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A court d’argent plus que de nourriture

Farmer in northern Mali. Most people depend on what they can grow for food, cash and security.
(Nicholas Reader/IRIN)

 La crise alimentaire actuelle au Sahel s'apparente à une crise de pouvoir d’achat : des vivres sont disponibles sur les marchés, mais les ménages les plus pauvres n’ont pas les moyens de se les procurer. « Des transferts d’argent doivent être organisés immédiatement pour permettre aux familles d’acheter de la nourriture », a dit Bakari Seidou, conseiller en sécurité alimentaire pour Save the children UK.



Une productivité agricole limitée a contraint les plus pauvres – un tiers des ménages ruraux au Mali, en Mauritanie et au Niger – à dépendre de plus en plus des marchés plutôt que de leur propre production, même au cours des années normales. « Ils peuvent couvrir seulement un tiers de leurs besoins alimentaires grâce à leur production, sauf dans les zones plus fertiles du sud », a dit M. Seidou.



« Le marché est leur principale source alimentaire, mais ils ont besoin d’argent. Leur principale source d’argent (liquide) est leur travail : ils gagnent en moyenne 20 centimes [de dollars] par jour et par personne. Même s’il y a des vivres sur les marchés, ils n’ont pas les moyens de les acheter ».



Des études économiques qualitatives réalisées auprès des ménages par des organisations non gouvernementales et des systèmes nationaux d’alerte précoce de septembre 2007 à mai 2010 dans les régions rurales du Mali, de la Mauritanie et du Niger se sont intéressées à où et comment les ménages trouvaient leur nourriture ; à la source et le niveau de leurs revenus ; et à la proportion utilisée pour payer la nourriture et les services de base, tels que la santé et l’éducation.



Parmi les principaux résultats de ces enquêtes, l’on trouve :



Des inégalités de richesse significatives : dans les régions agricoles, les plus riches gagnent entre neuf et 15 fois plus que les plus démunis ; même s’ils représentent seulement 15 pour cent des ménages, les plus riches possèdent plus de la moitié des terres cultivées et du bétail.



Des pénuries alimentaires chroniques : les familles les plus pauvres sont incapables de couvrir leurs besoins alimentaires, en particulier durant la période de soudure de mai à août, et même au cours des années où une bonne pluviométrie entraîne une bonne production ; de plus, dans les zones agricoles, le régime alimentaire à base de céréales pauvre en protéines n’est pas suffisant sur le plan nutritionnel.
















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Une production agricole insuffisante
: les familles les plus pauvres ne gagnent pas assez d’argent ; plus de 50 pour cent des revenus des ménages proviennent du travail rémunéré de main d’œuvre, mais de nombreuses personnes n’ont pas de travail garanti localement et sont forcées de migrer ou de vendre leurs terres pour acheter de la nourriture et payer leurs dettes.



Plus de la moitié des revenus des plus pauvres vont dans l’alimentation : même dans les régions agricoles, les achats alimentaires engloutissent plus de la moitié des revenus de la famille ; toute augmentation du prix des denrées entraîne une diminution de la ration alimentaire des familles, qui consommeront des aliments de faible valeur nutritionnelle ou amputera ses dépenses d’éducation et de santé.



L’argent du bétail : les ventes de bétail constituent la principale source de revenus pour les familles les plus riches ; le lait des animaux contribue à fournir un régime alimentaire plus équilibré. Une étude récente menée par Save the children UK au Niger a montré que les propriétaires de bétail pouvaient avoir un régime alimentaire correct à un coût deux fois moins élevé que pour ceux qui n’avaient pas d’animaux.



clg/he/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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