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Des fonds dérisoires pour lutter contre des maladies mortelles

The 'Aedes aegypti' mosquito which is the carrier of dengue fever
(WHO)

Certaines maladies qui tuent chaque année des millions de personnes dans les pays en voie de développement sont ignorées par les bailleurs et les entreprises pharmaceutiques, qui consacrent la majeure partie de leurs fonds à la création de produits destinés à traiter le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme, selon une étude menée par le George Institute for International Health.



Les fonds consacrés à ce que l’institut de recherche australien qualifie de « maladies négligées » - y compris le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme - ont augmenté pour passer à 2,5 milliards de dollars en 2007, mais à en croire Mary Moran, qui a dirigé l’étude, cet heureux constat s’accompagne également de mauvaises nouvelles.



« [La lutte contre] certaines maladies parmi les principales causes de décès, ou les plus cruelles, telles que la pneumonie ou l’ulcère de Buruli, a peu de défenseurs ; aucun fonds mondial n’est consacré [à ces maladies] et elles attirent moins de cinq pour cent des financements ».



En 2007, la pneumonie, qui tue chaque année plus d’enfants de moins de cinq ans que le sida, le paludisme et la rougeole réunis, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), recevait un pour cent des fonds publics et privés consacrés à la recherche et au développement.



Parallèlement, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a reçu 12,4 milliards de dollars depuis 2001, selon les informations communiquées sur son site Internet.



Toujours en 2007, le sida, la tuberculose et le paludisme se voyaient quant à eux consacrer 80 pour cent des fonds pour la recherche et le développement, selon l’étude sur les financements du George Institute.



Pas de Fonds mondial



Depuis des années, les activistes internationaux de la santé tentent d’attirer davantage l’attention sur diverses maladies tropicales autres que le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme, qui touchent les populations des régions les plus reculées du monde, et les moins bien pourvues en laboratoires.



Les travailleurs de la santé regroupent ces affections souvent oubliées dans la catégorie des « maladies négligées ».



L’ulcère de Buruli, le pian et la leishmaniose, entre autres maladies, touchent plus d’un milliard de personnes, selon l’OMS. Ces affections, transmises par les eaux contaminées, infestées de ver et par les insectes, peuvent entraîner la cécité, le défigurement et la mort.



En 2008, l’OMS a lancé un plan de lutte contre les maladies oubliées prévoyant davantage de recherche, de formations et de surveillance, pour « assurer un accès gratuit et rapide à des médicaments de qualité », selon un document interne qualifiant ces maladies de « vieux compagnons de la pauvreté ».



Mais le George Institute s’interroge : ces médicaments existent-ils vraiment ? Selon son rapport, les subventions pour la recherche et le développement consacrées à l’une ou l’autre de ces maladies négligées – y compris les maladies respiratoires, les vers et les maladies diarrhéiques - ne suffisent pas « à créer ne serait-ce qu’un seul nouveau produit [pharmaceutique] ».



Financements



Il n’existe aucun vaccin pour les souches de streptococcus pneumoniae (la bactérie de la pneumonie et de la méningite) courantes dans les pays en voie de développement, selon l’étude sur les financements.



Ainsi, en 2004, les infections des voies respiratoires inférieures ont provoqué près de quatre millions de décès, et deux millions de personnes ont succombé à des maladies diarrhéiques telles que le choléra ou la shigelle, selon l’OMS.



Ces affections ont pourtant attiré moins de six pour cent des fonds consacrés, dans le monde, à la recherche et au développement dans le domaine des maladies négligées, en 2007, soit 145 millions de dollars, selon le George Institute.



Amadou Makhtar Gueye, directeur du service de pédiatrie de l’hôpital régional de Thiès, à 70 kilomètres à l’est de Dakar, capitale du Sénégal, a expliqué à IRIN que le paludisme, les maladies diarrhéiques et les infections respiratoires étaient les affections les plus courantes chez ses jeunes patients. « Les patients de la ville peuvent venir me voir. Mais les villageois qui attendent pour venir ne survivent pas toujours ».



Selon l’étude sur les financements menée par le George Institute, plus de 80 millions de dollars ont été consacrés à la recherche sur la fièvre dengue, dont 40 pour cent provenaient de sociétés privées et du ministère américain de la Défense. A en croire les auteurs du rapport, si la fièvre dengue attire plus de financements que d’autres maladies peu prioritaires, c’est peut-être parce que les Etats-Unis cherchent à protéger leurs soldats, qui opèrent dans des régions où cette maladie est endémique.



En 2007, 60 pour cent des fonds consacrés à la recherche et au développement dans le domaine des maladies négligées avaient été versés par le gouvernement américain et la fondation Bill & Melinda Gates. La fondation Gates a financé l’étude du George Institute sur les financements, menée sur une période de cinq ans, et qui couvre 134 bailleurs publics et privés ; 30 maladies ; et plus de 100 domaines de recherche dont les vaccins, les médicaments, les produits de contrôle des vecteurs et les essais cliniques.



pt/np/nh/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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