Les minorités ethniques perdantes dans les soins de santé maternels

H'Mong women in a market in Cao Bang province
(Matthew Bennett/IRIN)

Le taux de natalité au Vietnam, pays qui connaît un développement rapide, a baissé ces dernières années tandis que la qualité des soins maternels et anténataux a augmenté – mais seulement pour les groupes ethniques dominants. La majorité des femmes des minorités ethniques accouchent toujours à la maison, sans personnel médical ou sage-femme, selon des spécialistes.



Le Vietnam comprend 54 groupes ethniques, dont celui des Kinh qui constituent 80 pour cent de la population de 85,8 millions d’habitants, selon les statistiques officielles. Ils constituent le groupe ethnique dominant. Quelques autres, comme les Tay et les Hoa (Chinois ethniques) ont des niveaux de vie et d’éducation similaires.



Mais pour la plupart, les autres minorités ethniques – plus de huit millions de personnes – vivent majoritairement dans des régions montagneuses et enclavées, et sont désavantagées sur le plan économique. Le taux de pauvreté est de 69,3 pour cent, comparé à 23,11 pour cent pour les Kinh majoritaires et les groupes ethniques chinois, selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).



Les taux de mortalité maternelle varient beaucoup à travers le pays. Dans la province de Cao Bang, avec une population composée à 98 pour cent de minorités ethniques, il y a 411 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes, selon l’UNICEF. Dans la province de Binh Duong, près de la ville d’ Ho Chi Minh, le taux représente moins d’un dixième de celui de Cao Bang.



Les luttes des H’Mong



Des minorités comme les H’Mong accouchent toujours majoritairement à domicile, et sont bien moins susceptibles d’avoir accès aux soins maternels, surtout aux soins anténataux, disent des spécialistes de la santé.



Les H’Mong, qui représente moins de un pour cent de la population, ont un niveau de vie bien plus bas, et sont souvent confinés dans des zones reculées, dans les montagnes.



Les femmes « ne savent pas comment reconnaître les problèmes et cela peut mener à des urgences obstétriques », a dit Nguyen Van Hai, responsable du projet Save Newborn Lives de l’organisation non-gouvernementale (ONG) Save the Children.



Les obstacles à l’accès aux soins, cités par les experts, incluent le manque de confiance lorsqu’il s’agit d’accéder au système de soins de santé et de traiter avec les travailleurs médicaux, et une mauvaise maîtrise de la langue vietnamienne.



De plus, les femmes H’Mong donnent traditionnellement naissance à la maison avec leur époux ou avec des accoucheuses traditionnelles, qui manquent de formation reconnue.



Le coût des soins de santé est également prohibitif, y compris les 10 dollars pour accoucher dans un centre de santé. « Pour les groupes ethniques minoritaires, c’est trop », a dit M. Hai.













A map of Vietnam and surrounding countries.

ReliefWeb
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http://www.reliefweb.int/
Mercredi, août 13, 2008
Les minorités ethniques perdantes dans les soins de santé maternels
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Photo: ReliefWeb
Une carte du Vietnam et des pays environnants

Hoa Binh montre le chemin




Depuis 2001, le Fonds des Nation Unies pour la population (FNUAP) travaille avec le gouvernement local dans la province de Hoa Binh, à 80 kilomètres de Hanoï, pour améliorer l’utilisation des services anténataux parmi les communautés H’Mong.



Selon des responsables du FNUAP, le nombre de visites des femmes H’Mong dans les deux centres de santé de la commune a augmenté depuis 2001, et il n’y a pas eu de décès maternel depuis 2003.



Tran Thi Tuyet Minh, un médecin du service public qui travaille avec le FNUAP, a dit que 65 pour cent de ses patients étaient désormais H’Mong ou d’une autre minorité, contre huit à 10 pour cent en 2001.



« La province de Hoa Binh a atteint certains résultats. Mais nous devons essayer de faire plus », a-t-elle dit à IRIN.



Dans l’un des centres de santé de la commune, l’augmentation du nombre de visites des femmes H’Mong est due en partie à la présence d’une sage-femme appartenant à la communauté H’Mong. Les patientes ont davantage tendance à lui faire confiance car elles partagent la même culture et, surtout, la même langue. De nombreuses filles H’Mong ne terminent pas leur cycle secondaire, ou même ne passent pas plus d’un an ou deux à l’école primaire.



Une faible éducation et un manque de maîtrise de la langue vietnamienne les confinent chez elles et dans leurs champs.



« S’il [le centre de santé communal] est géré comme [un centre de grande] ville, la population rurale ne viendra pas », a dit Duong Van Dat, chargé du programme national du service de santé de la reproduction du FNUAP à Hanoï. « Il faut que cela soit culturellement adapté aux besoins ».



Le programme de Hoa Binh est encore un projet de type pilote, mais M. Dat a exprimé l’espoir que les leçons apprises puissent être reproduites et appliquées à d’autres zones, même s’il se déroule non loin de la capitale et que les régions montagneuses du nord, comme les provinces de Ha Giang et de Cao Bang, pourraient présenter des défis différents.



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