Les enfants – tous âgés de 15 ans ou moins – ont été emmenés dans un centre de détention de Bauchi le 10 janvier, après avoir passé 12 jours en garde-à-vue au poste de police, a dit à IRIN Adamu Abubakar, directeur de la Croix-Rouge nigériane (CRN) à Bauchi.
« Les 11 enfants sont détenus malgré nos protestations. Nous avons proposé de retrouver leurs parents et de les réunir, mais notre suggestion a été rejetée par les autorités de police », a dit à IRIN M. Abubakar.
« Notre inquiétude est que ces 11 enfants soient considérés comme des suspects, ce qui signifierait qu’ils devraient comparaître devant les tribunaux », a-t-il continué.
Le personnel judiciaire étant actuellement en grève à Bauchi, les tribunaux sont fermés, ce qui, selon M. Abubakar, pourrait prolonger la détention des enfants.
D’après lui, le 8 janvier, la police a amené 12 enfants de plus à la CRN, qui a fait le nécessaire pour qu’ils puissent retrouver leurs parents.
Atiku Kafur, commissaire de police de l’Etat de Bauchi, a dit à IRIN : « En ce qui nous concerne, nous les considérons [les enfants] comme des suspects, et ils comparaîtront devant le tribunal lorsque la grève [du personnel] judiciaire sera terminée… Le fait qu’ils soient mineurs ne signifie pas qu’ils ne doivent pas être confrontés à la justice. Si un enfant commet un meurtre, il doit être poursuivi, même si la sanction sera différente de celle appliquée à un adulte ».
Le 29 décembre, des affrontements meurtriers ont éclaté entre les deux factions de la secte islamique Kala-Kato, après que son chef spirituel a appelé de ses vœux la mort des membres d’un groupe dissident.
Des enfants tués, déplacés
Le 31 décembre, des gardiens de la morgue de l’hôpital de Bauchi ont dit à IRIN qu’ils avaient reçu 67 corps de personnes tuées lors des violences, dont 22 enfants et trois femmes. D’après la police locale, le bilan est de 38 morts, tandis que selon la CRN, 40 personnes ont perdu la vie.
Face au grand nombre de femmes et d’enfants affectés par les violences, Civil Rights Congress, un groupe de défense des droits basé à Kaduna, a demandé qu’une enquête soit menée sur les meurtres extrajudiciaires commis par les agents de sécurité nigérians.
Les organisations de défense des droits condamnent depuis longtemps ce qu’elles qualifient de violences excessives commises par les forces de sécurité dans le cadre de la répression des affrontements sectaires, qui sont courants dans le pays.
« Nos hommes ont dû avoir recours, dans une certaine mesure, à la force pour répondre à la résistance des membres de la secte, et ils ont ainsi tué certains de ses membres, dont son dirigeant », a dit à des journalistes Atiku Kafur, commissaire de police de l’Etat de Bauchi.
La CRN estime que 65 personnes dont les maisons ont été détruites s’abritent actuellement chez le chef du district de Gwallaga, à Bauchi, 48 étant des enfants qui ont perdu un parent lors des affrontements.
aa/aj/cb/il/ail
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions