« De telles plaintes sont totalement infondées ! Totalement infondées », a dit Mitiku Kasa, ministre de la Gestion des catastrophes et de la sécurité alimentaire, ajoutant qu’il avait examiné l’affaire.
« Le gouvernement n’a aucunement l’intention de discriminer les pauvres en se fondant sur de tels motifs. Après tout, c’est la communauté [qui] est mandatée pour sélectionner qui doit être concernée par le [dispositif de sécurité de la production ou le] programme [vivres contre travail] », a-t-il dit.
« Le programme cible la communauté et le gouvernement n’est pas impliqué dans le processus de sélection. Le programme n’a rien à voir avec la politique ou l’idéologie politique. Il appartient intégralement à la communauté. C’est la communauté [qui] a voix au chapitre dans ce programme », a-t-il dit.
Parmi les principaux accusateurs du gouvernement figure Gebru Asrat, porte-parole du Medrek, le Forum pour la démocratie et le dialogue en Ethiopie, une coalition de huit partis que les analystes disent bien placée pour faire concurrence au Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien, actuellement au pouvoir.
« Le gouvernement essaie de contrôler quel parti les gens rejoignent. L’aide alimentaire ne devrait pas être utilisée comme une arme politique », a dit M. Asrat.
En novembre, Gareth Thomas, ministre britannique du Développement, a appelé les autorités éthiopiennes à examiner les accusations selon lesquelles l’aide alimentaire aurait été refusée à des partisans de l’opposition afin de les forcer à soutenir le parti au pouvoir.
« J’ai entendu des allégations de la communauté internationale au sujet de la distribution de l’aide alimentaire et du programme [vivres contre travail], et j’ai déjà évoqué ces accusations avec le vice-Premier ministre », a dit M. Thomas à des journalistes à Addis Abeba.
D’après M. Thomas, la Grande-Bretagne n’a pas décidé de suspendre l’aide destinée à l’Ethiopie, mais elle pourrait prendre des « décisions sévères » si nécessaire.
Cette année, la Grande-Bretagne a fait don de 71 millions de livres (119 millions de dollars) au programme vivres contre travail, devenant ainsi le deuxième donateur après la Banque mondiale.
Les Etats-Unis ont également exprimé des inquiétudes similaires, se montrant soucieux que leur aide humanitaire atteigne bien tous ceux qui en ont le plus besoin.
« Le gouvernement américain est conscient des allégations récentes. Le personnel de l’USAID [l'agence américaine pour le développement international] multiplie ses visites de terrain afin d’observer la dynamique de distribution, en portant une attention particulière à ces allégations », a déclaré le gouvernement américain dans un communiqué.
En Ethiopie, quelque 6,2 millions de personnes ont besoin d’aide alimentaire d’urgence, selon les Nations Unies, tandis que sept millions d’autres personnes bénéficient du dispositif de sécurité de la production géré par le gouvernement.
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