Jusqu'à présent, le taux de prévalence était officiellement estimé à 0,9 pour cent, selon une étude partielle menée en 2002. Ce chiffre a toujours été contesté par les acteurs de la lutte contre la pandémie, qui estimaient qu'environ cinq pour cent de la population de Freetown pouvait être infectée.
La récente étude a été réalisée par Nimba Research Consultancy, un laboratoire ghanéen, et financée par la Banque mondiale. Elle concernait un échantillon 3,5 fois plus important que celui qui avait été retenu lors de l’étude de 2002 et 8 346 personnes se sont portées volontaires pour subir les tests de dépistage, 58 pour cent d’entre elles étant des femmes.
Selon les autorités, le taux d’infection au VIH/SIDA s’est révélé deux fois plus important en zone urbaine qu’en zone rurale : 2,1 pour cent des personnes résidant en ville ont été testées positives, contre 1,3 pour cent dans les campagnes. Contrairement aux autres pays d’Afrique de l’ouest, où les femmes sont deux fois plus vulnérables que les hommes, aucune différence significative n’est apparue entre les hommes et les femmes, avec des taux d’infection de 1,5 et 1,6 pour cent, respectivement.
Mais dans ce pays pauvre encore meurtri par onze années d’une guerre – 1991 à 2002 – qui a fait près de 20 000 morts et déplacé la moitié de la population, les autorités craignent une explosion de la pandémie si aucune campagne de prévention efficace n’est menée sur le terrain.
«Au vu du grand nombre d’infections récentes, du faible niveau de connaissance, et du faible usage du préservatif, les efforts de prévention devront être intensifiés », a confié à IRIN le docteur Kargo.
L’étude a également révélé que un Sierra léonais sur dix utilisaient des préservatifs.
Le PNLS souhaite augmenter le nombre de centres de conseil et de dépistage anonyme à travers le pays, qui n’en compte jusqu’à présent que 17 -- cinq dans la capitale et un dans chacun des 12 districts.
Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a accordé en mai un financement de 8,5 millions de dollars sur deux ans à la Sierra Leone, pour lui permettre d’accélérer son programme de prise en charge et de prévention. De son côté, la Banque mondiale finance depuis 2002 un projet de lutte contre le sida à hauteur de 15 millions de dollars.
Moins de 300 personnes reçoivent des ARV dans quatre cliniques de Freetown et dans quelques villes de l’intérieur du pays ; près de 7 000 patients auraient besoin de traitement actuellement.
Mais selon le professeur Kargbo, 4 000 personnes pourront être prises en charge l’année prochaine grâce à l’aide de l’Etat et de ses partenaires internationaux.
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