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Les réfugiés des régions reculées, un casse-tête logistique

CAR refugees in Dosseye, one of the four UNHCR camps settled in Southern Chad for 50,000 CAR refugees. Anne Isabelle Leclercq/IRIN
Les organisations humanitaires ont actuellement de « grosses difficultés », selon les termes d’un responsable des Nations Unies, à se rendre auprès des quelque 6 000 Centrafricains réfugiés dans le sud du Tchad, à un kilomètre à peine de la frontière qu’ils ont traversée pour échapper aux attaques menées dans leurs villages.

Un grand nombre de ces réfugiés ont indiqué qu’ils souhaitaient rester près de la frontière, bien que le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ait fait savoir qu’il devrait à terme déplacer son opération de secours plus à l’intérieur du territoire tchadien.

Le 27 février, des camions chargés de vivres et autres matériels de secours envoyés par les Nations Unies devaient entamer un parcours de trois jours pour se rendre dans la zone où vivent ces réfugiés, installés dans des abris de fortune, près du village de Daha, à 935 kilomètres d’Abéché, plate-forme humanitaire et première ville de l’est tchadien. Il s’agissait du deuxième convoi humanitaire envoyé à Daha ce mois-ci.

« Nous avons de grosses difficultés à nous rendre dans une région aussi reculée », a indiqué Serge Malé, représentant du HCR au Tchad. « Nous aidons ce groupe ?de réfugiés? en leur envoyant des secours d’urgence et [nous] leur fournissons continuellement des bâches en plastique et des produits non-alimentaires de première nécessité ».

Le HCR prévoit de réinstaller les réfugiés dans une zone plus sûre, plus éloignée de la frontière et plus facilement accessible aux organisations humanitaires ; l’agence attend la décision du gouvernement tchadien concernant ce nouveau camp, selon le HCR.

« Conformément à la politique du HCR, un camp de réfugiés devrait se trouver à au moins 50 kilomètres de la frontière », a indiqué à IRIN Måns Nyberg, porte-parole du HCR au Tchad.

Mais de nombreux réfugiés ont expliqué qu’ils souhaitaient rester près de la frontière, afin, pour certains, de pouvoir continuer à cultiver leurs champs en République centrafricaine (RCA).

Aucune route ne mène de Daha jusqu’aux camps actuels du sud du Tchad, qui abritent quelque 53 000 Centrafricains, réfugiés depuis 2003. Une fois que les pluies commenceront à tomber, en juin, il sera impossible de se rendre à Daha, a ajouté M. Nyberg.

Les réfugiés, dont 83 pour cent sont des femmes et des enfants, selon le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), ont fui la RCA en décembre et janvier, à la suite d’attaques menées par les rebelles, et des affrontements entre les rebelles et les forces du gouvernement. Selon le HCR, des réfugiés continuent de traverser la frontière pour gagner la région de Daha.

« Tout [le matériel] que nous avions a déjà été distribué parce qu’un flot constant de réfugiés continuent de traverser la frontière », a indiqué, sous couvert de l’anonymat, un employé du HCR, en poste à Daha. « Ce [dont les réfugiés ont le plus besoin] maintenant, ce sont des produits non-alimentaires, tels que des jerricans, des bâches en plastique et des nattes ».

L’UNICEF, le Programme alimentaire mondial (PAM), l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et Médecins sans frontières-France mènent des opérations de secours à Daha.

L’UNICEF a déployé une équipe sanitaire, selon un bulletin de l’agence sur l’opération de secours. L’agence mène également une campagne de vaccination, ciblée sur les enfants, contre la rougeole et la polio, évalue le taux de malnutrition et distribue des médicaments et des récipients d’eau salubre.

np/aj/nh/ail

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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