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Craintes pour l’éducation et la sécurité alimentaire, à l’heure du retour

Violence in Swat has shattered education hopes for many children, particularly girls. Zofeen Ebrahim/IRIN
Alors que les personnes déplacées continuent à quitter les camps pour retourner dans les districts de Swat et de Buner, ou dans d’autres régions du nord-ouest du Pakistan touchées par le conflit, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) avertit qu’environ un million de personnes déplacées pourraient ne pas rentrer chez elles avant décembre.

« Tous le monde espère que les gens vont pouvoir retourner dans leurs villages au plus tôt. Mais en même temps, nous pensons aussi qu’il serait plus prudent de prévoir qu’en septembre, un million de déplacés seront rentrés, et qu’il restera encore un million de personnes déplacées pour le reste de l’année », a déclaré aux médias, à Genève, Louis-Georges Arsenault, directeur du Bureau des opérations d'urgence de l'UNICEF, qui s’est récemment rendu au Pakistan.

M. Arsenault a indiqué qu’environ un million d’enfants risquaient de ne pas pouvoir retourner à l’école en septembre, principalement parce que les Talibans ont détruit de nombreuses établissements scolaires dans le district de Swat, et parce que 4 000 écoles hébergent encore des personnes déplacées.

L’unité de réponse d’urgence du gouvernement de la Province de la frontière du Nord-Ouest (NWFP) a indiqué que 907 familles étaient rentrées avant le 15 juillet. Le colonel Wasim Shahid, du groupe spécial de l’armée pour le soutien aux déplacés, a affirmé que 285 187 personnes étaient rentrées dans le district de Swat et 36 792 dans celui de Buner.

« A présent, nous commençons à rapatrier les personnes hébergées dans des écoles, puisqu’une grande partie de celles des camps ont décidé d’elles-mêmes de rentrer », a expliqué à IRIN Mian Iftikhar Hussain, ministre de l’Information de la NWFP. Dans le district de Mardan, qui hébergeait le plus grand nombre de personnes déplacées, deux camps ont déjà été fermés et M. Hussain a annoncé que deux autres seraient « fermés dès que les résidents quitter[aient] les lieux ».

« Il y a tellement à faire ici, tout est en ruines, il faudra des mois pour que la vie normale reprenne son cours »
Les inquiétudes liées au retour


Cependant, les familles qui souhaitent rentrer chez elles sont confrontées à de nombreux sujets d’inquiétude.

« Dans notre village du district de Swat, l’école de mes filles a été détruite l’année dernière. Elle n’a pas rouvert. Si nous rentrons maintenant, elles risquent de perdre une année scolaire entière », a dit à IRIN Zulema Bibi, une personne déplacée hébergée chez son frère, à Peshawar, la capitale de la NWFP. Elle a raconté que son frère avait proposé que les filles soient inscrites dans une école de la ville.

D’après les médias, les militants ont détruit entre 170 et 200 écoles de filles dans le district de Swat.

M. Hussain a promis que ces écoles seraient « reconstruites d’urgence », ajoutant que « les enfants ont déjà commencé à retourner à l’école », mais la population reste sceptique.

« Il y a tellement à faire ici, tout est en ruines, il faudra des mois pour que la vie normale reprenne son cours », a dit à IRIN Muhammad Khan, 40 ans, homme d’affaires récemment rentré à Mingora, la ville principale du district de Swat.

M. Arsenault a indiqué que les déplacés qui ne pourraient pas rentrer immédiatement continueraient à avoir besoin d’une aide humanitaire. Globalement, la réponse humanitaire internationale s’est révélée insuffisante, et ce sont les communautés accueillant les personnes déplacées qui leur ont apporté l’essentiel du soutien.

Cependant, ces hôtes sont maintenant pressés de voir leurs « invités » rentrer chez eux. « Avoir la charge de 13 personnes supplémentaires représente un effort important. Nous voulons qu’ils retournent chez eux, à présent », a expliqué Saifullah Khan, qui héberge, depuis le 15 mai, des membres de sa famille venus du district de Swat.

En plus des questions d’éducation, les personnes déplacées continuent à s’inquiéter pour la sécurité alimentaire et d’autres problèmes du même ordre. Selon Javed Hassan, du district de Buner, malgré les actions du gouvernement de la NWFP pour soutenir les familles revenant chez elles, « les prix des produits de base sont très élevés. Les pénuries sont fréquentes et c’est difficile à gérer ».

kh/at/mw/il/ail

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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