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Le processus de Kimberley recommande la suspension du commerce de diamants

A diamond smuggler offers IRIN reporter some unregistered (and therefore untaxed) diamonds
(Anna Jefferys/IRIN)

Un rapport préliminaire sur l’industrie diamantifère zimbabwéenne, réalisé par le système de certification du processus de Kimberly (SCPK) – une initiative internationale destinée à lutter contre les diamants issus de conflits –, recommande une suspension de l’importation et de l’exportation de diamants pour une période de six mois, selon les médias nationaux.



Selon Elly Harrowell, de Global Witness (GW), une ONG anglaise qui cherche à prévenir l’utilisation des ressources naturelles pour alimenter les conflits, et pionnier dans la mise sur pied du SCPK, la proposition de « suspendre le Zimbabwe n’est pas surprenante, mais elle a franchement mis du temps à venir... »



En juin 2009, Human Rights Watch (HRW) a publié un rapport détaillant les activités militaires sur les gisements de diamants et, en 2008, plusieurs médias rapportaient la mise sur pied d’une opération militaire pour sévir contre des mineurs clandestins.



D’après M. Harrowell, il ne s’agit pas d’une recommandation finale et il faudra passer par quelques autres étapes, notamment des rencontres avec le gouvernement zimbabwéen, avant que la suspension ne puisse être imposée par le SCPK. « Cela prendra au moins deux mois ».



Le rapport préliminaire du SCPK recommandait « l’initiation des procédures pour la suspension des importations et des exportations zimbabwéennes de diamants bruts dans le cadre de son [adhésion] au SCPK, pour une période d’au moins six mois... [ou] jusqu’à ce qu’une équipe du PK juge que les normes minimales sont satisfaites », a indiqué le 30 juillet le quotidien The Herald, contrôlé par l’État.



« Dans sa réponse du 14 juillet, le gouvernement a reconnu que les normes minimales du PK n’avaient pas été satisfaites, mais n’a rien dit au sujet de la suspension volontaire », a commenté The Herald.



En juillet, une équipe de vérification du SCPK, composée de 11 personnes et dirigée par Kpandel Fiya, vice-ministre libérien des Mines, a visité les gisements de diamants de Chiadzwa, situés dans la région de Marangue, dans la province du Manicaland, dans l’est du Zimbabwe, tout près de la frontière du Mozambique, et a décrit toute une série de violations des droits humains.



Dans le rapport de l’équipe de vérification adressé à Obert Mpofu, le ministre zimbabwéen des Mines, M. Fiya a indiqué : « J’étais au Libéria pendant les 15 ans qu’a duré la guerre civile et j’ai, au cours de ma vie, connu trop de violences gratuites, en particulier à cause des diamants. En parlant à certaines de ces personnes, j’ai dû, monsieur le Ministre, quitter la pièce. Cette situation doit être reconnue et doit cesser. »









« j’ai connu, au cours de ma vie, trop de violences gratuites, en particulier à cause des diamants»

Le rapport de M. Fiya évoque également une « implication directe de l’armée dans l’exploitation minière illégale et les activités liées, que nous avons pu observer par nous-mêmes ».



D’après M. Harrowell, la communication du rapport préliminaire aux médias était un « territoire inexploré » et un événement « complètement inédit ». Généralement, seuls les rapports finaux sont rendus publics, mais, depuis ses débuts, en janvier 2003, le SCPK essuie de plus en plus de critiques, et « sa crédibilité et sa légitimité » étaient menacées.



Le SCPK s’appuie sur les gouvernements, l’industrie diamantifère et les ONG concernées pour lutter contre le commerce de diamants issus de conflits, aussi connus sous le nom de « diamants du sang » (ou blood diamonds), qui sont souvent extraits dans le mépris des droits des mineurs et ont été massivement utilisés pour financer les conflits.



En juin 2009, une rencontre internationale du SCPK dans la capitale namibienne, Windhoek, a coïncidé avec la publication d’un rapport de HRW accusant l’armée zimbabwéenne d’employer la force pour tirer profit des gisements diamantifères.



HRW accusait également les forces de sécurité du Zimbabwe d’avoir tué plus de 200 mineurs en 2008 – une allégation niée par le gouvernement du président Robert Mugabe - et recommandait la suspension du Zimbabwe du SCPK. L’organisation est composée de 49 membres, qui représentent 75 pays et environ 99,8 pour cent de la production mondiale de diamants.



Des diamants pour la reconstruction



En juin 2009, l’un des architectes du processus, Ian Smillie, du Partenariat Afrique Canada (PAC), a quitté son poste de représentant de la société civile auprès du SCPK en disant : « Quand les régulateurs ne parviennent pas à réguler, les systèmes ont été conçus pour éviter l’effondrement...J’ai l’impression que je ne peux plus participer de bonne foi à cette comédie selon laquelle l’échec est un succès, ou au type de débats auxquels j’ai été réduit ».



D’après The Herald, le ministre des Finances, Tendai Biti, membre du parti d’opposition Mouvement pour le changement démocratique (MDC) – qui fait partie du gouvernement d’unité nationale formé avec la ZANU-PF, le parti au pouvoir, en février 2009 –, aurait récemment entamé des démarches auprès du SCPK afin qu’il accorde au Zimbabwe un délai pour se conformer aux normes de certification des diamants.



Les revenus des diamants zimbabwéens pourraient s’élever à près de 600 millions de dollars par mois et être employés pour financer la reconstruction du pays après huit ans de crise économique. Selon le MDC, le Zimbabwe aurait besoin, pour sa reconstruction, de 8,3 milliards de dollars.



go/he/gd/ail

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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