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Parler du changement climatique

A man makes charcoal from a recently felled tree in the Turkana region of northwestern Kenya. As drought, disease, armed conflict and lack of development render the pastoralist lifestyle ever less viable, people are turning to other ways of eking out a li
(Anthony Morland/IRIN)

Dieu, et non pas les émissions mondiales de gaz carbonique (CO2), est tenu pour responsable du changement climatique, d’après une enquête menée dans 10 pays africains. Cependant, la deuxième réponse, qui suivait de près la première, était la déforestation, ce qui indique que l’information est bien disponible, mais qu’elle n’est tout simplement pas suffisante ou pas assez efficace pour permettre aux populations de comprendre les causes des phénomènes environnementaux.



« [Dieu] punit les gens parce que nous nous comportons mal. Il montre sa force par les ouragans et les tempêtes », a dit une jeune femme sénégalaise interrogée par le BBC World Service Trust qui, en collaboration avec le British Council, a lancé le 17 mars le projet Africa Talks Climate à Nairobi.



Les résultats ont été obtenus à partir d’entretiens menés en 2009 avec plus de 1 000 citoyens et 200 décideurs politiques, leaders d’opinion, professionnels des médias et hommes et femmes d’affaires en Afrique du Sud, Ethiopie, Ghana, Kenya, Nigeria, Ouganda, République démocratique du Congo, Sénégal, Soudan et Tanzanie.



Caroline Nursey, directrice du BBC World Service Trust, a fait un parallèle entre ce manque d’information et l’inadéquation de la stratégie de communication adoptée initialement pour lutter contre le VIH/SIDA : « Au départ, les mesures prises au niveau mondial pour communiquer efficacement sur l’épidémie de VIH/SIDA étaient lentes et souvent inadaptées aux besoins locaux. Les médias ont joué un rôle critique dans la lutte contre le VIH et le sida en Afrique, et doivent être soutenus pour pouvoir en faire de même dans le cas du changement climatique. »



Raila Odinga, Premier ministre du Kenya, a dit qu’une initiative telle que le projet Africa Talks Climate était utile pour encourager les gouvernements et les médias à trouver des moyens de faire comprendre aux populations africaines pourquoi elles souffrent des effets planétaires du changement climatique, qui résulte des émissions de CO2 à l’échelle mondiale, et non d’une sorte de châtiment divin.



« Les citoyens ordinaires ne savent pas. Nous n’avons pas réussi à informer nos citoyens sur les effets et les causes du changement climatique », a dit le Premier ministre.



« Les Africains sont majoritairement victimes, et non coupables, et ils doivent savoir. Mais à ce stade, il importe peu de savoir qui est victime et qui est coupable, parce que nous partageons tous la responsabilité d’agir pour atténuer les effets du changement climatique ».












[Kenya] Wangari Maathai, the 2004 Nobel peace price winner for her contribution to sustainable development, democracy and peace, on the fourth day of the World Social Forum held in Nairobi, Kenya, 23 January 2007.

Wangari Maathai, prix Nobel de la paix, a appelé de ses vœux la mise en place de cadres juridiques favorisant les politiques environnementales (photo d’archives)
Siegfried Modola/IRIN
[Kenya] Wangari Maathai, the 2004 Nobel peace price winner for her contribution to sustainable development, democracy and peace, on the fourth day of the World Social Forum held in Nairobi, Kenya, 23 January 2007. ...
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Mercredi, janvier 24, 2007
Parler du changement climatique
[Kenya] Wangari Maathai, the 2004 Nobel peace price winner for her contribution to sustainable development, democracy and peace, on the fourth day of the World Social Forum held in Nairobi, Kenya, 23 January 2007. ...


Photo: Siegfried Modola/IRIN
Wangari Maathai, prix Nobel de la paix, a appelé de ses vœux la mise en place de cadres juridiques favorisant les politiques environnementales (photo d’archives)

D’après M. Odinga, le gouvernement kényan a à cœur d’apporter une réponse aux effets du changement climatique dans le pays, et d’aider les millions de personnes qui sont en situation d’insécurité alimentaire à cause des sècheresses, des famines, des inondations et d’autres catastrophes naturelles.



Le gouvernement kényan a, entre autres initiatives, entrepris de planter 7,6 millions d’arbres d’ici 2020, avec le soutien des gouvernements français et américain, afin de faire passer le couvert forestier de deux à 10 pour cent.



« Nous voulons que le Kenya accueille le prochain sommet des nations vulnérables au changement climatique avant l’automne 2010. Cet événement inciterait les leaders des autres pays à ouvrir les yeux et à comprendre que les efforts communs et la collaboration sont indispensables à la réussite, ouvrant ainsi la porte à des négociations plus satisfaisantes lors du prochain sommet sur le changement climatique, qui se tiendra au Mexique en octobre 2010 », a dit M. Odinga.



Politique environnementale



Wangari Maathai, prix Nobel de la paix, a appelé les leaders politiques à prendre des mesures immédiates pour réduire la vulnérabilité au changement climatique, en mettant en place des cadres juridiques ad hoc favorisant les politiques environnementales, qui sont encore inexistantes dans de nombreux pays, en particulier en Afrique.



« Des milliards de dollars ont déjà été investis pour faire face aux effets du changement climatique sur nos populations. Beaucoup de pays africains n’ont peut-être pas de fonds à allouer, mais il nous appartient de nous montrer dignes de confiance, de façon à ce que d’autres gouvernements soient prêts à nous apporter leur soutien. Et je suis convaincue qu’ils le feront », a-t-elle dit.



« Le changement climatique affecte considérablement l’Afrique », a-t-elle dit, rappelant au public que 15 des 20 pays les plus vulnérables au changement climatique sont situés en Afrique, d’après la Banque mondiale.



« Nous devons trouver la bonne méthode pour faire connaître [aux Africains] les raisons de cette situation », a-t-elle dit. « Trouver les moyens les plus appropriés pour toucher les gens et s’adresser à eux dans leur propre langue sont des éléments clés », a-t-elle dit.



« Nous devons simplifier les messages et faire comprendre aux gens que nos actions ont un impact sur l’environnement », a dit M. Odinga.



« Les discours sur les questions environnementales ont la réputation de ne pas être vendeurs. Nous devons dépasser cette croyance et comprendre qu’il est nécessaire d’en parler davantage. Le changement climatique est tout à fait vendeur, mais il doit faire l’objet d’une communication simple et plus pertinente, de façon à ce que les messages soient accessibles », a dit Sam Otieno, chercheur au BBC World Service Trust.



cp/mw/il/ail

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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