Les rebelles de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) se sont déjà emparés de trois villes du nord et ont désigné comme prochain objectif la localité de Bria, capitale de Haute-Kotto, la province du nord-est de la RCA.
Avec ses quelque 20 000 habitants, Bria est souvent confrontée à des problèmes de pénurie alimentaire car la principale activité économique de la ville repose sur l’exploitation des mines de diamants. L’agriculture est presque inexistante et les denrées alimentaires coûtent très cher.
« Avec l’arrivée massive de déplacés à Bria, la vie est devenue encore plus cher », a déploré un homme d’affaires, qui a requis l’anonymat.
Aucune agence humanitaire n’a pour l’instant pris en charge les 10 000 personnes déplacées recensées par certaines sources indépendantes présentes dans la région.
Toby Lanzer, le coordonnateur de l’action humanitaire de l’ONU en RCA, a affirmé qu’il se rendra à Bria mercredi prochain avec une mission pour évaluer la situation sur le terrain.
Entre temps, la France a répondu favorablement à la demande du Président François Bozize qui sollicitait une aide militaire de l’ancienne puissance coloniale pour contrer l’offensive lancée il y a deux semaines par les rebelles de l’UFDR dans le nord du pays. La France s’est engagée à fournir une aide logistique et du matériel militaire à la RCA.
« Cette assistance s’inscrit dans le cadre des accords militaire et de défense entre la France et notre pays », a déclaré Cyriaque Gonda, porte-parole du Président Bozize. « Elle permettra de renforcer les capacités de l’armée pour arrêter la progression des rebelles et restaurer l’intégrité territoriale du pays ».
M. Gonda reconnaît que les villes de Birao et Ouadda-Djallé (nord) sont tombées aux mains de la rébellion. Toutefois, précise-t-il, à Sam-Ouandja, la troisième localité prise par les insurgés, les habitants avaient déjà fui avant l’entrée des rebelles de l’UFDR dans la ville.
Le porte-parole de l’UFDR, Abakar Saboune, a critiqué la décision du gouvernement français.
« Nous sommes très mécontents de la décision de la France de fournir une aide logistique et du matériel aux troupes centrafricaines », a-t-il indiqué. « Cette aide illustre bien le soutien de la France au pouvoir en place plutôt qu’au peuple qui veut mettre fin au régime chaotique du Président Bozize ».
La rébellion a suspendu ses opérations pour laisser à M. Bozize le temps de revoir sa position et d’accepter l’ouverture de négociations sur le partage du pouvoir dans notre pays, a indiqué M. Saboune. Cette trêve vise également à mobiliser les chefs d’Etat de la sous-région pour qu’ils persuadent le Président Bozize d’engager le dialogue avec la rébellion, a-t-il conclu.
Depuis la prise de la ville de Birao, les rebelles insistent sur la nécessité de discuter avec M. Bozize des questions de partage du pouvoir, car selon eux, les structures du pouvoir en place reposent sur des bases ethniques. Les rebelles accusent également M. Bozize d’encourager une politique exclusionniste, de détournement de deniers publics, de corruption et de népotisme.
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