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L’hôpital a désespérément besoin de spécialistes

A young man injured in the fighting in Mogadishu recovering at Medina hospital Yasmin Omar/IRIN
A young man injured in the fighting in Mogadishu recovering at Medina hospital
Alors que le conflit se poursuit en Somalie, l’hôpital principal de Mogadiscio, la capitale, manque de spécialistes en orthopédie capables de traiter le nombre croissant de patients souffrant de fractures, a dit un médecin.

« Actuellement, la plupart des patients présentant les blessures les plus graves sont jeunes ; 30 d’entre eux ont besoin d’un traitement spécialisé qui n’est pas disponible dans le pays », a dit à IRIN Mohamed Yusuf, directeur général de l’hôpital Madina. « Depuis 2009, nous avons vu des centaines de patients ayant besoin d’un traitement orthopédique, mais très peu d’entre eux ont les moyens de payer un traitement spécialisé ; 98 pour cent des patients sont trop pauvres ».

Mogadiscio est la ville de Somalie la plus touchée par les combats, qui opposent un groupe d’opposition islamiste aux troupes du gouvernement. Le pays est en conflit depuis 1991, date à laquelle le président Siad Barre a été renversé. Bien qu’un gouvernement de transition ait été mis en place, les affrontements continuent à Mogadiscio, ainsi que dans des zones du sud et du centre du pays.

D’après M. Yusuf, 95 pour cent des patients traités à Madina ont été victimes de coups de feu ou de tirs d’artillerie. Parmi eux, 45 pour cent ont des membres blessés ; neuf pour cent sont blessés au niveau de la poitrine, huit pour cent à la tête et huit pour cent au niveau du ventre.

Dr. Mohamed Yusuf, the director-general of Madina hospital
Photo: Abdi Hassan/IRIN
Mohamed Yusuf, directeur général de l’hôpital Madina
« Nous traitons et opérons parfois ceux qui sont blessés au ventre, mais les blessures au niveau des jambes sont difficiles à traiter ici car nous n’avons pas d’orthopédiste expérimenté capable de reconstruire les os fracturés », a dit M. Yusuf. « Les cas les plus difficiles sont ceux où une balle a atteint l’os, provoquant une fragmentation. Pour reconstruire, il faut alors utiliser un métal spécial, mais pour le moment, le pays ne compte aucun médecin spécialisé dans ce secteur ».

D’après M. Yusuf, le Comité international de la Croix-Rouge est la principale organisation soutenant Madina et fournissant des médicaments, mais les médecins spécialistes restent rares : « Les seuls médecins étrangers exerçant ici viennent du Qatar, et ils travaillent en maternité ».

Par ailleurs, M. Yusuf a dit que le nombre d’enfants blessés augmentait. Selon lui, la plupart d’entre eux ont été victimes de tirs de mortiers, et à cause de l’absence d’expertise orthopédique, beaucoup finissent par devenir handicapés.

Habiba Ahmed, 41 ans, mère d’un garçon de neuf ans souffrant de blessures rachidiennes, a dit à IRIN : « Mon enfant souffre depuis près de quatre mois maintenant, il lui manque des bouts d’os ; il a été blessé lorsqu’un tir de mortier a touché notre maison. Je suis venue à l’hôpital de Madina pour le faire soigner, mais on me dit qu’il a besoin d’un traitement à l’extérieur du pays, ce que je n’ai pas les moyens de payer. Mon fils reste handicapé ».

En 2009, d’après un rapport publié le 21 janvier par Amnesty International, des attaques indiscriminées menées par toutes les parties au conflit ont provoqué la mort de milliers de civils et le déplacement de centaines de milliers d’autres.

Les Nations Unies estiment qu’au moins 1,5 million de Somaliens sont déplacés, tandis que 3,7 millions ont besoin d’une aide humanitaire.

yos-mhm/js/mw/il/ail

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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