The New Humanitarian Annual Report 2021

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Peu nombreux, mais source de terreur

The presence of UN peacekeepers and government troops in the northern DRC town of Niangara has drawn thousands of civilians displaced by Lord's Resistance Army rebels. The LRA killed up to 500 people in northern DRC between January and May 2010 and prompt
(Anthony Morland/IRIN)

Elles ne comptent peut-être qu’une centaine d’hommes, d’enfants et d’adolescents, mais les unités de l’Armée de résistance du seigneur (LRA) dispersées dans les forêts du nord-est de la province Orientale, en République démocratique du Congo, ont tout de même réussi à faire fuir quelque 318 000 personnes. Celles-ci ont abandonné leur foyer et leurs terres pour l'asile incertain qu’offrent les centres urbains.



Les habitants ont raison d’avoir peur, car la brutalité extrême fait partie de la stratégie de survie de ce groupe de rebelles du nord de l’Ouganda. Depuis décembre 2007, la LRA a déjà fait près de 2 000 victimes dans la province Orientale, essentiellement dans les districts du Haut et du Bas-Uélé.



Manquant de lignes d'approvisionnement et largement dispersés depuis une attaque aérienne bâclée en décembre 2008, les combattants de la LRA opèrent séparément, par petits groupes mobiles qui vivent de la terre, c’est-à-dire de ce que la population locale produit. Comme ces populations ne sont pas enclines à partager le peu qu’elles ont avec des partisans d’une rébellion dont les enjeux ne les concernent pas, elles sont contraintes de fuir.



« La violence de ses attaques [de la LRA] et les souffrances qu’elle cause sont destinées à intimider les villageois pour les contraindre à se taire et à ne pas donner aux autorités les informations dont elles ont besoin pour mener une campagne contre-insurrectionnelle. Les rebelles cherchent aussi à faire fuir les civils pour se déplacer sans risquer d’être repérés », a indiqué International Crisis Group dans un rapport sur la LRA publié récemment.



Il est difficile d’expliquer aux victimes de ces violences la logique brutale et calculée de leurs bourreaux.



« Que peut-on dire à une femme qui s’est fait couper les lèvres et les oreilles sans aucune raison ? », a dit le Coordinateur des secours d'urgence des Nations Unies, John Holmes, à la suite d’une visite dans la ville de Niangara, dans le Haut-Uélé, le centre géographique de l’Afrique. M. Holmes a fait une tournée des zones les plus troublées de la RDC.



Il a également dit aux journalistes que les Nations Unies enquêtaient actuellement sur des informations faisant état du massacre, en février 2010, d’une centaine de personnes dans le village de Kpanga. Si ces allégations s’avéraient fondées, le nombre de victimes de la LRA s’élèverait à plus de 500 pour cette année seulement.



Selon les données compilées par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), le nombre d’attaques dans les districts du Haut et du Bas-Uélé est passé de sept, en février, à 19 en mars.













Local government officials and civil society leaders in the northern DRC town of Niangara wait for the UN Emergency Relief Coordinator, John Holmes, to tell him about the devastating effects of the presence in the area of the Lord’s Resistance Army, a b

Anthony Morland/IRIN
Local government officials and civil society leaders in the northern DRC town of Niangara wait for the UN Emergency Relief Coordinator, John Holmes, to tell him about the devastating effects of the presence in the area of the Lord’s Resistance Army, a b
http://www.irinnews.org/photo.aspx
Mardi, mai 4, 2010
Peu nombreux, mais source de terreur
Local government officials and civil society leaders in the northern DRC town of Niangara wait for the UN Emergency Relief Coordinator, John Holmes, to tell him about the devastating effects of the presence in the area of the Lord’s Resistance Army, a b


Photo: Anthony Morland/IRIN
Pouvez-vous nous aider ? – Dans le nord de la RDC, des responsables attendent d’expliquer l’impact brutal de la présence de la LRA au responsable des affaires humanitaires des Nations Unies, John Holmes

Série de violences




De son côté, le gouvernement de la RDC, qui à l’approche des élections prévues en 2011 souhaite démontrer qu’il exerce le contrôle sur son vaste territoire, a décrit des rapports faisant état de massacres perpétrés par la LRA comme étant exagérés, un stratagème des travailleurs humanitaires pour justifier leur présence.



Cette vision n'est pas partagée à Niangara, où des responsables ont discuté avec M. Holmes de l’absence de sécurité, des maigres réserves de nourriture et de l'inexistence des communications dans la région.



Contrairement à de nombreuses villes du pays, Niangara est dépourvue de réseau de téléphonie mobile, ce qui signifie qu’il est impossible de donner l’alarme en cas d’attaque. La ville est difficilement accessible par la route.



« [On assiste à] des meurtres, des viols, des déplacements forcés, [on voit] des écoles désertées, des incendies criminels, des mutilations de toutes sortes… », a dit le représentant de la société civile Floribert Tongole pour expliquer à la délégation de M. Holmes les multiples conséquences de la présence de la LRA.



« Chaque semaine, il y a de nouvelles attaques. Il y en a eu jusqu’à sept à Niangara seulement », a-t-il ajouté.



D’après M. Tongole, les combattants de la LRA se trouvent à quelques kilomètres à peine de la ville. « La semaine dernière, ils ont coupé les lèvres d’une femme », a-t-il ajouté.



Selon d’autres habitants de Niangara, trois rebelles de la LRA auraient été arrêtés le 1-2 mai après être tombés entre les mains de résidents.



« Nous ne pouvons pas nous rendre sur nos terres parce que nous craignons les rebelles », a dit un habitant de Niangara à IRIN.



« Plusieurs personnes déplacées sont hébergées par des familles hôtes et partagent leur nourriture, ce qui signifie qu’il ne leur reste plus grand chose », a-t-il ajouté.



« [Le chef de la LRA] Joseph Kony est-il plus puissant que les Nations Unies ? », a demandé une représentante des femmes de Niangara lors de la rencontre avec M. Holmes.



La mission des Nations Unies en RDC (MONUC) estime à une centaine le nombre de combattants de la LRA dans la province Orientale. Une autre centaine de rebelles, parmi lesquels Joseph Kony lui-même, se cacherait en République centrafricaine. D’autres seraient au Sud-Soudan.



Même avec aussi peu de combattants, la LRA a rendu la région dangereuse. Les travailleurs humanitaires ne peuvent venir en aide à environ un tiers des personnes déplacées dans les districts du Haut et du Bas-Uélé.



« C’est du terrorisme à l’état pur. Le nombre [de combattants] ne veut rien dire. Ce qui compte, c’est leur capacité à faire du tort à la population locale », a dit un travailleur humanitaire du Haut-Uélé.














































Armée de résistance du seigneur (LRA) – Dates clés
1986Création, dans le nord de l’Ouganda, des Holy Spirit Mobile Forces, dirigées par Alice Lakwena, qui déclarent la guerre au nouveau gouvernement de Yoweri Museveni
1987-88Mme Lakwena est défaite et se réfugie au Kenya. Le catéchiste Joseph Kony recrute les forces restantes pour former ce qui deviendra la LRA
1993-94En représailles pour le soutien accordé par M. Museveni aux rebelles sud-soudanais, le Soudan appuie la LRA
2001Le gouvernement américain ajoute la LRA à la liste des organisations terroristes
2002Au Sud-Soudan, l’armée ougandaise lance l’opération « Poing d’acier » pour détruire les bases de la LRA
2005La Cour pénale internationale émet des mandats d’arrêt contre Joseph Kony et quatre des principaux dirigeants de la LRA
2006Début des pourparlers de paix entre le gouvernement ougandais et la LRA, sous la médiation du gouvernement sud-soudanais, à Juba, au Soudan
avril 2008Les pourparlers sont suspendus jusqu’à nouvel ordre suite au refus de Joseph Kony de signer un accord final
décembre 2008Les Forces armées ougandaises prennent la tête d’un raid aérien contre le camp principal de Joseph Kony dans le nord-est de la RDC. L’attaque est un échec et les représailles de la LRA font près de 2 000 victimes au cours des 16 mois suivants

Problème de coordination




Il a ajouté que l’absence de coordination entre les diverses forces armées présentes dans la province Orientale – la MONUC, qui joue un rôle indirect dans le contrôle des rebelles, l’armée congolaise, dont les 6 000 soldats déployés dans le Haut-Uélé sont mal entraînés et débordés, et l’armée ougandaise, qui a dirigé l’opération de décembre 2008 – profitait à la LRA.



L’invitation des forces ougandaises par le gouvernement congolais est arrivée à échéance en mars 2009 et seuls quelques « officiers de renseignement » ont maintenant le droit d’être en RDC. On estime toutefois qu’entre 1 000 et 3 000 soldats y sont toujours déployés.



Selon un officier de haut-rang de la MONUC avec qui s’est entretenu IRIN à Niangara, la mission n’entretient aucun contact avec l’armée ougandaise dans la province Orientale. Il a ajouté que les forces des Nations Unies apportaient leur soutien à l’armée congolaise en termes de logistique, de transport, de formation et d’approvisionnement en vivres et en carburant.



D’après OCHA, les soldats congolais ne sont pas toujours au service du bien. Ils sont parfois « responsables de violations des droits humains telles que l’extorsion de vivres et d’autres biens et le travail forcé ».



En outre, ils ne parviennent pas toujours à dissuader efficacement les mouvements de la LRA. Dans un résumé de la situation humanitaire dans la province Orientale paru en mars, OCHA indique que les « soldats congolais sont incapables de faire cesser les incursions répétées [de la LRA] dans les villes, qu’ils préfèrent attribuer à des bandits locaux ».



Et maintenant ?



Se débarrasser de M. Kony semble être la priorité des autorités ougandaises. À Niangara, M. Holmes a lui-même parlé de la nécessité de « neutraliser Kony et ses collègues » vu les refus répétés du chef de la LRA de signer un accord de paix.



Dans son rapport, International Crisis Group décrit la LRA comme un « groupe de guérilla sans cause et sans base fixe dont la principale préoccupation est la survie au jour le jour », mais tire la sonnette d’alarme face à de tels objectifs rigoureusement militaires.



Même si « le niveau de coordination et de cohésion au sein de la LRA est généralement faible... [et] que l’organisation comme telle pourrait bientôt s'effondrer… les individus et les groupes se sont montrés extrêmement résistants ».



« Même si la LRA devait se désintégrer de plus belle et que l’armée parvenait à tuer ou à capturer [M.] Kony, il reste un sérieux risque que des groupes isolés de combattants continuent de faire souffrir des civils dans l’ensemble de la région », indiquait le rapport.



am/cb/gd/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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