L’ONU avait imposé un embargo sur les exportations de diamant en 2001 et sur les exportations de bois, deux ans plus tard, au motif que ces ressources servaient à financer des insurrections armées dans la sous-région. Mais aujourd’hui, près de trois ans après la fin des 14 années de guerre civile qui ont secoué le pays, la présidente Ellen Johnson-Sirleaf souhaite obtenir la levée de ces sanctions.
« Le gouvernement libérien met tout en œuvre pour atteindre les objectifs définis pour la levée des sanctions [et] en juin, le Conseil se réunira pour revoir le principe de ces sanctions », a déclaré samedi à la presse Ellen Loj, la présidente du comité des sanctions, après avoir effectué une visite d’évaluation au Liberia.
Mais, a-t-elle ajouté, « le gouvernement libérien doit redoubler d’effort pour obtenir une levée des sanctions ».
Les autorités libériennes doivent notamment prouver qu’elles contrôlent entièrement les secteurs du bois et du diamant et être en mesure de justifier les revenus de ces ressurces pour que les sanctions soient levées, a indiqué l’ONU.
En 2001, le Conseil de sécurité de l’ONU a imposé les sanctions sur la vente des diamants libériens, appelés les « diamants de la guerre », après qu’une enquête du gouvernement britannique ait révélé que l’ancien Président libérien Charles Taylor fournissait des armes aux rebelles sierra-léonais en échange de ces pierres précieuses.
Eugène Shannon, le ministre libérien des Mines et de l’énergie a déclaré la semaine dernière à la presse que le Liberia mettaient tout en œuvre pour se conformer au Programme de certification du processus de Kimberly, un système international de contrôle des exportations de diamants. L’adhésion à ce programme est l’une des conditions définies pour la levée des sanctions.
En juillet 2003, le Conseil de sécurité de l’ONU avait imposé des sanctions sur les exportations de bois en provenance du Liberia, expliquant que cette industrie constituait une menace pour la paix et la sécurité de la sous-région, car Charles Taylor utilisait les revenus de ce commerce pour financer les conflits libériens et sierra-léonais.
Selon Global Witness, un groupe international de défense des droits de l’homme, les compagnies d’exploitation forestière utilisaient leurs navires pour introduire des armes et d’autres matériels militaires au Liberia et dans d’autres pays de la région.
Et pour mieux contrôler le secteur de l’exploitation forestière, la Présidente du Liberia avait publié en février dernier un décret annulant tous les accords d’exploitation forestière conclus entre des entreprises privées et le précédent gouvernement.
A en croire John Wood, le nouveau directeur de la Société de développement forestier, une entreprise publique, le secteur forestier pourrait générer entre 15 et 20 millions de dollars par an et permettre la création de quelque 7 000 emplois, dans ce pays où le taux de chômage est estimé à plus de 80 pour cent.
Avant l’imposition des sanctions, le secteur du bois employait entre 5 000 et 6 000 personnes, selon les statistiques de l'entreprise publique.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions