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Des enfants meurent au combat dans le nord

In rural areas of Yemen, children are encouraged to carry guns as manhood is linked to bearing arms Muhammed al-Jabri/IRIN
Des centaines d’enfants prennent part aux violents affrontements qui opposent deux tribus du gouvernorat d’Amran, dans le nord du Yémen, et un certain nombre ont été tués ou blessés ces trois derniers mois, selon l’Association Seyaj pour la protection de l’enfance, une organisation non-gouvernementale (ONG) locale.

D’après l’organisme, près de la moitié des combattants ont moins de 18 ans. « Quarante pour cent des victimes sont des enfants âgés de 14-15 ans », a expliqué à IRIN Ahmed al-Qurashi, directeur de l’Association Seyaj.

Le conflit armé entre les tribus d’al-Osaimat et de Harf Sufian s’est déclenché en novembre 2008.

Selon M. Al-Qurashi, les deux tribus traitent leurs jeunes combattants comme des hommes. « Ils sont considérés comme des hommes responsables, capables de porter des armes et de se battre ».

« En même temps, ces adolescents ?eux-mêmes? ont l’impression d’être adultes. Et un grand nombre d’entre eux sont poussés à prendre part aux affrontements armés. Mais ils finissent par en être les victimes. Nous avons des photos d’eux pour le prouver », a-t-il poursuivi.

Ces affrontements inter-tribaux ont fait plus de 60 morts, selon le chef d’une tribu d’Amran, qui n’a pas souhaité être nommé.

Le cheikh Nasser Abu Shawsa de la tribu d’al-Osaimat a expliqué à IRIN que 25 membres de sa tribu avaient été tués et 68 blessés. Il a accusé la tribu de Harf Sufian d’enrôler des écoliers. « Mais, ici, à al-Osaimat, nous ne recrutons pas d’enfants », a-t-il assuré.

A map of Yemen highighting Amran Governorate 200901052
Photo: ReliefWeb
Des centaines d’enfants combattent dans le gouvernorat d’Amran, dans le nord du Yémen
Le Yémen a signé la Convention internationale des droits de l’enfant et ses protocoles facultatifs, en vertu desquels « les Etats sont tenus de prendre toutes les mesures possibles pour empêcher que des mineurs de moins de 18 ans participent directement aux hostilités ».

Pourtant, toutes les tribus utilisent des enfants dans les conflits armés, a expliqué M. al-Qurashi, ajoutant : « Même dans l’armée, les recrues sont mineures ».

Contraints d’enrôler des enfants

Selon Abdul-Rahman al-Marwani, président de l’Association Dar al-Salaam de lutte contre la vengeance et les violences, une ONG locale, ces affrontements font pas moins de 500 à 600 morts et blessés par an, chez les enfants.

« La virilité est liée au fait de porter des armes. Un homme se sentirait fier de voir son fils porter une arme et tirer », a-t-il noté, ajoutant que la participation des enfants aux conflits armés était considérée comme normale.

Lorsque les combattants adultes ne sont pas assez nombreux, les tribus sont contraintes de recruter des enfants soldats, ce qui est également un moyen de leur inculquer la haine des tribus rivales, dès leur plus jeune âge.

Près de la moitié des 21 millions d’habitants que compte le Yémen ont moins de 15 ans, selon le Programme des Nations Unies pour le développement.

D’après l’édition 2008 du rapport mondial sur les enfants soldats, l’armée yéménite a utilisé des enfants soldats pour combattre les rebelles chiites fidèles à Hussein Badr Eddin al-Houthi dans le gouvernorat de Saada en 2007.

« Des enfants, âgés d’à peine 15 ans et n’ayant bénéficié d’aucune formation militaire, auraient reçu des armes et auraient été envoyés au front » par les forces armées, peut-on lire dans le rapport, selon lequel l’enrôlement de mineurs dans les rangs des forces armées serait toujours une pratique courante, bien que la loi yéménite fixe à 18 ans l’âge minimum de recrutement dans l’armée.

maj/ar/cb/nh/ail
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