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Un besoin urgent d’agir pour éviter une catastrophe

Young girls near the watering point of Makanga village, north of Tanout in Southern Niger
Young girls near the watering point of Makanga village, north of Tanout in Southern Niger (Anne Isabelle Leclercq/IRIN)

Une grave crise alimentaire et nutritionnelle se profile au Niger, d’après les organisations humanitaires.



Au niveau national, plus de 20 000 enfants de moins de cinq ans sont traités pour malnutrition, et au moins 200 000 autres sont exposés à un risque de malnutrition aiguë sévère, d’après le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).



« Il suffit d’aller sur le terrain pour se rendre compte qu’il faut agir maintenant », a dit à IRIN le docteur Touré Kalil Hamadoun, responsable terrain de Médecins sans frontières (MSF) à Zinder, région du sud du Niger qui présente le deuxième taux, dans le pays, d’enfants ayant un rapport poids taille insuffisant, d’après une enquête menée par le gouvernement en décembre 2009.



Les ménages sont de plus en plus nombreux à vendre leurs plus belles bêtes, à diminuer les quantités de nourriture, à manger des aliments destinés aux animaux ou à ramasser et vendre tout ce qui peut servir de fourrage ou de bois de chauffage, d’après des officiels locaux et le système national d’information sur les ventes de bétail.



L’accès à la nourriture, plutôt que sa disponibilité, semble devoir être le principal problème en 2010, d’après l’organisation américaine de surveillance de la famine, FEWS NET.



Les besoins sont urgents et la réponse doit être immédiate, a dit Modibo Traoré, chef de mission d’OCHA au Niger. « Tout prend du temps : [l’acheminement de l’aide] est long et difficile et il faut [des semaines] avant que ça arrive sur place ».



Hausse des prix alimentaires, baisse des revenus



Dans certaines zones du sud, les prix de la nourriture et du fourrage ont augmenté d’environ 30 pour cent en 2009, d’après l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et la nourriture (FAO) et l’ONG (organisation non gouvernementale) belge AQUADEV.



En outre, les revenus de mars ont été divisés par deux par rapport à ceux de septembre, car les agriculteurs sont plus nombreux à être en concurrence pour des offres de travail de plus en plus rares, d’après FEWS NET.



« Il faut… assurer… l’accès aux aliments. Nous ne sommes même pas encore en période de soudure », a dit à IRIN le docteur Aboubacar Mahamadou, directeur adjoint de la nutrition au ministère de la Santé, faisant référence à la saison des plantations, de juin à septembre, durant laquelle les récoltes de la saison précédente étant pour la plupart épuisées, les ménages attendent la récolte suivante, qui a lieu en octobre.
















Historique
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Interventions



Le Programme alimentaire mondial (PAM) prévoit d’effectuer des distributions alimentaires ciblées, appelées ‘blanket feeding’, – plusieurs mois plus tôt que d’habitude si nécessaire – à destination de 500 000 enfants âgés de six à 23 mois dans 20 des communautés les plus en difficulté.



« Si on regarde la cartographie des interventions pour l’instant, on s’aperçoit que ce sont des gouttes d’eau dans la mer », a dit à IRIN Doumbaye Djimadoumngar, chef du sous-bureau du PAM à Zinder.



OCHA a estimé qu’il faudrait mobiliser plus de 200 millions de dollars pour couvrir 60 pour cent des besoins alimentaires de Zinder avant la prochaine récolte et poursuivre les activités de nutrition.



Le service d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO) a annoncé l’octroi d’une enveloppe supplémentaire de près de 27 millions de dollars pour lutter contre la malnutrition au Niger et dans les pays voisins du Sahel. Le montant exact qui reviendra au Niger sera déterminé dans les prochains mois. L’année dernière, ECHO avait alloué au Niger une aide de 17,7 millions de dollars.



Le gouvernement britannique a récemment annoncé le déblocage d’un fonds d’urgence pour le Niger. Ce financement vient s’ajouter aux 81 millions de dollars d’aide d’urgence apportés par la Commission européenne, la Banque islamique de développement et les gouvernements du Japon, d’Espagne et des Etats-Unis.



ail/pt/cb/il


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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