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Ellen Johnson-Sirleaf déclarée officiellement chef d'Etat du Liberia

Ellen Johnson-Sirleaf, diplômée de Harvard, est entrée mercredi dans l’histoire en devenant la première femme chef d’Etat du Liberia et de l’Afrique, après la confirmation officielle de sa victoire aux élections présidentielles.

C’est au milieu d’un cordon de sécurité composé de casques bleus de l’ONU et d’agents de la nouvelle police libérienne que présidente de la Commission électorale nationale a officiellement proclamé Mme Sirleaf vainqueur au deuxième second tour des élections présidentielles du 8 novembre, avec 59,4 pour cent des suffrages contre 40,6 pour cent pour son adversaire, George Weah.

« Je proclame Mme Ellen Johnson-Sirleaf vainqueur des élections présidentielles», a déclaré Frances Johnson-Morris, la présidente de la Commission, lors d’une cérémonie officielle qui s’est déroulée à l’endroit même où la nouvelle présidente prêtera serment le 16 janvier.

M. Weah, dont le parti avait contesté les résultats de l’élection, malgré l’avis des observateurs internationaux qui considéraient que le scrutin s’était déroulé normalement, n’a pas participé à la cérémonie.

« Je suis très heureuse et émue, mais humble face à l’énorme défi auquel nous devons faire face pour reconstruire notre pays. C’est une victoire du peuple libérien », a déclaré Mme Sirleaf après la cérémonie.

Le Congrès pour le changement démocratique (CDC), le parti de Weah, avait dénoncé des fraudes pendant le déroulement de ce scrutin historique, censé mettre un terme à une longue période d’instabilité au Liberia. Une enquête a été ouverte par la Commission électorale nationale.

Economiste de formation, Mme Sirleaf a travaillé aux Nations unies, à la Banque mondiale et a été ministre des Finances du Liberia dans les années 1970, une fonction qui a failli lui coûter la vie lors du coup d’Etat de Samuel Doe en 1980 car la plupart des membres du gouvernement de l’époque avaient été arrêtés et passés par les armes.

Accusée de trahison, elle a également séjourné à deux reprises dans les prisons libériennes, dans les années 1980, ce qui lui a valu son surnom de « dame de fer ».

Aux élections de 1997, organisées pendant une brève accalmie de la guerre civile qui a secoué le pays pendant 14 ans, elle était opposée à l’ancien seigneur de guerre, Charles Taylor.

Mais la victoire de M. Taylor fut écrasante, tant les populations craignaient que sa défaite ne replonge le pays dans la guerre civile.

Les détracteurs de Sirleaf l’accusent d’appartenir à l’élite qui a ruiné l’économique de ce pays riche en ressources naturelles, ce qui avait alors provoqué le coup d’état de Samuel Doe. Elle est également critiquée pour avoir soutenu la marche de M. Taylor sur Monrovia, bien qu’elle continue d’affirmer que son soutien pour sa rébellion fut de courte durée.

Désormais, Mme Sirleaf devra se montrer ferme pour reconstruire un pays détruit par une guerre civile qui ne s’est achevée qu’en 2003, avec l’exil de M. Taylor au Nigeria.

L’une des premières actions de la nouvelle présidente sera la restauration de l’électricité dans la capitale. Mme Sirleaf avait promis le faire dans un délai de six mois et a affirmé que des investisseurs privés étaient prêts à s’attaquer à cette tâche.

La scolarisation des enfants est la deuxième priorité de ce pays où des jeunes, contraints à quitter l’école par des seigneurs de guerre, ont été armés, drogués et envoyés sur la ligne de front.

Quelque 45 pour cent de la population est analphabète, selon l’ONU, et la nouvelle présidente veut fournir une éducation primaire gratuite pour tous.

Mme Sirleaf a commencé à recevoir des messages de félicitations avant même la proclamation officielle des résultats et de plus en plus de voix s’élèvent pour demander à Weah de retirer sa plainte.

Mère de 4 enfants et grand-mère de 6 petits enfants, Mme Sirleaf prêtera serment en tant que 23ème président du Liberia, mais elle doit à présent s’atteler à former son gouvernement. N’avait-elle avait déclaré à la presse qu’elle envisageait d’offrir un poste ministériel à M. Weah ?


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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