La disparition de M. Taylor survient quelques jours après que le Président Olusegun ait déclaré que le Liberia était « libre de récupérer et d’incarcérer » M. Taylor, poursuivi pour 17 chefs d’accusation de crime de guerre par le Tribunal Spécial pour la Sierra Leone (TSSL) des Nations unies.
Selon la Présidence nigériane, une enquête est ouverte sur les circonstances de la « disparition lundi soir... de M. Charles Taylor, l’ancien président libérien, de sa résidence à Calabar ».
Le gouvernement nigérian a mis sur pied une commission d’enquête de cinq membres qui a commencé ses travaux dès mardi et rendra son rapport dans deux semaines, a indiqué Ufoti Ekaette, la secrétaire du gouvernement.
Charles Taylor a dû démissionner de la présidence du Liberia en août 2003 pour permettre la signature de l’accord de paix qui a mis fin à 14 années de guerre civile. Depuis, il vivait en exil dans une somptueuse villa du bord de mer dans la ville de Calabra, au sud du Nigeria.
De sources gouvernementales, M. Taylor était présent à son domicile lorsque des agents du recensement sont passés à son domicile vendredi dernier. Mais tout laisse à penser que cet ancien chef de guerre, qui a lancé un mouvement insurrectionnel au Liberia en 1989 en recrutant des enfants soldats et a amassé une fortune colossale pendant les années qu’il a passé au pouvoir, se serait enfui par la mer.
Au cours de la visite quelle vient d’effectuer aux Etats-Unis – le pays ayant exercé le plus de pression pour exiger la démission de M. Taylor de la présidence du Liberia en 2003 – la nouvelle présidente libérienne Ellen Johnson-Sirleaf a formellement demandé au Nigeria que M. Taylor soit livré au TSSL.
Des groupes de défense des droits de l’homme et les autorités du TSSL avaient également demandé au Nigeria de renforcer de la sécurité autour de la résidence de Calabar, craignant que M. Taylor ne s’enfuie du pays.
Lundi, les Etats-Unis avaient même indiqué qu’il incombait au Nigeria de prendre les mesures idoines pour que M. Taylor soit livré au TSSL. Mais quelques heures plus tard, les autorités nigérianes constataient la disparition de l’ancien président libérien.
Selon Corrine Dufka, représentante pour l’Afrique de l’ouest de Human Rights Watch, le Nigeria devrait être sévèrement condamné pour avoir laissé M. Taylor s’échapper.
« Cela remet en question l’engagement du Nigeria à défendre non seulement la stabilité au Liberia, mais plus important encore, l’établissement de l’état de droit et de la justice en Afrique », a-t-elle fait remarquer.
« L’histoire jugera le Nigeria très sévèrement ».
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