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Des fuites de pétrole révèlent les défaillances des installations de l'oléoduc - ONG

[Cameroon] The Chad-Cameroon pipeline..in its early stages. Jo Foster
The Chad-Cameroon pipeline in its early stages.
– Les pêcheurs de ville côtière de Kribi (Sud Cameroun) se disent inquiets et hésitent désormais à prendre la mer depuis qu’une fuite accidentelle de pétrole sur le terminal maritime de Kome-Kribi a été signalée la semaine dernière.

« Notre ville vit de la pêche et du tourisme. Si d’autres incidents, cette fois plus importants, se produisent, c’est l’avenir économique de la ville qui est menacé », a déclaré Grégoire Mba Mba, le maire de Kribi.

Le 19 janvier, la Cameroon Oil Transportation Company (COTCO), la société d’exploitation de l’oléoduc au Cameroun, a annoncé publiquement qu’un incident, sans doute dû à une défaillance du système d’évacuation d’eau, s’est produit quelques jours plus tôt sur ses installations. La COTCO a toutefois précisé qu’il s’agissait d’une fuite qui a été rapidement maîtrisée, et « qu’aucun impact sur la côte ou sur l’environnement n’est attendu ».

La quantité et la durée de ce déversement en mer n’ont pu être déterminées, de même que l’impact sur l’environnement ou sur les moyens de subsistance des populations locales.

Dans un communiqué publié mardi dernier, deux ONG camerounaises, le Centre pour l’environnement et le développement (CED) et le Réseau de lutte contre la faim (Relufa) ont relevé qu’il y a eu des retards dans la détection de la fuite et que la COTCO a attendu cinq jours pour en informer le « grand public ».

Selon les ONG, la fuite accidentelle de pétrole qui s’est produite sur le terminal maritime de Kome-Kribi, situé à une douzaine de kilomètres de la côte camerounaise, montre également qu’il n’existe aucun dispositif prévu par les autorités camerounaises pour gérer ce type de crise. En effet, l’Etat camerounais ne s’est toujours pas doté d’un plan national d’urgence en cas de déversement pétrolier accidentel, pourtant prévu lors du lancement de l’oléoduc.

« S'il s'était agi d'un accident affectant la côte, les impacts auraient été catastrophiques, en raison du désarroi des autorités et des communautés qui semblent ne pas connaître la conduite à tenir en cas d'accident pétrolier », a commenté Samuel Nguiffo, du CED.

Estimé à 3,7 milliards de dollars américains, l’oléoduc Tchad-Cameroun s’étend sur une longueur 1 1O0 kilomètres, dont 890 kilomètres en territoire camerounais. Il permet le transport du pétrole de Doba, au Tchad, un pays enclavé, vers l’océan Atlantique. L’oléoduc débouche sur le village côtier d’Ebome, près de Kribi, et se prolonge jusqu’au terminal maritime de Kome-Kribi. La ville de Kribi est située à quelque 150 kilomètres au sud-ouest de Yaoundé, la capitale.

Le projet de l’oléoduc avait bénéficié du soutien financier de la Banque mondiale qui exigeait le respect des critères très stricts en matière de protection de l’environnement et de bonne gouvernance, afin d’éviter tout détournement des revenus du pétrole.

En juillet 2006, la Banque mondiale a signé un nouveau protocole d’accord avec le Tchad, après que les autorités de ce pays ont exigé que la part des revenus du pétrole consacrée aux projets de développement soit ramenée à 70 pour cent, au lieu des 90 pour cents initialement prévus.

Au Cameroun, un vaste plan d’indemnisation a été mis en place pour les villageois ayant perdu leurs terres et pour les désagréments causés par la construction de l’oléoduc. Une équipe de liaison a organisé de très nombreuses réunions avec les villageois concernés et a versé plus de 8 millions de dollars d’indemnités.

L’International Advisory Group, basé à Montréal, et de nombreuses autres organisations indépendantes ont supervisé l’exécution du projet. La gestion de l’oléoduc est assurée par un consortium international comprenant deux sociétés américaines, ExxonMobil et Chevron, et la société malaisienne Petronas.

Selon les estimations de la Banque mondiale, l’exploitation du pétrole, qui s’étalera sur une période de 25 ans, assurera près de 2 milliards de dollars recettes au Tchad, et quelque 500 millions de dollars au Cameroun.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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