« Nous avons lancé un projet d’aide aux agro-pasteurs des régions d’Hargeisa et d’Awdal [centre-ouest], au Somaliland, qui cible environ 318 000 personnes, soit 53 000 familles vivant dans 158 peuplements situés dans ces régions », a déclaré à IRIN Nadim Khouri, directeur du programme mené par le Fonds international de développement agricole (FIDA) au Proche-Orient et dans le nord de l’Afrique.
Selon le ministère de la Réinstallation, de la Réhabilitation et de la Réinsertion du Somaliland (MRRR), seuls 56 671 foyers d’éleveurs avaient été déplacés par la sécheresse en 2005, un nombre qui a augmenté, depuis lors, pour atteindre 92 373 en 2009.
« Plusieurs facteurs expliquent l’augmentation du nombre de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays [PDIP], notamment le rapatriement d’au moins 300 000 réfugiés [des pays voisins], qui avaient fui au cours des vingt dernières années, ainsi que les personnes récemment déplacées par les années de sécheresse consécutives qui ont touché l’ensemble du pays », a expliqué à IRIN Mohamed Diiriye, l’ancien directeur du ministère. « En outre, dans certaines zones, les conflits tribaux ont provoqué des déplacements plus importants, et de nombreux habitants sont partis chercher refuge dans les principaux centres urbains du Somaliland ».
Dans les agglomérations villageoises
Le projet du FIDA, qui s’inscrit dans le cadre d’un programme à long terme, mené par l’organisme au Somaliland sur plusieurs années, cible différentes catégories d’éleveurs et d’agro-pasteurs.
Selon M. Khouri, les ménages ciblés vivent dans des communautés comptant deux ou trois agglomérations villageoises ; ils pratiquent l’élevage de bétail, notamment de chameaux, de bovins, de moutons et de chèvres, ou l’agro-pastoralisme (culture mixte et élevage de bétail).
Les bénéficiaires du projet et le gouvernement ont accueilli favorablement l’intervention du FIDA.
« Le Somaliland reçoit environ 2 500 millimètres de précipitations par an, soit bien plus que les autres pays sahariens du nord de l’Afrique, mais notre problème, c’est que nous n’avons pas les capacités nécessaires pour conserver l’eau ; c’est pourquoi nous sommes heureux que ce projet ait été lancé ; c’est une évolution essentielle dont notre communauté avait besoin », s’est félicité Ali Abdi Odawa, directeur général de l’agriculture au Somaliland.
Selon le FIDA, les éleveurs ciblés dans le cadre du projet reçoivent des têtes de bétail, notamment des bœufs, des moutons et des chèvres, de races améliorées, qui leur permettront, à terme, d’augmenter le poids de leurs animaux et de les vendre à meilleur prix sur les marchés à bestiaux.
|
Photo: Mohamed Amin Jibril/IRIN ![]() |
| Mohamed Olhaye Nour, 60 ans, ne cultive plus son champ, à Abuda, à 24 kilomètres au sud-ouest d’Hargeisa, chef-lieu du Somaliland, depuis plus de vingt ans |
Le projet prévoit également l’amélioration des infrastructures et l’établissement de structures de santé communautaires, et de systèmes d’approvisionnement en eau salubre et d’assainissement dans les zones ciblées.
Les difficultés
Les éleveurs qui ont migré vers les régions urbaines continuent d’éprouver les difficultés qui vont de pair avec leur changement de style de vie, et leurs conditions économiques difficiles.
Asha Mohamed, âgée d’une soixantaine d’années, s’est installée à Hargeisa, chef-lieu du Somaliland, il y a six mois. « Je suis venue à Hargeisa après la mort de mes 100 moutons, tous décimés par la sécheresse, à Bildhale [au nord d’Hargeisa] », a-t-elle raconté, le 17 juin.
« Je vis désormais à Ayaxa 1 [un camp de PDIP situé dans le sud d’Hargeisa], mais je n’ai bénéficié d’aucune assistance ; seuls mes voisins m’aident, de temps en temps, en me donnant de la nourriture. Je suis venue ici [au siège du MRRR] pour obtenir des feuilles de plastique pour recouvrir ma hutte ».
Asha Mohamed avait appris que le ministère distribuerait des feuilles de plastique aux PDIP. Elle prévoit, a-t-elle dit, non pas de rentrer chez elle, mais de chercher, à Hargeisa, un autre moyen de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille.
« Si j’avais de l’aide, je pourrais vendre des tomates et des légumes, mais malheureusement, je n’ai pas de capital », a-t-elle déploré.
D’autres éleveurs déplacés par la sécheresse ont la chance d’être aidés par les membres de leur famille, une fois arrivés dans le chef-lieu. « Je suis arrivé à Hargeisa en 2009, après plusieurs années de sécheresse consécutives, qui ont détruit notre moyen de subsistance, dans notre région [Gabiley] ; depuis que j’ai commencé à travailler dans ce restaurant, je gagne au moins 20 000 shillings du Somaliland par jour [3,70 dollars], ce qui suffit à subvenir à mes besoins, parce que je ne paie pas de loyer : je vis chez un parent », a expliqué à IRIN Niman Hassan Dahir, serveur dans un petit restaurant traditionnel du chef-lieu, le 16 juin.
maj/js/mw/nh
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions
