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De nouvelles fosses communes à Jos

Volunteers arrange dead bodies in a mass grave at Naraguta Cemetery along Bauchi Road in northern part of Jos on Thursday
(Aminu Abubakar/IRIN)

Dans la ville de Jos, à 350 kilomètres d’Abuja, la capitale nigériane, des centaines de personnes ont été enterrées dans des fosses communes après que des hommes armés de machettes se soient introduits dans des villages pour attaquer les résidents à trois heures du matin (heure locale) le 7 mars.



« Il y a eu une inhumation en fosse commune hier soir [7 mars], organisée par le gouvernement de l’Etat sous haute sécurité. Aucun habitant n’était autorisé à s’approcher de la fosse commune pendant l’enterrement, et l’accès au cimetière était barré par un cordon de soldats », a dit Fidelis Tawkek à IRIN.



« Il y a une forte présence militaire dans la région : trois camions de soldats et deux voitures blindées ont été déployés pour [empêcher] une escalade de violence », a dit à IRIN, le 8 mars, Shamaki Gad Peter, de la Ligue pour les droits humains, une ONG (organisation non gouvernementale) locale. D’après lui, les villageois ont dénombré 202 cadavres.



M. Peter a dit que les attaques étaient « bien coordonnées et indiscriminées, car elles ont été lancées simultanément, et des femmes, des enfants et des handicapés ont été attaqués à la machette puis brûlés. »



Au milieu de la nuit



« Des centaines de gardiens de troupeaux fulanis [un groupe ethnique essentiellement nomade] ont envahi notre village [Dogo Nahawa] et deux villages voisins, Zot et Ratsat. Ma femme et deux de mes enfants ont été tués dans l’attaque », a dit Peter Gyang à IRIN. « Les attaquants ont tiré des coups de feu juste pour effrayer les gens et les faire sortir de leurs maisons, puis ils les ont massacrés à la machette avant de les brûler. »



Un autre résident, Yusuf Alkali, a dit à IRIN qu’il pensait que les attaques étaient des représailles liées aux violences de janvier, qui ont fait des centaines de morts chez les bergers nomades fulanis.



« Il est évident que les attaques étaient des représailles liées au raid mené lors des violences de janvier par des jeunes beroms [groupe ethnique majoritairement chrétien] dans les campements fulanis dans la région, au cours duquel des dizaines de nomades, dont des femmes et des enfants, avaient été tués, et des centaines d’animaux [volés] », a dit M. Alkali.



Pourquoi ?















Les racines de la violence
 L’inaction ouvre la voie à de nouvelles effusions de sang – observateurs
 Le gouvernement intervient pour remédier aux conflits entre éleveurs nomades et cultivateurs

D’après Green Shield of Nations, une ONG locale luttant contre la désertification dans le nord du Nigeria, cette région compte environ 15 millions de gardiens de troupeaux.



La réduction des terres cultivables, le charcutage électoral et l’impunité ont accentué les risques de violence, exposant l’Etat du Plateau à des violences récurrentes, d’après le gouvernement et des organisations de défense des droits humains.



Les auteurs de violences sectaires font rarement l’objet de poursuites pénales, selon Human Rights Watch. La police locale a dit que plus de 300 personnes arrêtées après les massacres de janvier étaient toujours en garde-à-vue à Jos et Abuja à la fin du mois de février.



Le gouvernement poursuit le processus de démarcation de réserves de pâturage dans les Etats de Katsina et Bauchi, dans le nord du pays, afin de venir à bout des affrontements meurtriers entre nomades et agriculteurs au sujet des pâturages cultivables, qui sont de plus en plus réduits en raison de la mauvaise qualité des semences et des sols.



Depuis que des routes à bétail ont été tracées, il y a plusieurs années, dans l’Etat de Jigawa, dans le nord – une zone particulièrement conflictuelle pendant longtemps – le nombre de conflits est passé de 20 par an en moyenne à seulement trois en 2009, à dit le directeur des services d’élevage de cet Etat en octobre 2009 à IRIN.



Déplacés à nouveau



La plupart des quelque 20 000 personnes déplacées durant les violences de janvier ont quitté les neuf camps qui avaient été installés pour les accueillir à Jos.



D’après Auwalu Mohammed, directeur de la Croix-Rouge à Jos, « le nombre de déplacés dans ces camps a diminué de manière significative, puisque aujourd’hui, [ils ne sont] pas plus de 6 000. »



Les travailleurs humanitaires évaluent actuellement le nombre de personnes déplacées par les violences du 7 mars.



pt/aa/he/il 

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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