Lors de son discours d’investiture de la mi-janvier, la Présidente Ellen Johnson-Sirleaf a indiqué qu’elle a hérité d’un effectif pléthorique avec les 69 000 agents de la fonction publique. Et si les syndicats de travailleurs pensent qu’il va s’agir de ramener le nombre de fonctionnaires à 30 000, le gouvernement indique seulement qu’il est déterminé à réduire ces effectifs.
Le gouvernement est le plus grand employeur du Liberia, un pays où le secteur privé a été quasi inexistant depuis le début de la guerre civile en 1989 et où, selon les estimations de l’ONU, le taux de chômage est d’environ 85 pour cent.
Ainsi, en deux mois, le service de l’immigration a déjà licencié 857 personnes pour incompétence ou pour absentéisme.
« Nous avons licencié 461 employés pour incompétence et parce qu’ils n’avaient pas la qualification professionnelle requise, 396 autres pour absentéisme, alors qu’ils figuraient sur la liste des salariés », a indiqué Chris Massaquoi, responsable du bureau de l’immigration et de la naturalisation.
Morris Dukuly, le nouveau Secrétaire général de la Présidence, a confié à IRIN que la plupart des 1 500 employés du palais sont inefficaces et qu’il effectuera un audit pour identifier ceux d’entre eux qu’il gardera.
Monrovia était autrefois une très belle ville balnéaire. Après de longues années de guerre et une absence totale d’investissement, la ville a été détruite et tombe en ruines. Bien que possédant d’importantes ressources naturelles – mines de diamants, gisements de minerai de fer, plantations d’hévéa et exploitations de bois -, la plupart des opérateurs privés ont fui le Liberia dès la première attaque des rebelles en 1989.
La Président Sirleaf achève actuellement une visite officielle aux Etats-Unis qui prévoient de débloquer les millions de dollars nécessaires à la reconstruction du Liberia.
Mais la décision de son gouvernement de réduire les effectifs de la fonction publique se heurte à la résistance de l’Amicale des fonctionnaires, la Civil Service Association (CSA).
Pour le président de la CSA, Jefferson Elliot, les membres de l’Amicale n’entendent pas se laisser faire.
« Selon la législation du Liberia, avant le limogeage ou le licenciement d’un employé, il doit en être informé auparavant et percevoir des indemnités », a expliqué M. Elliot, qui considère que la procédure actuelle du gouvernement constitue une « violation des droits des fonctionnaires ».
Et puisque la grande majorité des Libériens est sans emploi, la concurrence pour obtenir un nouvel emploi sera rude, beaucoup se demandant comment ils pourront s’en sortir.
« Le gouvernement doit savoir que le taux de chômage dans ce pays est très élevé et que le pays sort d’une guerre », a expliqué Angie Nimely. « Si on nous licencie aujourd’hui, comment allons-nous faire pour nous en sortir ? »
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