« Nous avons été les premiers à nous rendre sur les lieux de la catastrophe pour apporter secours aux survivants », a déclaré Umoh Okon, la porte-parole de la Croix-Rouge locale.
Plus de 2 000 Nigérians sont morts dans des incendies d’oléoducs au cours des dix dernières années et grâce à sa grande expérience, la Croix-Rouge sait faire face à ce genre de catastrophe. « Nous avons des volontaires formés aux techniques des secours d’urgence », a ajouté Mme Okon.
Les agents de la Croix-Rouge ont rapidement évacué les survivants vers les hôpitaux et ont ouvert un registre pour permettre à la population d’identifier les corps des membres de leur famille et les personnes disparues.
En outre, le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a fait distribuer des médicaments et d’autres produits aux habitants, a-t-elle ajouté, bien qu’officiellement cette organisation ne mène des opérations humanitaires que dans les zones de conflit.
L’incendie a éclaté à Abule Egba, une banlieue de Lagos, après qu’un groupe de criminels ait endommagé l’oléoduc. Lors de l’explosion, des centaines de personnes se trouvaient autour du pipeline et siphonnaient l’essence qu’ils comptaient revendre frauduleusement.
Depuis mercredi, près de 238 corps non identifiés ont été enterrés, a indiqué la Croix-Rouge. Plus de cinquante personnes ont signalé la disparition d’un ou de plusieurs membres de leur famille, pendant que nombreux habitants faisaient la tournée des hôpitaux, présentant des photos prises sur les lieux du drame et sur lesquelles figurent des corps carbonisés, afin d’identifier les victimes.
A en croire les habitants du quartier, beaucoup de brûlés se cachent encore et hésitent à se faire soigner, craignant d’être arrêtés et poursuivis pour avoir endommagé l’oléoduc. Les autorités ont d’ailleurs rassuré la population en indiquant qu’aucune poursuite judiciaire ne sera engagée dans le cadre cet incendie.
« Lorsqu’une catastrophe de cette ampleur se produit, la principale préoccupation est de sauver des vies », a confié à la presse M. Ibrahim Talba, le secrétaire général du ministère de la Santé.
Selon lui, les hôpitaux publics prodiguent également des soins gratuits aux survivants. Une banque de sang a été ouverte à l’Agence nationale de gestion des secours et le gouvernement a réquisitionné une cinquantaine de lits d’hôpital, une vingtaine de chirurgiens plasticiens et une quarantaine d’infirmières pour soigner les blessés.
Dans la plupart des établissements hospitaliers, les médecins se plaignent du manque de matériel et d’expérience pour prendre en charge un nombre aussi important de cas graves, d’autant que les brûlures des blessés recouvrent généralement entre 60 et100 pour cent de leur corps.
Une assistance internationale sera la bienvenue, a déclaré un haut fonctionnaire du ministère de la Santé. « Pour mener à nouveau une vie normale, la plupart des blessés devront avoir recours à la chirurgie plastique, mais nous n’avons pas assez de spécialistes dans ce domaine », s’est-il désolé.
Une équipe médicale de Médecins Sans Frontières (MSF) est présente à Lagos depuis mardi et fait la tournée des hôpitaux pour prodiguer soins et médicaments aux victimes, a confié un représentant de MSF. « L’équipe médicale profite de ces visites pour évaluer les besoins des hôpitaux », a-t-il ajouté.
La Croix-Rouge locale procède également à une évaluation des besoins des centres hospitaliers, a précisé Mme Okon.
Pour Sikuade Jagun, le directeur des services ambulanciers de l’Etat de Lagos, la suie rejetée dans l’atmosphère après l’explosion représente un risque sanitaire. Aussi conseille t-il aux habitants souffrant de problèmes respiratoires de consulter un médecin.
« Cet environnement est malsain pour les habitants vivant et travaillant dans la région, et pour les secouristes », a-t-il confié à la presse. « Je conseillerai plutôt aux habitants de quitter la région. »
L’explosion s’est produite alors qu’il y avait une pénurie d’essence dans la ville. C’est le deuxième incendie de ce type cette année à Lagos. Le premier a eu lieu au mois de mai à Ilado et a fait plus de 200 morts.
L’incendie le plus meurtrier s’est produit en 1998 dans la ville de Jesse, dans le delta du Niger, et a fait plus de 1 000 morts.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions