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Les pirates menacent les populations et leurs moyens de subsistance

A view of Mukalla city, Yemen. Dozens of local fishermen in Hadhramaut Governorate say they have been affected by piracy
 Muhammed al-Jabri/IRIN
A view of Mukalla city, Yemen. Dozens of local fishermen in Hadhramaut Governorate say they have been affected by piracy
Les pirates africains du Golfe d’Aden et de la mer d’Oman menacent la vie et les moyens de subsistance des pêcheurs yéménites, selon les autorités locales. La lutte menée par les forces navales internationales contre les pirates a en outre aggravé ces risques, ont indiqué les autorités, car les pirates utilisent les bateaux des pêcheurs yéménites pour camoufler leurs activités.

« La piraterie est devenue une menace pour les pêcheurs et leurs activités en mer, parce que les gardes-côtes [yéménites] n’assurent pas leur protection », a déploré Khaled Abdullah, secrétaire général de l’Association du littoral de l’Hadramaout.

A Mukalla, la plus grande commune de l’Hadramaout, quatre pêcheurs ont été tués et d’autres ont été blessés par des pirates, originaires de Somalie, pour la plupart, en 2008 ; plus de 10 bateaux ont été saisis, selon Khaled Abdullah.

Conséquence de ces menaces, les activités halieutiques ont diminué de 60 pour cent au Yémen, selon Salem Badawood, directeur de l’Association des pêcheurs de Mukalla. « Le prix du poisson a également augmenté sur les marchés, à cause de cela », a-t-il expliqué à IRIN.

Les pêcheurs ne peuvent plus partir au large, a en outre noté M. Badawood.

Les pêcheurs, des boucliers humains

Dans certains cas, les pirates se sont résolus à s’emparer des bateaux des pêcheurs yéménites pour mener leurs activités illicites et brouiller les pistes face aux forces navales internationales, a expliqué Ahmed Hayel, directeur du centre d’information du ministère de l’Intérieur.

Selon M. Hayel, un certain nombre de pêcheurs de la région ont été enlevés et utilisés comme boucliers humains ; plus d’une trentaine de cas de piraterie contre des pêcheurs ont déjà été recensés en 2009, a-t-il ajouté.

A map highlighting Socotra, a small group of Yemeni islands in the Indian Ocean close to the Horn of Africa. 2007092517
Photo: IRIN
Socotra, petit archipel yéménite de l’océan Indien, situé à proximité de la Corne de l’Afrique
« Les bateaux yéménites portent des marques particulières : cela permet aux pirates de dissimuler leur identité », a-t-il indiqué.

La question de la piraterie a été abordée dernièrement lors d’une conférence régionale tenue à Sanaa, la capitale. Selon Ali Rasei, directeur du Corps des gardes-côtes du ministère de l’Intérieur, la piraterie fait peser des charges financières supplémentaires sur le Yémen, en plus du fardeau économique que représentent les migrants africains.

D’après Mutahar Rashad al-Masri, ministre de l’Intérieur, 42 actes de piraterie ont été perpétrés en 2008, qui ont abouti à l’enlèvement de 815 marins yéménites. Seuls 592 d’entre eux ont été libérés.

Menace pour l’île de Socotra

Socotra, la plus grande île du Yémen, située dans l’océan Indien, est également menacée par la piraterie, puisqu’elle dépend essentiellement du ravitaillement par voie maritime.

En janvier 2009, l’île s’est trouvée confrontée à une pénurie de diesel après que des pirates se furent emparés du navire de ravitaillement. Les coupures de courant ont duré deux semaines, compromettant la prestation des services de base, selon Fahd Saleem, journaliste local.

« Ce qui est dangereux, c’est que les actes de piraterie risquent de se multiplier dans la région qui sépare Socotra des autres régions [du sud] du Yémen. Or, les vivres et autres marchandises arrivent à Socotra par la mer », a-t-il expliqué à IRIN.

Selon M. Saleem, un navire appartenant à une société qui mène des projets de construction routière à Socotra a été saisi par des pirates et les projets auraient été interrompus si ceux-ci n’avaient pas restitué le bateau.

maj/ar/mw/nh/ail
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