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Les dissensions au sein du gouvernement, «une bonne nouvelle pour les insurgés»

An African Union peacekeeper guards the surrounding area of an AU controlled post in Mogadishu on April 1, 2010. Allegedly, Somalia's transitional government is gearing up for a major offensive against the Shabab, a militant Islamist group who now control Siegfried Modola/IRIN
An African Union peacekeeper guards the surrounding area of an AU controlled post in Mogadishu
Les désaccords de plus en plus marqués entre les leaders somaliens pourraient affaiblir le gouvernement de transition et remettre en cause sa capacité à gérer les problèmes auxquels le pays est confronté, qu’ils soient liés aux insurrections ou aux crises humanitaires, d’après des observateurs et des sources de la société civile.

« Ces dissensions intérieures sont une mauvaise nouvelle non seulement pour le TFG [Gouvernement fédéral de transition], mais aussi pour ceux qui avaient espéré qu’il résoudrait certains de leurs problèmes », a dit Ibrahim Sheikh Hassan, ancien professeur de droit. « Mais c’est une bonne nouvelle pour les insurgés. »

Les groupes islamistes al-Shabab et Hizbul Islam ont apparemment pris le contrôle de nouvelles zones ces dernières semaines, ce qui reflète « la faiblesse et les divisions du gouvernement, et non la force des insurgés. »

Le 16 mai, Adan Madobe, président du Parlement, a déclaré que la Chambre avait retiré sa confiance au gouvernement du Premier ministre Omar Abdirashid. Cela signifie, a-t-il ajouté, que légalement, le gouvernement n’est plus en fonction. Cependant, des députés opposés à M. Madobe ont dit que son mandat avait expiré, et qu’il n’était donc plus habilité à parler au nom du Parlement.

« Le gouvernement n’est pas menacé d’effondrement ; ce qui se passe [actuellement] a fait mauvaise impression, rien de plus », a dit à IRIN, le 17 mai, Madobe Nuunow, ministre des Affaires constitutionnelles et allié parlementaire de M. Abdirashid.

L’« ancien » président [Adan Madobe], a-t-il ajouté, sème la confusion. « Son mandat a pris fin, et il devrait respecter la loi », a dit le ministre.

Le jour où cette confusion est apparue au Parlement, au moins 30 personnes ont été tuées et 100 autres blessées dans des affrontements entre les insurgés et les forces du gouvernement, d’après des sources de la société civile.

A woman walks through a street on April 4, 2010 in the capital Mogadishu. Over the years hundreds of thousands of Somalis have fled to neighbouring countries. More than one million people, in a nation the UN estimates to be nine million, are internally di
Photo: Siegfried Modola/IRIN
Une femme marchant dans une rue de Mogadiscio : depuis janvier, l’escalade de violence dans le sud et le centre de la Somalie a forcé environ 200 000 Somaliens à quitter leurs foyers, d’après l’UNHCR
Divisions internes

Un analyste de la région basé à Nairobi, qui a souhaité garder l’anonymat, a dit que la crise en Somalie avait fait éclater au grand jour certaines des divisions internes qui paralysaient le TFG depuis l’année dernière.

« La fin de la transition approche à grands pas, et à moins que les institutions fédérales de transition ne fassent de réels progrès au cours des prochains mois, elles seront confrontées à une crise encore plus grave », a-t-il dit à IRIN.

Les effets combinés du conflit, de la sécheresse et de l’hyperinflation ont provoqué une crise humanitaire en Somalie, et les travailleurs humanitaires estiment que plus de trois millions de Somaliens ont besoin d’assistance. En outre, plus d’un million de personnes sont déplacées en raison des affrontements incessants entre les groupes armés.

Depuis janvier, l’escalade de violence dans le sud et le centre de la Somalie a forcé environ 200 000 Somaliens à quitter leurs foyers, d’après le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). La grande majorité de ces personnes restent dans leur pays car il devient de plus en plus dangereux de traverser les frontières.

D’autre part, les insurgés continuent à gagner du terrain et à menacer le gouvernement reconnu par la communauté internationale, d’après une source de la société civile, qui a noté qu’al-Shabab et Hizbul Islam avaient pris le contrôle d’une grande partie du sud et du centre de la Somalie au cours de l’année dernière.

« Au lieu d’organiser la résistance autour d’une administration en situation d’échec, il [le Premier ministre] devrait saisir l’occasion de former une administration plus efficace et plus inclusive, en se délestant du bois mort et en se tournant vers d’authentiques représentants des communautés locales et des forces politiques de toute la Somalie », a ajouté cette personne.

Selon M. Nuunow, la scission n’a de scission que le nom, « et le Président et le Premier ministre parlent d’une seule voix. »

Cependant, Suleiman Mohamed Ibrahim, un député allié du Président du Parlement, n’est pas du même avis : « [il existe] une scission très grave, et le gouvernement a cessé d’exister hier lorsqu’il a perdu le vote de confiance », a-t-il dit. D’après lui, la solution à l’impasse actuelle est entre les mains du Président. « Il devrait nommer un nouveau Premier ministre et un nouveau cabinet, et mettre fin à cette situation qui n’a pas de sens. »

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This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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