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L’allaitement encore plus crucial dans les situations d’urgence

A woman and her child in the Philippines. According to UNICEF, statistics underscore the importance of teaching continued breastfeeding during and after emergencies
(UNICEF)

En Asie, la récente série de catastrophes naturelles a une fois de plus démontré l’importance de l’allaitement dans les situations d’urgence, et la nécessité de mettre en place davantage de politiques pour soutenir l’allaitement.



Au cours des deux derniers mois, des centaines de milliers de personnes ont été déplacées et forcées à trouver refuge dans des abris, suite à une série de typhons meurtriers aux Philippines, au Cambodge, au Vietnam et au Laos, ainsi qu’à un tremblement de terre en Indonésie.



Pourtant, d’après des experts, lors de telles catastrophes, le soutien aux mères pour l’allaitement est souvent négligé et n’est pas considéré comme une priorité, bien qu’il permette de sauver des vies.



D’après les organisations humanitaires, la sensibilisation à l’importance de l’allaitement ne suffit pas : il faut également mettre en place des politiques pour le favoriser.



« Il faut établir une politique forte, et s’assurer que tous les acteurs et tout le personnel de l’organisation connaissent cette politique », a dit à IRIN Anna Winoto, experte en nutrition auprès du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) en Indonésie.



Dans les situations d’urgence, le mauvais état des installations sanitaires et d’approvisionnement en eau, ainsi que les problèmes de sécurité, contribuent à augmenter le risque de maladies chez les enfants, qui sont vulnérables à la diarrhée, la malnutrition et la pneumonie.



Lorsque l’eau est susceptible d’être contaminée et que les biberons ne peuvent pas être stérilisés, les pratiques telles que l’utilisation de lait en poudre induisent des risques supplémentaires et, d’après des études statistiques, conduisent à une multiplication des cas de diarrhées chez les nourrissons.



« L’allaitement est en réalité encore plus crucial dans les situations d’urgence, car les enfants de moins de cinq ans, et les nourrissons en particulier, sont alors exposés à des risques plus élevés d’infection, de maladie et de malnutrition », d’après Mme Winoto.



« L’allaitement devrait être considéré comme une intervention permettant de sauver des vies », a-t-elle dit.



Dans les situations d’urgence, des espaces privés pour les mères et les nourrissons, ainsi que des services de conseil individualisé et de soutien mutuel entre mères devraient être proposés afin d’encourager l’allaitement, selon l’UNICEF et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).



« Dans le cadre de la préparation aux situations d’urgence, les hôpitaux et les autres services de santé devraient avoir des travailleurs formés à aider les mères à mettre en place l’allaitement et à surmonter leurs difficultés », a déclaré Margaret Chan, directrice générale de l’OMS, dans un communiqué publié à l’occasion de la Semaine mondiale de l’allaitement en août dernier.



L’UNICEF comme l’OMS recommandent l’allaitement exclusif pendant six mois, puis la poursuite de l’allaitement complétée par d’autres aliments, jusqu’à ce que l’enfant ait atteint l’âge de deux ans.



Générosité dangereuse



Mais, selon l’UNICEF et l’OMS, un des obstacles à l’allaitement dans les situations d’urgence est le don non sollicité ou non contrôlé de substituts de lait maternel, qui vient ébranler la pratique de l’allaitement.



Suite à un séisme de magnitude 7,9 à Sumatra Ouest le 30 septembre dernier, l’UNICEF Indonésie a collaboré avec le ministère de la Santé du pays, et a contacté les radios locales et nationales, afin qu’elles diffusent des messages appelant à faire cesser les dons de substituts de lait maternel.



« Il s’agit d’un problème considérable, qui vient du fait que les donateurs n’ont pas conscience des dégâts potentiels de leurs dons », a dit Mme Winoto.



Par ailleurs, il reste difficile de mettre en place une coordination efficace dans les situations d’urgence, qui permettrait de localiser les enfants ayant véritablement besoin de lait en poudre, sans perturber l’ensemble des pratiques d’allaitement, a-t-elle ajouté.



« D’après notre expérience, la situation s’est améliorée, mais le défi reste immense car, en cas d’urgence, les acteurs et les dons sont extrêmement nombreux », a-t-elle dit.



Limiter les traumatismes



Les défenseurs de l’allaitement expliquent en outre que cette pratique n’est pas seulement bénéfique pour la santé : d’après des experts, le maintien de l’allaitement dans un contexte de catastrophe présente aussi des avantages psycho-sociaux pour les enfants, qui sont traumatisés par la situation.



« Dans une situation d’urgence, continuer à nourrir le bébé au sein n’est pas qu’une question de nutrition : cela permet d’offrir à l’enfant la sécurité et la proximité dont il a besoin lorsqu’il a peur », a dit à IRIN Elvira Henares-Esguerra, directrice de Children for Breastfeeding, une ONG (organisation non gouvernementale) philippine.



Suite au typhon Ketsana, qui a provoqué des inondations massives aux Philippines en septembre dernier, Mme Henares-Esguerra, ainsi que plusieurs mères allaitant leur enfant, ont effectué des visites dans un centre d’évacuation.



Elles y ont proposé des démonstrations de pratiques d’allaitement, et ont encouragé les mères déplacées à les imiter.



« Nous avons découvert que le gouvernement distribuait du lait en poudre dans les centres d’évacuation », a dit Mme Henares-Esguerra.



« Nous voulions encourager les mères à allaiter », a-t-elle dit.



ey/ds/cb/il/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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