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Un cyclone en pleine tempête politique

Cyclone Ivan tears across Madagascar. UNICEF Madagascar
Les organisations humanitaires et la cellule malgache de gestion des catastrophes, paralysée par plusieurs mois de troubles politiques, luttent pour évaluer les dégâts causés par le cyclone tropical Jade, qui s’est abattu sur le pays le 6 avril.

D’après Tropical Storm Risk (TSR), un consortium de prévision météorologique soutenu par le service météorologique du Royaume-Uni, Jade, cyclone de catégorie 1, a touché le nord-est de Madagascar et devrait faiblir en déviant vers le sud, le long du littoral est de l’île.

« Nous n’avons encore aucune information : les états des lieux sont en cours et la situation reste incertaine », a déclaré à IRIN Dia Styvanley Soa, porte-parole du Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC).

Mme Styvanley a expliqué que les témoignages des habitants des régions nord du pays, touchées par Jade dans la matinée du 6 avril (Maroantsetra, Mananara-Nord et Antalaha) avaient révélé des dégâts importants, les arbres ayant été déracinés et l’alimentation en électricité et en eau ayant été coupée dans la plupart des régions.

Les organisations humanitaires attendent également de recevoir de plus amples informations. « Pour l’instant, nous n’avons pas vraiment d’informations sur les conséquences [du cyclone] », a indiqué à IRIN Krystyna Bednarska, directrice du Programme alimentaire mondial à Madagascar. Les conditions climatiques difficiles empêchent l’envoi d’hélicoptères dans les zones touchées.

Problèmes de capacités

L’île de Madagascar, située dans l’océan Indien, est déstabilisée par une tempête politique depuis janvier 2009, et Mme Bednarska a exprimé des préoccupations concernant les moyens dont dispose l’île pour faire face à cette catastrophe naturelle. « En raison de cette situation, les institutions nationales ne sont pas vraiment opérationnelles », a-t-elle indiqué.

Les conflits politiques internes qui ont abouti au renversement du président Marc Ravalomanana, remplacé par son opposant, Andry Rajoelina, avec le soutien de l’armée, ont été condamnés par la communauté internationale.

Les crises humanitaires actuelles – causées par la sécheresse grave qui touche le sud du pays, la flambée des prix alimentaires et les conséquences de deux autres cyclones - ont déjà été laissées de côté, ont averti les organisations humanitaires.

Pendant la saison cyclonique, qui commence en décembre et se poursuit jusqu’en avril, Madagascar a déjà été frappée par deux cyclones tropicaux : Eric, qui a balayé la côte est le 18 janvier, et Fanele, qui s’est abattu sur la côte ouest, deux jours plus tard. Les inondations et les dégâts importants, causés aux quatre coins de l’île ont touché plus de 60 000 personnes et fait plus de 4 000 sans-abri.

D’après Mme Styvanley, le BNGRC pourrait « fonctionner correctement » dans la situation politique actuelle « à cette phase de collecte de données et d’informations », mais il rencontrerait sans doute de sérieuses difficultés s’il devait acheminer des vivres et apporter une aide humanitaire aux populations.

En effet, les réserves d’urgence du BNGRC et les « denrées alimentaires qu’il a entreposées dans certaines des régions où Jade est passé ont été cambriolées pendant la crise politique », a indiqué Mme Styvanley à IRIN, et le système radiophonique national, « un outil important pour nous en situations d’urgence » a cessé de diffuser. « Souvenez-vous, la radio nationale a été [incendiée] pendant la crise politique ».

Selon TRS, après une tempête de la force du cyclone Jade au moment où il s’est abattu sur le territoire malgache, l’île peut s’attendre, au moins, à des dégâts immobiliers et à des inondations, provoquées par de fortes pluies.

tdm/he/nh/ail

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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