« La juge est arrivée ici [à Kigali, la capitale rwandaise] lundi soir pour entendre les six Rwandais qui accusent la France d’avoir participé au génocide », a annoncé l’ambassadeur Dominique Decherf.
En avril 2004, le président rwandais Paul Kagamé avait accusé la France d’avoir formé et fourni des armes à des milices hutues, présumées responsables des massacres de 1994 qui avaient coûté la vie à quelque 937 000 Rwandais, essentiellement des Tutsis et des Hutus politiquement modérés.
Dominique Decherf a indiqué que la juge rentrerait en France vendredi prochain. Cette dernière soumettra un rapport aux autorités qui décideront si les preuves sont suffisantes pour approfondir l’affaire et organiser de nouvelles auditions.
Les relations diplomatiques entre la France et le Rwanda étaient tendues depuis bien longtemps, et elles se sont encore plus détériorées en 2004 après les accusations portées par le Président Kagamé à l’encontre la France, lors de la cérémonie commémorative du 10ème anniversaire du génocide.
Les critiques exprimées par le président rwandais font suite à un article du quotidien parisien, le Monde, dans lequel M. Kagamé est accusé d’avoir personnellement donné des instructions pour abattre l’avion du président de l’époque, Juvenal Habyarimana.
La France s’était rapprochée du gouvernement de Juvenal Habyarimana peu après l’indépendance du Rwanda et était devenue son principal allié occidental à la place de la Belgique, l’ancienne puissance coloniale.
Et après la première offensive du Front patriotique rwandais (FPR), une armée de rebelles majoritairement tutsis, contre les autorités hutues, dans les années 1990, la France avait dépêché des soldats à Kigali. Les troupes françaises avaient contribué à arrêté la progression du FPR et officiellement, elles étaient restées dans le pays en tant que conseillers militaires, jusqu’au début du génocide.
La France a nié toute participation aux massacres de 1994.
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