Cet accord historique, conclu entre la faction majoritaire d’un des trois groupes rebelles du Darfour et le gouvernement de Khartoum, en guerre depuis près de trois ans, prévoit le désarmement des rebelles et des milices Janjawid.
Mais compte tenu de l’insuffisance des troupes – moins de 7 000 hommes - de la MUAS déployées actuellement dans la région, le Major général Collins Ihekire a indiqué qu’un renforcement des effectifs militaires était nécessaire.
« Il y a 15 000 casques bleus au Liberia, alors que le Darfour est trois fois plus grand que ce pays – c’est pour cette raison que nous demandons à la Communauté internationale de tenir compte de cet aspect.
« Il faut renforcer les effectifs actuels en envoyant des forces de l’ONU. Désormais, la sécurité dans le Darfour est notre priorité à tous », a-t-il déclaré devant un groupe de journalistes.
La MUAS sera chargée du désarmement, du cantonnement et de la démobilisation des combattants rebelles. Quant aux milices Janjawid, elles seront désarmées par le gouvernement soudanais.
Après de longues séances de négociations menées la semaine dernière a Abuja, et après les concessions faites par Khartoum, la faction majoritaire du Mouvement/Armée de libération du Soudan (SLM/A), dirigée par Minni Minnawi, a cédé à la pression internationale et a accepté de signer, malgré quelques réserves, l’accord de paix censé mettre fin au conflit du Darfour. Toutefois, les deux autres factions du mouvement ont rejeté cet accord, exigeant plus de concessions de la part de Khartoum.
« Signez maintenant et laissez une chance à la paix », a lancé le Major général Ihekire à la faction rivale du Mouvement/Armée de libération du Soudan (SLM/A) dirigée par Abdul Wahid Mohamed el-Nur – membre de la plus grande tribu du Darfour, les Fur, un acteur incontournable dans la crise – et à la faction minoritaire, le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM).
Selon la médiation de l’Union Africaine (UA), les deux factions rebelles ont jusqu’au 15 mai pour signer l’accord de paix obtenu après plus de deux ans de négociations à Abuja.
Lors de la cérémonie de signature, le Président nigérian Olusegun Obasanjo, dont le rôle a été déterminant dans les négociations, a exhorté les autres factions à revoir leurs positions.
« Nous poursuivrons les discussions avec ceux qui ont refusé de signer l’accord aujourd’hui pour comprendre la raison pour laquelle ils doivent consulter leurs populations avant de le signer ».
Quant aux conséquences éventuelles du refus des deux factions sur l’application de l’accord de paix, le Général Ihekire a déclaré: « Nous avons à l’œil tous ceux qui veulent la guerre et la poursuite des combats [et] nous accueillons favorablement la proposition d’envoyer des casques bleus de l’ONU car nous souhaitons le concours de toute la Communauté internationale ».
Jan Egeland, Secrétaire général adjoint chargé des Affaires humanitaires était en tournée dans la région le week-end dernier. Il a appelé au renforcement des forces africaines de maintien de la paix avant l’envoi d’une mission de l’ONU dans le Darfour, où les conditions de vie des déplacés se sont considérablement dégradées en raison de l’escalade de la violence.
« Un renforcement des forces de l’Union africaine est nécessaire pendant la période intérimaire », a déclaré M. Egeland, après avoir visité Gereida, une localité du Sud Darfour.
Le 10 mars dernier, l’UA avait prorogé le mandat de la MUAS jusqu’au 30 septembre, date à laquelle elle transférera le commandement des opérations à l’ONU. Toutefois, le gouvernement soudanais s’est opposé jusqu’ici au déploiement des casques bleus de l’ONU sur son territoire.
Selon les estimations de l’ONU, la crise du Darfour a touché près de 3,6 millions de personnes, dont 1,8 millions déplacés internes et quelque 200 000 soudanais, partis se réfugier au Tchad voisin. En outre, les combats entre l’armée soudanaise et les mouvements rebelles ont fait plus de 200 000 morts.
La signature vendredi de l’accord de paix d’Abuja, qui implique l’entrée en vigueur d’un nouveau cessez-le-feu, a connu un important rebondissement lorsqu’un groupe dissident de la faction minoritaire du SLM/A dirigée par el-Nur a choisi de rejoindre le camp de la paix. Ce groupe était dirigé par Abdulrahman Musa.
Le Président Obasanjo a qualifié la signature de l’accord de paix de « moment décisif » avant de déclarer: « C’est le triomphe d’une Afrique qui remplit son devoir, avec le soutien de la Communauté internationale ».
Mais, a-t-il ajouté, « sans une certaine ouverture d’esprit, une attitude positive et une bonne volonté, cet accord de paix ne vaudra pas plus que le document sur lequel il a été rédigé ».
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