas de temps à perdre, et il n’y avait aucun outil certifié de diagnostic », a-t-il dit à IRIN.



Depuis lors, les tests de diagnostic rapide pour le paludisme sont devenus disponibles, rendant possible la confirmation des diagnostics sans travailleurs sanitaires, microscopes ou laboratoires. En 2008, 11,5 millions de ces tests ont été distribués en Afrique ; en 2009, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a financé 74 millions de tests, et encore 105 autres millions en 2010, selon le partenariat Roll Back Malaria.



Des personnes au sein des communautés ont été formées pour se dépister entre elles pour le paludisme. Au Sénégal, des personnes de tous âges sont traitées pour du paludisme dans les centres de santé financés par le gouvernement seulement en cas de résultat positif provenant d’un laboratoire ou d’un test rapide.



En Afrique subsaharienne, 31 pays se sont dotés d’une politique « de test de diagnostic universel », tandis que 15 autres dans la région se sont fixé l’objectif de dépister les enfants âgés de cinq ans et plus avant tout traitement, jugeant trop risqué de retarder le traitement pour les patients plus jeunes.


















Plus sur le paludisme
 BURKINA FASO: Quand le paludisme est-il réellement du paludisme ?
 MONDE: Des cuillerées de sucre pour sauver les patients du paludisme
 MALI: Paludisme - Lutter contre les erreurs de diagnostics

Pourtant, il peut être aussi risqué de traiter un patient pour un paludisme en se fondant uniquement sur l’hypothèse qu’ils ont peut-être la maladie, a dit à IRIN Robert Newman, directeur du programme global de paludisme de l’OMS.



« On pourrait gaspiller de l’ACT [la combinaison thérapeutique antipaludique à base d’artémisinine] tout en accentuant le risque de résistance aux médicaments ; par ailleurs, on ne traite pas la maladie fébrile sous-jacente et le retard de traitement peut être fatal. Si on traite une pneumonie bactérienne avec un antipaludique, le problème demeure ».



Sur l’île de Kinaserom, l’une des îles du Lac Tchad, des travailleurs de la santé ont récemment commencé à utiliser des tests rapides pour examiner les patients soupçonnés d’avoir un paludisme. Mahamat Boukar Moussa, infirmier en chef d’un centre sanitaire de l’île, a dit à IRIN qu’il donnait aux patients des médicaments antipaludiques même lorsque le test était négatif. « Les tests ne sont pas précis et on ne peut pas prendre le risque de ne rien faire ».



Raoul Ngarhounoum, le directeur régional de la santé qui supervise la distribution des tests rapides, a dit à IRIN qu’il partageait le scepticisme affiché par le travailleur sanitaire. « Ce sont des zones endémiques de paludisme, et le fait qu’un simple test dise que ce n’est pas le paludisme ne signifie pas que ça ne l’est pas ».



M. Gething, le chercheur, a dit qu’au-delà du contrôle qualité, « se contenter d’un approvisionnement universel en RDT [test de diagnostic rapide, en anglais] va probablement être moins efficace si cela n’est pas accompagné d’une formation suffisante pour les travailleurs sanitaires qui sont en première ligne ».



La Fondation pour les nouveaux diagnostics innovants, qui travaille avec l’OMS pour créer des normes de contrôle qualité pour les tests rapides, recommande des vérifications inopinées de chaque lot de tests commandé pour s’assurer que les tests ne présentent pas de défauts de fabrication ou qu’ils n’ont pas été endommagés lors du transport ou du stockage.



Le traitement contre le paludisme ne va pas changer du jour au lendemain, a dit M. Gething. « Dans un monde idéal, tous les [patient atteints de] fièvres se présentant dans les centres sanitaires en Afrique seraient [dépistés] pour le paludisme, en utilisant un test de diagnostic fiable… Comme toujours, la réalité sur le terrain est plus complexe. Pendant des années, le conseil a été donné de traiter toutes les fièvres comme du paludisme, et changer ce dogme va probablement prendre du temps ».



pt/he/ail

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article
Participez à la discussion

It was The New Humanitarian’s investigation with the Thomson Reuters Foundation that uncovered sexual abuse by aid workers during the Ebola response in the Democratic Republic of Congo and led the World Health Organization to launch an independent review and reform its practices.

This demonstrates the important impact that our journalism can have. 

But this won’t be the last case of aid worker sex abuse. This also won’t be the last time the aid sector has to ask itself difficult questions about why justice for victims of sexual abuse and exploitation has been sorely lacking. 

We’re already working on our next investigation, but reporting like this takes months, sometimes years, and can’t be done alone.

The support of our readers and donors helps keep our journalism free and accessible for all. Donations mean we can keep holding power in the aid sector accountable, and shine a light on similar abuses. 

Become a member today and support independent journalism

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join